La Veuve Blanche
Elle arriva à cette soirée mondaine quelconque, ce gala de charité organisé par une énième richesse qui avait jugé bon de créer une fondation pour défiscaliser des profits indécents.
Une fois encore, l’argent appelait l’argent, et c’était justement ce qui avait intéressé ses employeurs. Pas tout à fait l’argent, mais plutôt ceux qui en avaient.
Un portier vint ouvrir la portière de la limousine et lui présenta sa main pour l’aider à descendre. Elle posa un talon aiguille d’une hauteur audacieuse sur le tapis rouge qui menait jusqu’à l’intérieur du manoir où se déroulait la soirée.
Elle monta, seule, sans chaperon, les marches de l’escalier et arriva dans la salle de bal. Elle se présenta à l’hôte d’accueil, devant son pupitre en bois exotique :
— Madame Lievenbaum, dit-elle d’un ton simple mais emprunt d’autorité en lui tendant son carton d’invitation.
— Bonsoir madame, merci. Laissez-moi un instant pour vérifier… répondit l’homme, affable.
Il faisait défiler une liste sur une tablette et commençait à plisser les yeux. Au bout de quelques instants son regard s’éclaira :
— Ah, vous voici ! Vous étiez tout en bas de la liste, non classée avec les autres invités.
— C’est que… Mon inscription fut quelque peu tardive, ajouta madame Lievenbaum, sur le ton de l’excuse.
Elle gratifia l’homme qui la recevait de son sourire le plus charmeur. Celui-ci baissa les yeux avec une légère gêne. Il remit à la femme un bracelet joliment ouvragé, dans une imitation cuir tout à fait convaincante.
— C’est un bracelet connecté, dit-il, non sans fierté, dessiné par le célèbre Gorgio Minatti. Il permettra de voter ce soir pendant la cérémonie et de valider les dons.
Lievenbaum remercia l’homme et s’introduisit dans la salle principale du manoir.
Dès son arrivée, les têtes se tournèrent vers elle. Les hommes, pour la grande majorité étaient charmés par son apparence. Leurs femmes, au contraire, y voyaient une potentielle rivale prête à ravir leur époux, quand bien même toute passion aurait pu se faner entre eux.
Elle était grande (encore plus avec ses talons), fine, athlétique et dont les formes étaient mises en valeur dans cette robe fuseau d’un noir de jai. La quarantaine lui allait bien, les années semblaient la magnifier et c’est conquérante et sûre d’elle qu’elle examinait l’assemblée. La plupart des hommes, bien éduqués en société à défaut de l’être dans l’intimité, essayaient de s’arrêter à son visage. D’autres, à l’inverse, la déshabillaient de leurs regards libidineux et pathétiques. Rapidement, les invités se désintéressèrent d’elle, comme elle l’espérait. Personne ne la connaissait ici.
Elle n’était pas là pour les mondanités.
Elle devait être remarquable et pourtant rester anonyme tout au long de cette soirée. C’était un défi complexe mais qu’elle savait relever depuis des années, peaufinant à chaque fois son apparence, sa posture, et la façon dont elle interagissait avec les autres.
Un serveur passa avec un plateau chargé de verres remplis, sans aucun doute, d’un champagne hors de prix. Il lui présenta une coupe, qu’elle refusa. Elle demanda plutôt quelque chose de non alcoolisé, qui servirait bien mieux ses plans.
Elle buvait tranquillement en consultant les panneaux explicatifs disséminés dans la salle. Ils vantaient les magnifiques actions de la fondation, avec des photos d’enfants issus de milieux défavorisés souriant de toutes leurs dents grâce aux actions des riches donateurs. On parle souvent de green washing pour l’écologie à mauvais escient. Là on était exactement dans un cas de kid washing. Lievenbaum n’était pas surprise, ni même dégoûtée. Elle savait exactement à quel genre de soirée elle allait et avait accepté ce contrat en toute connaissance de cause. Finalement cela ne l’intéressait guère. Ce que les riches faisaient de leur argent avec les communautés défavorisées pour briller auprès de leurs pairs était d’un tel cliché.
Alors qu’elle lisait un panneau explicatif, pour coller à son rôle, quelqu’un parla derrière elle :
— Pathétique, n’est-ce pas ?
C’était une voix d’homme, amusée et très insolente. Le cœur de la femme manqua un battement. C’était lui, celui qu’elle attendait et il se présentait directement à elle. Une grande partie de son travail de ce soir venait d’être accompli sans effort apparent.
Elle s’était beaucoup documentée sur sa proie, avait défini son profil psychologique, analysé ses comportements, lu tout ce qui pouvait être lu à son sujet. Elle faisait cela à chaque mission. Ce travail quasi fanatique de préparation lui prenait des semaines, jusqu’à l’écœurement, jusqu’à maîtriser entièrement son sujet. Avec les années elle avait développé une sorte de fascination morbide pour ses cibles, pour tout connaître d’eux avant le jour J.
