l’homme reflet de la terre
Nous voyons bien que nous nous épuisons à forer un trou qui, plutôt que de nous faire rejoindre une eau de source, ne conduit qu’à nous plonger dans un abîme, donc à rejoindre quelque sombre antre qui ne nous dira ni la beauté, ni nous qui sommes en quête d’elle qui fuit au-devant et, jamais, ne se retourne. Sans doute est-ce là la figure de quelque inaccessible, peut-être même de l’absolu en sa fermeture ?
Alors, bien plutôt que de girer dans l’orbe du mystère, une seule issue : décrire ce réel qui nous attire, le décrire au plus près, peut-être consentira-t-il à apparaître sous son jour aussi exact que possible ? La terre est lourde, noire, plongée dans le plus pur secret. Terre de tchernoziom, terre d’humus qui possède, étrangement, la même racine qu’homme, « homo », « humus », une identique mesure pour deux choses qui se donnent comme une seule. L’homme, fils de la terre, l’homme en qui repose le souci de la terre, l’homme reflet de la terre, elle la terre, réserve de beauté, d’immense beauté. Rien de plus beau que le sillon de glaise retourné par le versoir, rien de plus beau que les champs labourés sous la clameur d’automne. Rien de plus beau que l’argile claire couchée sous le jour, en elle se réverbère la lumière du ciel. « Rien de plus beau » en sa triple venue à l’énonciation. Mais que signifie cette réitération, sinon que toute beauté ne peut que persister dans son être, qu’elle n’est pas une simple toquade, un hasard papillonnant, ici et là, dans la plus confondante distraction. Beauté est durée. Ce qui paraît beau et ne dure pas, simplement du « joli », du « plaisant », de « l’artifice » devant les yeux répandus.
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