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Destinations
Fiction
Romance
calendar Pubblicato 30 lug 2026
calendar Aggiornato 30 lug 2026
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Destinations

Mon entrée dans la vie active est un pas de géant pour mon autonomie financière.

De plus, j’ai l'avantage d'un rythme de travail décalé. Cela me permet de cumuler des jours de repos pour partir en voyage et bénéficier de tarifs avantageux.

Mes premiers voyages commencent grâce au comité d'entreprise de Sidonie. Comme elle n'est pas en couple, les gestionnaires du comité d'entreprise ont l'ouverture d'esprit de lui permettre de partir avec moi.

Une vraie chance !


Notre premier voyage organisé nous permet de traverser l'océan Atlantique pour atterrir au Canada. Un circuit touristique classique : Toronto, Ottawa, les chutes du Niagara, les cabanes à sucre, les mille îles, le logement chez l'habitant. Nous voyageons avec les collègues de travail de Sidonie.

Les Québécois nous accueillent comme de vrais cousins, la conversation se fait en langue française, ce dont ils sont très fiers. Pourtant, nous ne comprenons pas toujours leur "français" imprégné de mots anglais, mélangé avec des mots de vieux français que nous n'utilisons plus depuis longtemps.

L’ambiance est chaleureuse, ils nous servent de nombreux plats consistants pour résister au froid, sauf que notre activité ne correspond pas du tout à celle du bûcheronnage pour lequel les plats sont adaptés. Je prends deux kilos en dix jours en savourant de délicieux pancakes au petit déjeuner. Nous sommes comme en famille tellement leur convivialité est grande.

Les feuilles ont commencé à tomber, nous arrivons trop tard pour admirer les couleurs de l'été indien, le froid nous a devancé.

Ce premier voyage, réussi et fort agréable, nous encourage à renouveler l'expérience de manière semi-autonome. Nous repartons donc très vite.


Cette fois, nous logeons chez le frère d'une tante sur l'île de Saint-Martin, dans les Caraïbes, une véritable carte postale, un paysage de rêve.

L’île est coupée en deux, un côté français et un côté néerlandais.

Notre atterrissage est spectaculaire, sur une piste en bordure de mer. L’atterrissage au-dessus de l'eau rend l’instant précieux, va-t-on vraiment pouvoir atterrir ? Heureusement au dernier moment, les roues trouvent le tarmac.

Dès notre arrivée, les enfants du couple nous conduisent sur une plage de nudistes. Ils s'amusent beaucoup de l'effet que cela peut produire sur nous. Ne sentant pas les enfants mal à l'aise, cela ne nous dérange pas, mais nous conservons nos maillots de bain.

Nous arrivons juste pour le carnaval, les défilés avec les costumes colorés sont dignes des carnavals brésiliens. Vertes, oranges, jaunes, les plumes virevoltent en rythme, un rythme que je ne possède pas. Je me contente d’être une spectatrice ravie en tapant dans mes mains.

Chaque soir, avec Sidonie, nous allons admirer le coucher du soleil, dès dix-huit heures la nuit tombe. Le cycle est immuable tout au long de l'année. Cela crée une certaine monotonie, nous ne sommes pas habituées à la nuit si tôt avec la mer et la chaleur.


La découverte de l'île au contact d'habitants locaux, nous permet d’observer ses deux visages.

Le soleil rend les esprits lents la journée, la sieste est nécessaire, l'alcool et la musique donnent le rythme à la nuit tombée.

Des boîtes de nuit sont aménagées en casino privé, réservées aux Blancs de l'île, nous passons pour la riche population.

Les dés roulent sur les tapis, les cartes se retournent en créant de l’espoir, la roulette tourne et nous suivons la bille des yeux dans l’attente d’une belle surprise ; l’argent se perd bien plus vite qu’il n’a été gagné.

Je joue et je perds, Sidonie décide que nous allons nous refaire et elle réussit à regagner la somme que je viens de perdre.


D'autres soirées chez les amis des amis nous permettent de découvrir le charme des luxueuses villas.