Elle se retourna et fit fasse à la voix.
Il était à peu près dans ses âges, bel homme, même si on voyait un peu trop la blancheur éclatante de ses dents et ses passages en cabine de bronzage. Les petites rides naissantes autour de ses yeux gardaient une teinte plus claire mais cela rajoutait quelque chose à son air charmeur.
Les magazines à sensation disaient de lui qu’il était un Don Juan, l’équivalent donc d’une salope à la cuisse légère s’il avait été une femme. Comme quoi, les définitions selon les sexes ne sont pas toujours les mêmes.
— Pardon ? Demanda t-elle.
— Pathétique, disais-je. Toute cette poudre aux yeux pour faire rentrer de l’argent dans la fondation de mon père. Toute cette mascarade. Regardez !
Il porta son verre devant la femme.
— Le contenu de ce verre vaut environ trois fois ce que les parents de ces enfants peuvent espérer gagner par semaine dans le pays où ils vivent. Et cela ne semble choquer personne ici.
— Vous, il semblerait.
— Oui, enfin, vous devez trouver cela bien surfait.
— Comment cela ?
— Je suis ici à vous débiter mes états d’âme alors que j’aurai le pouvoir de faire changer les choses. Nous ne nous sommes même pas présentés. Je m’appelle Franck…
La femme le coupa avant qu’il puisse dire son nom de famille. Il avait tendu la main, pour la lui serrer, protocolaire et se sentit arrêté dans son élan. Il la fit retomber, gauchement.
— Je sais qui vous êtes évidemment. Anastasia Lievenbaum, ravie de vous rencontrer.
Elle arborait un sourire charmant, dévastateur et vit à son regard qu’elle avait déjà gagné la partie.
Elle avait planifié cette rencontre depuis longtemps déjà. Elle s’était fardée et habillée comme elle l’était ce soir selon ce que le profil psychologique de sa proie lui avait appris. Elle avait étudié ses diverses conquêtes pour faire émerger un modèle, une plastique, une représentation qui correspondraient à ses attentes. Elle avait tissé sa toile de nombreux fils, tous plus calculateurs que les autres. Le fait qu’il soit venu spontanément à elle était éloquent. Même à l’autre bout de la salle, il avait trouvé cette femme parfaitement à son goût et sa curiosité avait poussé ses pas vers elle. À ce moment-là, il ne l’avait pas encore vue de face qu’il était déjà hypnotisé.
Franck posa une question :
— Anastasia Lievenbaum… Suisse ?
— Et russe du côté de ma mère. Mais n’est-il pas un peu trop tôt pour parler de la belle famille ?
Son ton était amusé, insolent et mutin.
— Vous avez raison. Que venez-vous faire ici ce soir, ma chère Anastasia ?
Le fait qu’il eut utilisé un pronom possessif révulsa la femme, qui n’en fit malgré tout rien paraître. Ainsi au bout de quelques phrases elle était devenue sa propriété, sur laquelle il pourrait à loisir répandre ses fluides ?
S’il savait qui elle était, il serait déjà en train de chialer dans les jupes de sa mère.
— Je suis ici pour le compte d’un grand oligarque russe. J’étudie et j’analyse la soirée, votre fondation, votre famille. Il aimerait peut-être, je dis bien peut-être, faire quelques dons et discuter des opportunités pour faire du commerce avec vous, dit-elle d’un ton vaguement intéressé, nonchalant, comme si elle parlait de tout et de rien.
— Vraiment ? Et je connaîtrais déjà cette personne ?
Il semblait vivement intéressé, son regard pétillait. L’argent fait toujours cet effet pour ceux qui ne voient la vie qu’à travers lui.
— Possible, ou peut-être que non…
Elle savait comment attiser la curiosité de son interlocuteur. Il était pendu à ses lèvres.
— Et il vous envoie, plutôt que de venir lui-même ? J’aurai assurément pu lui avoir un entretien privé pour discuter de cela pendant la soirée, dit-il, presque un peu déçu que sa compagnie soit boudée.
— C’est que mon employeur est très discret vis-à-vis de sa vie privée. Il ne se déplace pas dans les soirées mondaines de ce genre. Il dépense son énergie à bon escient et là où les chances de succès sont les plus fortes.
— Il me semble être quelqu’un de très avisé, continua Franck.
Anastasia savait qu’elle avait ouvert une brèche en lui, celle de l’argent. La première partie de son plan se déroulait à merveille. Tous ses contrats ne se déroulaient pas aussi facilement que celui-là. Elle avait certes bien préparé son dossier mais quand même. Parfois, un peu de chance est toujours la bienvenue.
