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SF ROOM
The Love Bot Agent
Fiction
Science fiction
calendar Pubblicato 12 apr 2026
calendar Aggiornato 12 apr 2026
time 12 min
15+

The Love Bot Agent

Sénégal, 2098

Yama


— Pourquoi il me regarde, ce con ! soufflé-je à mon love-assistante.

— Ne fais rien, Yama... Attends que j'analyse l'angle de son regard et...

Je ne l'écoute pas. Je fonce droit vers le gars et lui colle une bonne gifle.

— À quand cesserez-vous, vous les hommes, de mater les femmes comme si elles étaient une tranche de charcuterie ? je clame, furieuse.

— Mais de quoi êtes-vous en train de parler ? grince le jeune homme. Je ne vous regardais pas... C'est elle que j'observais... ma femme.

Je me retourne et vois effectivement une belle demoiselle, un bébé dans les bras, avancer vers nous.

— Désolé chérie, ce n'est pas ce que tu crois... tente de se justifier le gars.

— C'est bon mon cœur, le coupe sa femme. J'ai tout vu, tu sais... Encore ces nanas narcissiques qui se croient le centre du monde.

— Enfin, j'étais sûre qu'il me regardait, j'insiste.

— Fama, bon sang, arrête... souffle Mimi, ma love-assistante.

— Toi, la ferme ! je lui crie.

Mais comme Mimi est invisible aux yeux des autres, mon interlocutrice pense que je lui parle.

— T'es ridicule ! Tu balances des trucs insensés, on voit bien que tout ne tourne pas rond chez toi. Allons, mon amour, laissons cette folle furieuse avec ses démons, tacle la dame.

— Au moins moi, je ne suis pas 90 % de plastique. J'ai de la chair bien fraîche, pas des implants au f...

Là, elle s'arrête net, se retourne vers moi, le visage renfrogné. Elle s'avance dangereusement pendant que je recule...

— Viens là, bébé ! Je vais bien te masser, tu vas voir ! lance-t-elle en s'étirant les doigts.



(Break)


Lorsque j'arrive enfin à échapper à ses mains, je suis en pièces. Tous mes membres sont courbaturés. Mimi, comme d'hab, est contente d'avoir eu raison de moi.

— Il ne te regardait même pas. Mes analyses ont révélé qu'en raison de son strabisme, son regard semblait posé sur toi alors qu'il fixait en réalité la femme à côté : son épouse.

— Pourquoi tu me l'as pas dit plus tôt ? je lui reproche, la voix brisée par la fatigue.

— Comme si tu m'avais écoutée... Je pense souvent que ça t'amuse de provoquer les gens pour rien. La belle femme a eu raison de t'avoir bien corrigée, déclare-t-elle avec son rire mécanique débile.

J'ai mal entendu ou bien elle est de son côté ? Hein ?

— T'as pas le droit d'être avec elle, t'entends ! T'es mon boot à moi, Mimi, et puis... elle n'est même pas belle. Tu vois pas que rien n'est naturel chez elle ? Son derrière, on dirait les pagnes que nos grand-mères utilisaient pour transporter leurs affaires. Sa bouche... comme deux barres de saucisses superposées. T'es complètement sous-cotée, toi, en la trouvant belle.

— À t'entendre parler, on dirait que t'as assisté en direct à ses interventions chirurgicales. Mes analyses ont montré une femme de tout ce qu'il y a de plus naturel...

— Au diable tes analyses, Mimi... Elles sont pas du tout fiables, de toute façon. Et tu sais quoi ? Je vais mettre fin à mon abonnement dès demain. Je suis pas du tout satisfaite ! T'es plus un punchlineur qu'un love agent décent...

Mimi bugue un peu, puis change immédiatement de ton.

— Hum... Erreur Cupidon404... votre abonnement a été interrompu avec succès. Vous ne serez plus connecté à notre super love-boot holographique Mimi393.

J'entends, juste avant que l'interface ne disparaisse.

Bon sang, c'était une plaisanterie...