Une propriétaire nous accueille dans sa charmante demeure, bâtie autour d'une piscine intérieure aux lumières douces. La soirée arrosée de barcelo-coca, ti-punch, champagne se déroule dans un cadre de rêve. Le repas se termine. La musique de la chanson du Che Guevara résonne tandis que les fêtards chantent à tue-tête et reprenent la tournée infernale barcelo-coca, ti-punch, champagne.

La fin de soirée est plus mélancolique, avec des personnes ivres qui répètent inlassablement les mêmes histoires. Cela nous fait rire, la énième version est identique mais avec des mots un peu plus hachés à chaque répétition. Il faut surtout oublier que ce sont eux qui ont la clé de la voiture pour rentrer.

La propriétaire semble bien seule, pieds nus à chanter et danser au milieu de sa grande maison au milieu de la nuit.


Les soirées plus locales mélangent les populations, l’ambiance est plus "chaude" à tout point de vue.

Adossées au mur nous ne bougeons plus, le risque d'être entrainées dans un zouk non maîtrisé est très probable. De grands Noirs dansent, prêts à nous guider sur la piste.

La fille de nos hôtes danse au rythme de la musique en se rapprochant des danseurs entreprenants, ce qui ne manque pas de provoquer la jalousie de son fiancé.

Brusquement, l’atmosphère est tendue, la foule se resserre autour de nous, la bagarre générale n’est pas loin. Pour apaiser les esprits échauffés, il vaut mieux rentrer.

Pourtant sur le chemin du retour, il semble que provoquer la jalousie est une manière de vérifier que l’autre tient à vous. Mécanisme curieux à mes yeux.

Notre séjour s’achève par l’achat de souvenirs, du rhum et des bracelets locaux. Nous quittons Saint-Martin avec de magnifiques paréos colorés qui nous suivront longtemps, des geckos pour Sidonie et des dauphins pour moi.


Ces premiers voyages nous encouragent à en faire d’autres, nous sommes prêtes à découvrir le monde.

Le comité d’entreprise propose des destinations plus lointaines, mais cette fois nous partons sans les collègues de travail de Sidonie, les dates ne conviennent pas au groupe.


C’est ainsi que nous partons à la découverte du continent asiatique, avec un circuit touristique en Thaïlande.

Dès notre arrivée, des colliers de fleurs sont mis à nos cous, des fleurs blanches et fraîches de jasmin au parfum délicat.

Le circuit est organisé de façon millimétrée, les visites de monuments, les transferts, tout cela agrémenté de vendeurs de souvenirs.

Nous sommes prises en photo dès notre arrivée et à notre retour au bus, nos visages se retrouvent sur un objet local : une assiette de porcelaine, une photo encadrée, un objet en bambou.

La visite de Bangkok est vraiment stupéfiante.

En bateau, nous parcourons les klongs où les gens accroupis discutent et pêchent des poissons dans une eau sombre. Au loin, les toits colorés de l’ancien palais royal accentuent le contraste.


Le jour suivant, la visite du grand palais occupe toute notre journée. Bien entretenu, coloré de blanc, de vert avec ses nombreuses parties recouvertes d'or, il est fastueux.

Une épingle avec un nœud de couleur accrochée à nos tee-shirts permet de nous identifier. Le guide se promène avec son ombrelle jaune facilement repérable à distance pour ne pas se perdre au cours des visites des temples et du palais. Des multitudes de groupe évoluent au milieu de la foule.

Les bouddhas immenses occupent pour certains tout l'intérieur des temples. Bouddha debout, Bouddha assis, Bouddha couché avec ses pieds ornés de marqueterie finement travaillée. Il est représenté dans toutes les positions, Bouddha prend vie.


Notre circuit nous conduit ensuite vers le nord et les vestiges historiques.

Chaque halte est l'occasion d'être "bon client".

Les mets que l'on nous sert sont tous plus délicieux les uns que les autres. J'adore ces plats salés-sucrés aux fruits exotiques.