Franck continua à avancer ses pions :
— Peut-être que votre employeur n’est pas quelqu’un d’impressionnable, mais si cela vous plairait de vous soustraire à cette soirée ennuyeuse, je pourrai vous montrer quelques-unes des plus belles pièces de ma collection d’armes anciennes du Japon.
— J’en serai ravi ! Déclara Anastasia, avec l’apparence de ne pas avoir réfléchi. Non seulement je serai ravie de quitter cette réception, avec vous de surcroît, mais mon employeur est aussi collectionneur d’art et cela pourrait vivement l’intéresser.
En avait-elle trop fait ? « avec vous de surcroît » était probablement un peu fort, mais elle sentait que son futur repas était déjà presque au centre de sa toile. Il sourit, avec dans le regard un appétit animal, qu’il avait du mal à contenir.
— Suivez-moi…
Ils s’éclipsèrent comme des adolescents de la soirée, en prenant une porte qui menait à une autre aile du manoir. Là, Franck entraîna Anastasia dans un dédale de couloirs. Elle aurait pu terminer sa mission, ici et maintenant. Sa proie ne se méfiait de rien. Mais cela était contre ses principes. Ce n’était pas pour rien qu’on l’appelait la veuve blanche.
Elle commençait à se sentir excitée par la situation et avait hâte de découvrir la suite.
Ils arrivèrent dans une pièce sombre, avec des ombres immobiles. Franck trouva l’interrupteur et alluma les lumières des vitrines. C’était un petit musée personnel dédié au Japon, et plus précisément aux armes et armures anciennes. La vue de cette collection détourna Anastasia de sa mission première. Elle aimait les armes, et elle voulait en découvrir un peu plus. Elle avisa deux caméras qui filmaient la pièce. Elle ne pourrait de toute façon pas accomplir ce qu’elle voulait faire ici.
Son hôte semblait comme un enfant avec ses jouets :
— Cela m’a pris des années pour rassembler cette collection. Je l’ai organisée de manière chronologique, tout simplement. À gauche, les vitrines de l’époque Koto, puis Shinto, Shinshinto et enfin Gendaito. Je ne suis pas le plus grand fan de cette dernière période, mais tout collectionneur doit avoir au moins une arme de chaque époque.
Les vitrines étaient remplies avec diverses armes comme des katanas, tanto, wakisachi des diverses époques. Néanmoins, une vitrine attira l’attention d’Anastasia. Elle était à l’écart des autres, et une seule lame était à l’intérieur.
— Et cette vitrine ? Demande la femme.
Franck esquissa un grand sourire.
— Je voulais la garder pour la fin. Mais c’est mon plus grand trésor. Le Dojigiri, forgé par le maître Yasutsuna. Cette lame a plus de mille ans. C’est un trésor national du Japon et je suis le premier occidental à avoir réussi à le sortir du pays. C’est un prêt bien sûr, impossible pour quiconque de l’acquérir.
— Incroyable !
— Et ce n’est pas tout, continua Franck d’un air important. Selon la légende qui accompagne la lame, elle aurait servi à tuer un démon, nomme Shuten-Doji, d’où son nom. Ce démon enlevait les jeunes filles et c’est Minamoto no Yurimitsu qui lui aurait tranché la tête.
Anastasia trouvait cela fort à propos. Cette lame, forgée il y avait plus d’un millénaire, avait servi à tuer un démon supposé masculin qui massacrait des filles. Y aurait-il aujourd’hui une lame qui pourrait l’arrêter, elle, la démone des hommes ?
La lame fut sortie de la vitrine avec une infinie précaution, uniquement touchée par l’entremise d’un papier de riz pour ne pas laisser de trace de doigt dessus. Franck la contemplait entre ses mains. Une odeur épicée émanait de l’acier qui était entretenu avec une huile de clou de girofle, comme le voulait la tradition.
Sa proie ne se doutait de rien et continuait à discuter avec passion de ce trésor. La veuve blanche voulait terminer son travail. Plus que cela, elle voulait assouvir ses envies : sexuelles et meurtrières. Jamais elle ne prenait un tel plaisir qu’en faisant l’amour à un homme avant de lui ôter la vie. Son métier était une sorte de vocation, une particularité permettant de joindre l’utile à l’agréable.
N’y tenant plus, elle s’approcha de Franck qui continuait à parler, posa un doigt sur ses lèvres pour lui intimer le silence et l’embrassa. Quoique légèrement surpris, celui-ci se reprit vite et l’enlaça. Son corps chaud qui s’appuyait contre lui, sa poitrine ferme plaquée contre son torse lui donnait envie de bien plus. La lame s’était retrouvée entre eux deux, comme un ultime avertissement qu’il n’écouterait pas.
— Pas ici, finit-il par dire. Je ne veux pas que ma sécurité nous voie.
