ACDM sur le Rif
ACDM sur le Rif
Des bombes chimiques pour faire le plus de mal
Il est aujourd’hui incontestable, qu’en dépit de l’illégalité, il a été fait usage d’armes chimiques de destruction massive, de type ypérite (gaz moutarde), phosgène et chloropicrine contre les rifains, tout particulièrement, entre 1923 et 1927, principalement par l’Espagne et accessoirement par la France. Au début, les bombes furent utilisées par l’artillerie, et par la suite, pour la première fois dans l’histoire, les bombes chimiques furent larguées par l’aviation. Le premier bombardement par voie aérienne, à base d’Ypérite eu lieu les 14, 26 et 28 juillet 1923 [14]. A partir de 1924, l’usage des armes chimiques de destructions massives s’intensifie. L’approvisionnement n’est plus un problème puisque l’Espagne assure elle-même sa production et la manipulation de ce type d’armement est rodée. Les cibles visées étaient non pas les belligérants mais la population civile, les lieux de bombardement furent les marchés et le jour des bombardements les jours où se tenait le marché hebdomadaire où rappliquaient les populations pour leurs achats et ventes.
Victimes d’hier et victimes d’aujourd’hui
Ces armes chimiques de destruction massives n’avaient aucune incidence immédiate sur ceux qui se trouvaient loin des explosions. Mais, par la suite, ils souffraient de douleurs intenses dans leurs corps et organes internes. Outre les hommes et les animaux, la végétation et l’environnement en souffrait. Or, plus grave, les victimes ne sont pas seulement celles qu’il y a des décennies ont pu subir directement les effets de ces armes, sinon également leurs héritiers. L’utilisation de ces armes chimiques est d’actualité en raison de la relation de cause à effet entre ces mêmes armes de destruction massive et des maladies diverses telles que les cancers du larynx et du pharynx dont sont atteint les habitants de la région du Rif. Les statistiques des hôpitaux marocains attestent que le taux de certains cancers atteint un pic alarmant dans la région du Rif. Un taux de près de 80 % et sans commune mesure avec les autres régions du Maroc. La raison mise en évidence par l’histoire et les experts est précisément l’utilisation de ces armes chimiques de destruction massive.
Des effets mutagènes et cancérigènes
En ce qui concerne l’ypérite, divers rapports et études faits par des scientifiques de renommée internationale, affirment, notamment, les effets cancérigènes et mutagènes de cette même ypérite. Faisant suite aux bombardement effectués sur Halabja, en 1998, le Dr Christine Margaret Gosden, professeur à l’université de Liverpool, titulaire de la chaire de médecine génétique, écrit, en 1998, [dans un rapport pour l’Institut de recherches sur le désarmement des Nations Unies], avoir relevé « des cas de cancers rares, des malformations chez les enfants, de fausses couches, d’infections pulmonaires récurrentes et de problèmes neuro-psychiatriques graves. Le gaz moutarde (ypérite) a brûlé des cornées, provoquant des cécités. Des cancers risquent de n’apparaître que cinq à dix années après l’exposition ». C’est ce que confirme, également, Fred Pearce et d’autres [15].
Ainsi, les travaux scientifiques menés par les experts confirment les effets mutagènes et cancérigènes des armes chimiques employées. Le caractère mutagène signifie qu’il y a une mutation qui s’opère dans les gènes et qui se transmet entre héritiers. Tandis que le caractère cancérigène signifie que ces armes ont pour conséquence des cancers, qui ainsi sont transmis de génération en génération.
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