Lors de la visite d’une plantation d'ananas, le coupeur nous fait une démonstration de ses talents. Avec précision sa machette s’agite de haut en bas en tournant autour d’un ananas qu'il découpe en morceaux prêts à être dégustés. Il nous tend des extraits de fruit suaves et sucrés, fondants dans la bouche.

Le paradis des saveurs est ainsi dans un fruit cueilli sur place, à maturité.

Le sourire des Thaïs ne se dément pas : "Amazing Thaïland", comme l'indiquent tous les panneaux publicitaires.

Pour finir notre journée, nous avons droit à un fameux massage thaïlandais.

Nous pénétrons par une porte dérobée et montons un escalier étroit. Nous arrivons dans une grande salle où des tapis s'alignent les uns à côté des autres. Il faut revêtir une tenue typique et confortable. La lumière tamisée crée une ambiance particulière. Le silence est interrompu par des rires discrets qui s'échappent, la tension de cette nouvelle expérience s’exprime.

Chaque client a sa masseuse attitrée.

Elle s'approche de nous et comme dans un ballet, chacune d'elle nous masse au même rythme, les bras, les jambes, le dos, elles se servent de leurs pieds pour nous maintenir dans une position et pratiquer un étirement.

Le massage se termine par le visage, cela procure une grande détente, c'est doux et après une heure, les yeux ensommeillés se réveillent avec la lumière qui se rallume, il est l'heure de rejoindre l'hôtel pour le repas du soir.


Le lendemain, nous faisons une balade à dos d’éléphant. Nous pouvons acheter des régimes de bananes et des paquets préparés de pousses de bambou pour nourrir les animaux.

La forêt thaïlandaise est dense, les éléphants se suivent à la queue leu leu sur le sentier, le nôtre s'appelle Pounoï. La balade est tranquille. Il avance de son pas lourd mais assuré. Nous avons le temps de faire des photos.

À notre descente, d'autres touristes font la queue et attendent leur tour. La journée des éléphants ne fait que commencer.

Puis, nous assistons au bain des mères et des éléphanteaux. Dans le cours de la rivière, accompagnés de leur cornac, ils s’arrosent mutuellement. Sur le pont, tout le monde peut admirer le spectacle plaisant.

Nous visitons encore des magasins, toutes sortes d’objets en laque sont présentés, des éventails aux multiples couleurs représentent les paysages rencontrés.

Dans une bijouterie, je m’offre une jolie bague, sur un anneau d’or deux délicats diamants et un rubis, tout cela avec un certificat d’authenticité. La bague qu’aucun homme ne m’offrira jamais.

Nous nous arrêtons visiter une grande serre d'orchidées, elles sont cultivées dans des pots fixés en hauteur sous des verrières, une sorte de jardin suspendu féérique, jaunes, blanches, mauves, tachetées, elles sont toutes plus belles les unes que les autres.


Notre retour vers le sud se fait par le train de nuit, typique et local, l’ambiance est joyeuse pour cette nuit inédite. De nombreuses questions ont précédé le voyage en train, son déroulement, l’organisation avec les bagages, de nombreuses personnes étaient inquiètes. Un repas dans une boîte en polystyrène nous est servi, puis les serveurs repassent installer les couchettes. Elles sont superposées et étroites, la lumière générale baisse, les bruits s’estompent et nous nous endormons pour une nuit sereine, bercées par le roulis régulier du train.

Au réveil, tout le monde a bien dormi.


Notre séjour se termine à Pattaya, station balnéaire où l'on peut pratiquer différents sports nautiques : parachute ascensionnel, jet ski ou profiter de la plage.

Pattaya est la capitale de la prostitution, les bars à gogo s'alignent les uns après les autres, garçons et filles se prostituent, difficile de leur donner un âge, ils sont plutôt jeunes. Malgré la description exacte qu’en faisait le guide du routard, je reste choquée.

Impossible de trouver un endroit sans prostitution, nous finissons au bout de la rue dans un centre commercial à manger dans un fast-food.

Les Européens, en majorité, Allemand, Anglais, Français, louent les services d'un homme ou d'une femme à la journée ou à la semaine, ils se baladent comme des couples improbables au milieu de la foule.