Il avait avisé les caméras qu’Anastasia avait remarqué en entrant dans la pièce. Il fit passer la femme à sa suite dans une sorte de remise, probablement une pièce qui servait à entretenir les œuvres d’art. Malgré son excitation, il posa le Dojigiri avec soin sur une table de travail, recouverte de tissu.
Ils firent l’amour, Anastasia toujours au-dessus de lui, en amazone. Quand elle sentit qu’il allait exploser, elle attrapa la lame et se prépara à frapper, les deux bras en l’air. Il avait les yeux fermés, et ne se doutait de rien.
Elle avait toujours trouvé que donner la mort à ses amants au moment de leur jouissance était le plus beau cadeau qu’elle pouvait leur faire. Elle les libérait au moment ultime où toutes leurs émotions étaient au plus fort. Jamais le sexe n’avait meilleur saveur selon elle.
Elle voulut abattre la lame dans le torse offert de Franck, mais celle-ci prit soudainement une teinte bleutée et lui brûla les mains si fort qu’elle fut obligée de la lâcher.
Elle tomba avec fracas sur le sol. Son amant venait de jouir et eut besoin de quelques secondes pour revenir à la réalité. Quand il ouvrit les yeux, il vit la lame par terre, encore bleue. Anastasia regardait ses mains avec horreur, le visage terrorisé.
— Tu as voulu me tuer ?! Hurla t-il à son adresse.
Il bouscula la meurtrière qui était hébétée et se releva. Il regarda l’arme inestimable sur le sol et ouvrit la main droite. Le Dojigiri sauta dans sa main, comme appelé par son porteur.
Déjà, Anastasia commençait à reprendre contenance et sentait son corps qui changeait bien malgré elle. Sa peau se lézardait, devenait sombre. Des sillons suintaient des humeurs malodorantes. Ses cheveux tombaient, ses membres s’allongeaient telles les branches d’un arbre maléfique. Des griffes exubérantes sortaient de ses doigts, comme les serres d’un oiseau malveillant. L’esprit de la femme s’embrouillait, quelque chose de puissant envahissait son corps, prenait possession d’elle. Elle sentait sa conscience qui rapetissait, qui devait laisser la place à une entité innommable et impérieuse. Elle perdait totalement le contrôle.
Franck, épouvanté par la soudaine transformation, garda cependant la main calme et voulut s’approcher de la créature qui était une jolie femme quelques instants auparavant.
D’un revers de son long bras, elle l’envoya valser contre la cloison. Sonné, il la vit s’approcher de lui à grande vitesse, ouvrant sa gueule empuantie de longues dents pour le dévorer. D’Anastasia, il ne restait plus rien sinon les lambeaux déchirés de sa robe qui pendaient du corps difforme de la créature.
Il se croyait condamné quand la lame, qu’il tenait toujours, se redressa au dernier moment, comme mue par sa propre volonté, et s’enfonça dans l’abdomen de la bête.
Un flot de viscères se répandit sur le sol avec une odeur étouffante. Anastasia assistait à la scène comme une simple spectatrice impuissante. Son esprit s’était réfugié dans une toute petite partie du cerveau qui était autrefois le sien.
Le richissime hôte se releva, tant bien que mal, brandit la lame légendaire et l’abattit sur la nuque du démon.
Anastasia eu juste le temps de comprendre que l’esprit du démon était dans la lame pendant plus de mille ans, et qu’elle l’avait libéré. Puis ce fut la nuit. Tout devint noir et le temps n’avait plus aucune importance.
***
Quand la tête tomba, ce ne fut pas la créature qui hurla, mais la lame elle-même. Elle siffla, aspira, feula, devint bleue, puis jaune, puis rouge avant de retomber sur le sol, de nouveau inerte.
Franck avait dû fermer les yeux tellement les éclats de lumière étaient insoutenables.
Quand il les rouvrit, les viscères, le sang, ainsi que la tête du monstre avaient disparu. Il ne restait que le corps décapité d’Anastasia, complètement nu.
Franck reprit la lame dans ses mains, tremblant de peur qu’elle ne se réveille à nouveau, la nettoya et la remisa dans la vitrine.
Il avait ce soir-là failli mourir, mais plus que cela, il en avait appris bien plus que les historiens depuis un millénaire : cette lame légendaire contenait l’âme d’un démon. Avait-elle aspiré l’essence de cette créature lorsqueMinamoto no Yurimitsu l’avait décapité, ou était-ce elle qui avait engendré le monstre, Ab initio ?
***
Octobre 2026
J’ai écrit cette nouvelle sans trop d’idée au départ. Je voulais parler d’une tueuse à gage particulière qui aurait pris son plaisir via le sexe et via le meurtre. La suite de l’histoire m’a complètement échappée quand j’ai commencé à parler des armes japonaises. Rien n’était prévu mais le texte est sorti presque dans sa version finale d’un seul coup.
Beitragen
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