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Entre le fer et la feuille
Fiction
Poetry and Songs
calendar Pubblicato 28 apr 2026
calendar Aggiornato 28 apr 2026
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Entre le fer et la feuille

Sous le voile d’un matin brumeux, là où le silence se confond avec les reflets de l’eau, une sirène repose sur son pont de bois rouge. Elle semble immobile, offerte au regard comme une simple statue, et pourtant quelque chose, dans sa présence, donne l’impression qu’elle n’a pas toujours été ainsi… ou qu’elle ne le sera pas toujours.


Son regard se perd vers l’étang. Il ne cherche pas à percer l’eau, mais ce qui se cache au-delà : un espace flou fait de songes, de souvenirs enfouis et de choses que l’on sent sans jamais pouvoir les nommer. On dirait qu’elle écoute, attentive à un rythme plus ancien que le clapotis de l’eau.


Dans ses mains, un coquillage entrouvert repose avec une étrange délicatesse. Est-ce un simple ornement ou un geste laissé en suspens ? À l’intérieur, pas de perle, pas d’éclat. Seulement un pot noir, discret, d’où émergent des plantes d’un vert tendre, presque irréel dans la lumière pâle du matin. Elles semblent à leur place, comme si le coquillage les avait toujours attendues.


Le contraste surprend. Là où l’on imagine un trésor figé, quelque chose pousse, lentement, fidèlement. Une réponse silencieuse à ceux qui cherchent dans l’éclat ce qui se trouve parfois dans la patience. Car cette vie-là ne brille pas : elle persiste.


Ce coquillage ne protège rien de précieux au sens commun. Il garde autre chose, de plus ténu : un lien fragile entre ce qui est immobile et ce qui grandit, entre ce qui semble clos et ce qui continue malgré tout. Comme si l’attente elle-même pouvait engendrer quelque chose.


Autour de la sirène, les nénuphars dérivent doucement. Leurs ombres glissent à la surface de l’étang, dessinant des formes changeantes que l’on croit reconnaître avant qu’elles ne se délitent. Le vent passe, à peine, et le monde paraît retenir son souffle, par instinct, sans vraiment savoir pourquoi.


Et toi, passant attentif, si tu t’arrêtes un instant sur ce pont, peut-être sentiras-tu cette impression étrange: celle d’être arrivé trop tard… ou trop tôt. Le coquillage ne murmure pas de mots. Il laisse simplement flotter une sensation, une question sans réponse, un apaisement léger, ou l’idée troublante que tout n’est pas figé, même lorsque cela en a l’apparence.





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