J'ai honte de l'image que renvoie la population occidentale dans ce pays si accueillant, et nous n'assistons probablement pas au pire avec la prostitution des enfants. Ceux que l'on aperçoit dans les rues doivent subir le même sort, mais ils se font discrets.

Je n’ose pas imaginer ces enfants morcelés et la distorsion de leur corps et de leur tête après ces violences.

Nous n’avons pas visité le sanctuaire de la vérité de Pattaya, ce n’est pas utile. La vérité est sous nos yeux.

Je me demande ce que pensent les Thaïs de toutes ces demandes de sexe, de cette société occidentale si ouverte qui semble ici si frustrée.


Certains jeunes du groupe sont venus ici en séjour initiatique, des jours et des nuits à baiser, certains n’ont pas fait le circuit et sont restés à Bangkok.

De jeunes Alsaciens composent notre groupe, célibataires, ils restent avec nous pour éviter les femmes qui les sollicitent même lorsqu’ils sont accompagnés.

Ce soir sur le marché, nous achetons nos derniers souvenirs, je me fais couper les cheveux, une coupe au carré thaï et j'achète une robe d'un joli bleu avec des motifs d'éléphants.

C’est notre dernière nuit dans la ville bruyante, vivante de jour comme de nuit.


Le lendemain au petit déjeuner, l'un des Alsaciens s'inquiète, connaissant ma profession, il me demande des conseils sur la marche à suivre. Il est livide, il a peur du sida. Il a eu des rapports non protégés avec une femme qui l'a abordé et ne l’a pas lâché.

En effet, avec le physique des gros hommes bedonnants et transpirants qui parcourent la ville, choisir son client semble une bonne option.

Je ne sais pas comment le rassurer, à part faire un test à son retour en France et attendre, fébrile, les résultats ; tous les facteurs de risques sont au rouge.

Je suis stupéfaite, la prostitution fait tourner le pays et tout le monde semble trouver cela normal. J'ai honte de mes semblables. Je ne verrais plus les hommes ayant voyagé en Thaïlande de la même façon.


Pour notre retour, nous voyageons sur la Pakistan Airlines, nous faisons une escale à Islamabad.

La transition est spectaculaire, le dépaysement est déjà dans l'avion, juste avec les tenues traditionnelles qui couvrent les hommes et les femmes de la tête au pied. Il ne semble pas possible de voyager entre filles, nos billets mentionnent Monsieur et Madame, cela nous fait rire Sidonie et moi.

Lors de l'escale, les hommes de la compagnie nous guident dans des couloirs jusqu’à une grande pièce où l’on nous sert à manger sur de grandes tables installées en U. Le repas est bon, probablement des spécialités, mais on ne les connaît pas.

À l’heure de repartir, nous sommes de nouveau escortées jusqu’à la porte d’embarquement. Avant le décollage alors que nous sommes installées sur nos sièges, l’hôtesse de l’air vient nous parler. Elle a un souci car une jeune Pakistanaise voyage seule, elle ne peut pas être installée à côté d’un monsieur, elle doit déplacer des personnes pour solutionner le problème. Finalement, après discussion, Sidonie et moi acceptons, je me retrouve assise près d’une jeune fille en tenue traditionnelle alors que Sidonie change de place.

Pendant le trajet, je ne dors pas, elle me fait la conversation en anglais. Elle n’est pas très exigeante, car mon niveau d'anglais n’est pas très bon, finalement nos échanges durent tout le vol.

J'apprends qu'elle part chez sa sœur installée et mariée avec un Suisse-Allemand. La vie est étonnante, en quelques heures, une personne qui semble si différente de moi me semble très proche, son esprit de famille, ses rapports avec ses sœurs, son éducation, elle a fait des études secondaires, je crois comprendre pour être professeur, sa curiosité m’amuse.

Nous nous quittons en échangeant nos coordonnées, je n’ai pas vu passer le voyage, j'ai une nouvelle amie, Naila.


Intellectual property & credits
© Cover Image Les battements de coeur
© Author's name / pen name Adélice Bise

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