Épisode 6 : Une question de milieu ?
Entrée en territoire inconnu, la survenue d’un handicap nécessite de nouveaux repères. J’y entrais en mineure, d’origine modeste. Ma mère se fiait aux médecins, et me laissait le choix, ne sachant trop où nous allions.

Photo de filirovska sur Pixabay
Après 15 mois de rééducation quotidienne, le couperet tombait « elle ne pourra pas récupérer davantage ». Couperet vif. Incontestable.
Pourtant, trois ans plus tard, une autre vérité redessinait ma route. « Bien sûr que tu peux récupérer davantage », me lança une kiné spécialisée en neurologie. Ma main, certes, s’en était allée vers les limbes, mais la marche, l’équilibre, les muscles des membres inférieurs pouvaient se fortifier. On ne me l’avait pas dit ? Et non… On ne m’avait pas dit que des chaussures orthopédiques m’aideraient beaucoup ? Et non…
Personne ne nous l’avait dit. Au milieu des années 1980, l’information circulait moins, me direz-vous. Mais aujourd’hui encore, je croise des personnes hémiplégiques ignorantes des solutions techniques pour améliorer leur autonomie et leur image d’elles-mêmes.
Cette kiné providentielle m’a permis de me présenter devant les élèves mieux assurée dans mes déplacements, dans la projection de ma voix. Miracle d’une rencontre et des aides techniques. Heureux hasard qui ne devrait pas en être un.
Dans des milieux « éduqués », dans les CSP+ où l’on ose vouloir plus, le vécu concret du handicap serait-il différent ? Notre société, férue de beaux discours sur l’inclusion, permettrait-elle un handicap à deux vitesses, trois vitesses si l’on pense aux difficultés dans le monde rural ? Elle le permet. Ne s’en excuse même pas.
En était-ce fini de mes progrès physiques ? Oui, me répondaient encore les médecins trois ans plus tard. Non, me répondit un amoureux. « Tu peux recourir, tu vas recourir. » Déclic supplémentaire. Quel risque ? Tomber ? Je tombais déjà régulièrement et je m’en relevais. Alors, courons !
Sensation incroyable d’un corps en action.
Alors, explorer toutes ses potentialités physiques et mentales par-delà le handicap, une question de milieu ?
Transparence : L'autrice de ce texte, Line Marsan, en est seule propriétaire. Tous droits réservés. Le logiciel Antidote a été utilisée pour la correction orthographique et typographique.
Crédits photo : filirovska sur Pixabay.
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Pascaln 29 minuti fa
Bonjour Line, je prends... je n'ose pas écrire plaisir... à suivre ton autobiographie, qui me touche pleinement et profondément comme je m'en suis dejà tellement expliqué... Et pourtant, je prends une gifle du passé à chaque nouveau chapitre. Suis-je alors malade ou maso de te lire ? Je ne le pense pas, c'est juste que cela fait sûrement du bien de ne pas être l'acteur principal de l'histoire, quand on s'est tellement senti seul avec notre différence. Bref, je m'arrete là. Ma claque dans ce chapitre vient des" fameuses " chaussures orthopédiques... Si tu savais, mais chut. Et surtout un profondément et sincère merci pour ton écriture Line.
Line Marsan 11 minuti fa
J'en suis touchée, Pascal, tu le sais. Mais j'aimerais bien que ce soit les valides qui se prennent une claque, ou tout au moins une forte pression sur le bouton Reset : "Ah oui, c'est comme ça que ça se passe !"
🫶♥️🌈😘
Merci Pascal... pour tout.
Anne-Sophie Dubois 4 ore fa
Bien joué ce joli texte. bravo à toi et merci ☀️
Line Marsan 3 ore fa
Merci Anne-Sophie. Je t'invite, en toute modestie, à découvrir ma Créative Room " Vivante", une autobiographie d'une vie avec handicap. Parfois la colère s'y exprime. Comme dans tes publications 😉