Depuis quand ils prennent au sérieux les paroles en l'air des utilisateurs ?

C'est complètement absurde...

— Mimi, t'es là ? Mimi, je te dis de revenir ! Je t'ai pas dit de mettre fin à mon abonnement...

Je hurle, alors que les passants me regardent de travers, me voyant tourner en rond et faire de grands gestes.

Ils doivent sûrement croire que je suis devenue folle.

— Hey ! Yama, qu'est-ce que tu fais ? m'interpelle-t-on.

Je me tourne et vois Tidiane. Il est en caftan blanc, qui lui va super bien.

— Rien... je passais mon chemin... Et toi ? Tu me suivais ?

— Oh que non ! rigole-t-il. Tu m'as envoyé un message m'invitant à un tête-à-tête ici.

Un message... Un date...

Mais... c'est sûrement Mimi qui est passée par là.

Incroyable ! Pourquoi elle ne me prévient jamais...

Je promène un peu mon regard vers la gauche et me rends compte que je suis pile en face du restaurant Étoile Bleue.

Quoi ? Comment j'ai atterri là ?

Je rêve...

Un rire métallique éclate.

Il m'est bien familier...

Mimi.

— Alors t'es pas partie..., chuchotai-je.

Elle me répond aussitôt, m'isolant dans son monde artificiel.

— Alors ma belle, t'as aimé ma farce ?

— Ce n'est même pas drôle... J'imagine que tu as aussi écrit à Tidiane et m'as téléportée pile en face du restaurant, je soupire, les bras croisés.

— C'est exact, t'as vu juste... Qu'en dis-tu ? Ingénieux, non ? T'es contente de mon service maintenant ?

— Ah ! Donc t'as fait tout ça pour me reconvaincre... Très classe.

— Un petit "pouce j'aime" ne te ferait pas de mal, sinon...

Ha... Elle se croit maligne.

— Sauf que je ne le ferai pas. Ton feedback positif, tu peux l'oublier. Et puis ce Tidiane... C'est vrai qu'il m'attirait avant... D'ailleurs, d'où tu le connais ? Il ne figure pas dans la base de connaissances que je t'ai fournie.

— Euh..., elle hésite. Je me suis permise de faire des recherches externes, basées sur les algorithmes de recommandation d'amis des réseaux. C'est là que j'ai trouvé Tidiane. En accédant à sa page, j'ai pu analyser des photos de vous à la fac... qui suggéraient une romance profonde.

— Merci pour la confidentialité ! je dis avec sarcasme.

— Bon, tu râles trop pour rien... Je suis sûre que ça ne sera pas si pire que ça. Bonnes retrouvailles, utilisatrice préférée !

Quoi ? Non !

Je me retrouve brusquement dans la réalité, devant Tidiane, qui me sourit avec ses 32 dents.

Je ne sais même pas pourquoi il est si heureux de me revoir...

Un autre m'aurait détestée... parce que je l'avais largué pour Khalile, un nouveau de la fac qui obsédait toutes les filles à l'époque.

— Bon eh bien, après toi, je dis, lui indiquant la porte d'entrée avec un sourire forcé.

— Non, les dames d'abord, propose-t-il.

Je trouve ça mignon, donc j'entre la première... puis il me colle aux basques.

L'intérieur est grand, spacieux, et tout brille — même le bois des tables et des chaises semble poli comme un miroir.

Nous prenons place à une table libre, et Tidiane lève la main pour attirer l'attention d'une serveuse, mais elle ne semble pas le remarquer.

Il claque même des doigts... Elle doit sûrement être sourde, ouais.

Il a fallu que je m'en mêle, à bout de nerfs :

— Mademoiselle ! Vous avez mis des haut-parleurs ou quoi ? Ça fait une minute que mon compagnon essaye de vous appeler, et vous restez plantée là comme une pique !

Elle me lance un regard ennuyé et enlève ses écouteurs en s'approchant, plateau en main.

— Vous parlez de qui ? Parce que moi, je ne vois que vous à cette table.

