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LE CONTRAT DEMOCRATIQUE
Non-fiction
Society
calendar Pubblicato 14 ago 2026
calendar Aggiornato 14 ago 2026
time 5 min
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LE CONTRAT DEMOCRATIQUE

ÉPISODE 1 - Le citoyen

« On nous informe mal. Et pourtant on vote. »

Ce texte est le premier d’une série de trois.


Épisode 1 — Le citoyen


Épisode 2 — L’élu


Épisode 3 — Le contrat démocratique


Ce texte a pour vocation d’éclairer, de faire prendre conscience, de nommer ce que beaucoup ressentent sans toujours savoir le formuler. Et peut-être à voir les choses sous un angle différent.


On en parle souvent entre collègues : on vote, sérieusement, régulièrement, parce qu’on pense que c’est important. Mais quelques mois plus tard, on a l’impression que tout fonctionne comme avant. Comme si on n’avait pas voté.


Nos vies changent — nos métiers, nos outils, nos façons de communiquer. Mais eux, les gens du gouvernement, leur manière de décider, de nous informer, de rendre des comptes… elle ne progresse pas. On vit dans un monde où tout a évolué, où tout va vite, mais là aussi la décision publique reste coincée dans une autre époque. L’époque de nos grands-parents.


Et soyons honnêtes : qui, aujourd’hui, se souvient vraiment du programme du président lorsqu’il n’était que candidat ? L’information existe peut-être, mais elle est noyée, éclatée, dispersée. Alors que l’on pourrait informer tout le monde, partout, en continu — et on a les outils pour ça — mais ce n’est pourtant pas ce qui est fait.


Quand les engagements ne sont pas clairement écrits, ils ne peuvent pas être vérifiés. Et quand on ne peut pas vérifier, tout devient flou donc discutable. On ne dit pas que cela a été voulu. On dit simplement que ce flou, avec le temps, est devenu confortable. Un peu trop confortable.


On nous informe très mal. Et pourtant, on vote… puis on recommence.


Les gens ne s’abstiennent pas parce qu’ils s’en moquent. Ils s’abstiennent parce qu’ils sont découragés. Leur vie se complique, celle du pays aussi, et les alternances n’y changent rien, ou pas grand-chose. Alors ils s’éloignent. Et franchement, on peut les comprendre. Quelqu’un qui ne vote plus, ou qui vote blanc, a pourtant des choses à dire, surtout quand ce quelqu’un “pèse” près de 30 % des suffrages. Comment voulez-vous que cela fonctionne ? À un moment, ça interroge forcément la légitimité de ceux qui sont en place !


Peut-être qu’il faut admettre une chose simple : ce système n’a pas été conçu pour nous. Il a été pensé pour une autre époque, pour d’autres réalités, pour des gens qui ne vivaient pas ce que nous vivons aujourd’hui.


Et après tout, le peuple, c’est nous. C’est nous qui sommes souverains. Et ce que l’on demande, nous les gens normaux, n’a rien d’extraordinaire : que les élus fassent ce qu’ils ont dit qu’ils feraient, et surtout que nous puissions savoir et comprendre ce qui est fait en notre nom.


Formation des citoyens à l’action publique : comprendre pour participer;

On ne peut pas s’intéresser à ce qu’on ne comprend pas.

Aujourd’hui, la plupart des citoyens n’ont jamais reçu de formation claire sur le fonctionnement réel de l’action publique — comment se construit un budget, comment se vote une loi, qui fait quoi entre l’État, les régions, les communes, les départements. Ce n’est pas une question d’intelligence : c’est une question d’accès aux repères.

Comprendre les institutions, ce n’est pas faire de la politique. C’est comprendre ce qui organise notre vie quotidienne.

Un programme national de formation civique, gratuit et accessible à tous, couvrirait les bases essentielles — les institutions, le budget public, le processus législatif, les mécanismes de décision, les droits et devoirs démocratiques. Disponible en ligne, dans les écoles, les bibliothèques, les maisons de service public. Sous différents formats — vidéos courtes, schémas simples, ateliers pratiques.

Pour éclairer, pas pour convaincre.

Une personne formée comprend mieux les décisions, les contraintes, les arbitrages, les responsabilités. Elle peut participer aux débats, exercer un contrôle plus éclairé, voter avec des repères.

Elle n’est plus seulement spectatrice : elle devient actrice.

Comprendre l’action publique ne transforme pas un citoyen en expert. Cela lui permet simplement de participer avec des repères clairs.

Nommer les choses ne suffit pas. Il faut aussi comprendre pourquoi ceux qui décident finissent parfois par s’éloigner de ceux qu’ils représentent.

C’est le sujet de l’épisode 2 — un élu n’entre jamais seul dans l’hémicycle.


Alex Geriné

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