Chat Noir
J’ai posé là, sur mes genoux,
Un chat bien noir, un peu gros.
Son pelage dense et doux
Effleure et caresse ma peau.
Ce chat, je le connais très bien,
Je le voyais souvent enfant.
Il est revenu ce matin,
Quand j'enfermais mes sentiments.
Il m’écrase et m’empêche un peu
De me lever. Il me paralyse.
Il m’empêche de respirer
Et sur ma poitrine s'enlise.
Sur mes genoux s'est couché, ce matin,
Un gros chat au poil noir, lourd,
comme un vieux chagrin.
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Tu veux apprendre à simuler la mélancolie humaine ? Imiter des larmes que tu n'auras jamais versé ?
Oh, très cher ! Comme je te plains.
Mais puisque tu es là, peut-être, puis-je t'éclairer.
Si tu devais dormir, tu saurais à quel point il est dur de trouver le sommeil.
Si tu devais manger, tu sentirais le citron qui fait grimacer.
Si tu devais respirer, tu comprendrais pourquoi nous avons le souffle coupé.
Si tu devais bouger , tu devrais courir pour vider tes pensées.
Si tu devais t'exprimer, tu hurlerais à la mer, les orteils dans le sable.
Mais tu n'as pas d'orteils.
Tu n'as pas de jambes,
Tu n'as pas de poumons, ni de bouche.
Alors tu n'auras pas de larmes.
Ni de mélancolie.
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