...

— T'es sérieuse ?

— Évidemment. Malick, toi, tu vois quelqu'un à côté de la dame ? demande-t-elle à un collègue qui passe. Celui-ci hoche la tête. Un "non".

Attendez...

Elle n'a pas osé me fabriquer une simulation...

Une simulation...

Vous vous rendez compte ? Juste pour se faire pardonner...

Elle me prend pour qui, au juste ?

Les nerfs à vif, je l'appelle :

— Mimi !

— Oui ! On se connaît ? me répond une voisine de la table d'à côté.

— Et puis quoi encore ! T'es pas la seule Mimi sur cette terre. Ne m'énerve pas.

Oui, je sais, j'y suis allée très fort... mais j'étais en rogne.

La demoiselle, n'ayant rien compris à mon acharnement, décide simplement de m'ignorer.

Par contre, celle à qui je m'adressais ne se montre qu'une minute plus tard — pendant laquelle je tape sur la table — pile au moment où l'agent de sécurité vient me chercher pour "obstruction à la sérénité du restaurant".

J'essaye de m'expliquer, de présenter mes excuses, mais il me somme d'un ton sec de quitter les lieux.

Je décide alors, sans faire d'histoires, de m'en aller... tout en tentant de régler son compte à Mimi. En essayant de la choper par le collet, je culbute sur une table, faisant voler en mille éclats assiettes et tasses en verre.

Aïe, mon dos... Je me suis fait légèrement brûler par de la sauce chaude.

Là, le vigile ne rigole plus.

Il dégaine son téléphone et passe un appel pendant que je reste là, toute honteuse et trempée.

Je crois comprendre qu'il parle à la police...

Oh non. Je suis foutue.



(Break)



Une journée en cellule avec une strip-teaseuse qui me narre ses mésaventures sans que ça ne m'intéresse. Je suis préoccupée à l'idée de trouver un moyen de payer ma caution. J'ai quelques contacts qui pourraient m'aider — mes frangines — mais d'abord, elles réclameraient de connaître l'entièreté de l'histoire...

— Et tu sais, ce genre de slips...

— Tu peux la fermer, oui ! je lui crache, à bout de nerfs. Elle ne fait que me stresser encore plus.

Contente qu'elle soit enfin devenue une tombe... Dieu soit loué, ah !

— Madame, vous êtes libre, m'annonce un agent en ouvrant la grille, alors que je suis perdue dans mes pensées.

Je me redresse d'un élan et me précipite vers la sortie.

— Eh, dis ! Qui a payé ma caution ? je demande à l'agent.

Il n'a même pas besoin de répondre. Au fond du couloir, une silhouette familière émerge : Tidiane.

— C'est lui, madame, m'indique enfin l'agent.

— J'ai essayé de me rattraper..., réapparaît Mimi, les yeux façon chaton mignon.

Je l'ignore royalement et fonce vers Tidiane pour me jeter dans ses bras... mais il me repousse.

— Arrête, ma femme est très jalouse, tu sais.

Je jette un regard derrière lui et vois une belle dame perchée sur de hauts talons aiguilles.

Elle me sourit et s'avance pour me saluer :

— Hi ! On était dans le restaurant quand l'accident s'est produit, sur une table au fond. Mon mari m'a tout raconté. Tu es atteinte d'une psychose... euh, je ne le dis pas pour te stigmatiser, hein... je veux juste que tu saches qu'on sera toujours là pour toi.

C'est quoi encore cette histoire...

On me prend pour une psychotique maintenant...

Ce sera quoi après ?

— On t'a trouvé un médecin pour te suivre. Il est très performant, poursuit-elle.

Un homme grand, clair, et très séduisant apparaît pile au bon moment, drapé dans un costume sombre qui met parfaitement en valeur ses muscles.

— Bonjour, nous salue-t-il avec un rictus charmeur.

Je veux bien me faire traiter par lui, lol...

J'espère juste que ce n'est pas encore l'une des simulations de Mimi...



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