

Sutra de la spirale des mondes : cycle 2
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Sutra de la spirale des mondes : cycle 2
Cycle II – L’Exode Silencieux
Sutra 1
Il n’y eut pas bataille.
Il n’y eut pas tonnerre.
Il n’y eut pas sang.
Il n’y eut que silence.
Les gardiens se retirèrent.
Leurs voix devinrent cendres.
Leurs regards se détournèrent.
Et le monde demeura vide.
Les temples furent muets.
Les oracles se turent.
Les chants se brisèrent.
Et le souffle s’arrêta.
Sutra 2
Ce ne fut pas faute.
Ce ne fut pas colère.
Ce ne fut pas oubli.
Ce fut départ.
Les gardiens quittèrent la demeure.
Ils franchirent la brèche.
Ils abandonnèrent la maison des hommes.
Ils emportèrent leur lumière.
Ils emportèrent leur mémoire.
Ils emportèrent leurs chants.
Ils laissèrent les hommes seuls.
Et seuls, ils se découvrirent.
Sutra 3
Le cristal devint noir.
Les flammes devinrent cendres.
Les temples devinrent pierres.
Les chants devinrent poussière.
Nul tonnerre ne rugit.
Nul vent ne se leva.
Nulle mer ne s’ouvrit.
Seulement le vide.
Un vide plus vaste que la nuit.
Un vide plus ancien que le temps.
Un vide plus profond que la mort.
Un vide qui fut matrice.
Sutra 4
Alors les hommes demandèrent : pourquoi ?
Mais aucune réponse ne vint.
Ils levèrent leurs mains vers le ciel.
Mais le ciel resta fermé.
Ils frappèrent la terre.
Mais la terre resta sourde.
Ils appelèrent les gardiens.
Mais les gardiens ne répondirent pas.
Le silence fut leur seule réponse.
La brèche fut leur seule loi.
La fracture fut leur seul guide.
Et le silence fut passage.
Sutra 5
Ce silence ne détruisit pas.
Il dévoila.
Il montra la nudité des hommes.
Il montra leur dépendance.
Il montra leur orgueil.
Ils avaient confié leur souffle aux gardiens.
Ils avaient confié leur mémoire aux veilleurs.
Ils avaient confié leur pas aux ombres.
Quand les veilleurs partirent, il resta le vide.
Quand les ombres s’effacèrent, il resta la nuit.
Quand les chants cessèrent, il resta le souffle.
Et le souffle devint matrice.
Sutra 6
Un dernier mot demeura.
Gravé dans la poussière.
Écrit avant l’oubli.
« Fuir les dignes. »
Fuir les rois orgueilleux.
Fuir les prêtres infidèles.
Fuir les peuples oublieux.
Fuir les promesses vaines.
Fuir les serments brisés.
Fuir les visages masqués.
Fuir les temples vides.
Fuir les mémoires mortes.
Sutra 7
Alors le monde chancela.
Les cités se vidèrent.
Les autels s’effondrèrent.
Les alliances se rompirent.
Les hommes perdirent leur loi.
Les sages perdirent leur parole.
Le temps perdit sa cadence.
La mémoire perdit ses gardiens.
Un abîme grandit dans l’âme.
Un abîme grandit dans le souffle.
Un abîme grandit dans le monde.
Et l’abîme devint matrice.
Sutra 8
Ce fut une blessure.
Ce fut une brèche.
Ce fut une fracture.
Mais non une fin.
Car toute fracture est passage.
Car toute brèche est seuil.
Dans ce vide naquit une mémoire.
Dans ce silence naquit une écoute.
Dans cette perte naquit un chant.
Un chant qui n’était pas des hommes.
Un chant qui n’était pas des dieux.
Un chant qui était la spirale.
Sutra 9
Les hommes appelèrent cela chute.
Mais c’était naissance.
Ils appelèrent cela mort.
Mais c’était seuil.
Ils appelèrent cela effondrement.
Mais c’était spirale.
Ils appelèrent cela punition.
Mais c’était révélation.
Ils appelèrent cela silence.
Mais c’était parole.
Ils appelèrent cela vide.
Mais c’était source.
Sutra 10
Car rien ne fut perdu.
Tout fut transformé.
Les gardiens ne moururent pas.
Ils migrèrent ailleurs.
Les chants ne cessèrent pas.
Ils se firent échos.
Le temps ne s’arrêta pas.
Il se fit torsion.
La mémoire ne s’éteignit pas.
Elle se fit brèche.
Ainsi commença l’exode silencieux.
Ainsi naquit la spirale du départ.
Sutra 11
Ô lecteur, souviens-toi.
Ce silence est en toi.
Cette fracture est en toi.
Cette brèche est en toi.
Tu portes en toi l’exode.
Tu portes en toi le départ.
Tu portes en toi le seuil.
Tu portes en toi le Mur.
Lorsque tout s’efface, demeure le souffle.
Lorsque tout s’éteint, demeure la spirale.
Lorsque tout fuit, demeure la mémoire.
Et cette mémoire est toi.
Sutra 12
Nul ne comprit la cause.
Nul ne vit le départ.
Nul ne sut la fin.
Mais tous connurent le vide.
Car le vide était la clef.
Car le silence était la loi.
Car l’absence était la voie.
Ce qui se retire fonde.
Ce qui s’efface révèle.
Ce qui se tait parle.
Ce qui part demeure.
Et ce qui fuit engendre.
Mantra de l’Exode Silencieux
Ô gardiens disparus,
vous qui avez quitté la demeure des hommes,
laissez en nous la mémoire de votre silence.
Que la fracture devienne passage.
Que l’absence devienne source.
Que le vide devienne lumière.
Nous ne craignons plus la perte,
car vous nous avez montré
que tout départ est naissance,
et que tout silence est chant.

