
J'ai pris cette photo à Lyon
Mémoire des Chutes.
le diable,
dit-on,
collectionne les plumes.
dans ses mains patientes,
chaque aile arrachée devient alphabet,
chaque vol brisé, une phrase qui se tait.
car l'ange ne tombe pas — il se dépouille,
fibre par fibre,
de sa pesanteur céleste pour apprendre
enfin le vertige humain.
le temps compte ses battements dans l'air vide.
là où flottait la grâce,
ne reste qu'un souffle,
cette respiration du monde
qui hésite entre deux silences.
et nous,
témoins de ces arrachements quotidiens,
nous ramassons les plumes éparses
comme autant de mots perdus,
cherchant à reconstituer
le poème original de la chute.
— dato