La rue quoi ?
Épigramme
- « À quelle adresse alors est votre domicile ?
- C’est à deux pas d’ici, la rue Rouget de Lisle. »
Pendant que mon adjoint complète son dossier,
J’évite l’embarras d’un silence grossier :
- « Ah oui, dis-je, l’auteur de notre Marseillaise… »
Comme j’aurais parlé de pluie ou du beau temps.
- « Oh ça je n’en sais rien, fait-elle mal à l’aise,
Moi je n’habite pas ici depuis longtemps ! »
***
À propos de la forme
L’épigramme est un poème bref, généralement fondé sur l’ironie, la satire ou le jeu d’esprit. Elle conduit le lecteur vers une pointe finale qui éclaire rétrospectivement l’ensemble du texte.
Dans La rue quoi ?, la forme dialoguée transforme une scène quotidienne en quiproquo : la référence culturelle à Rouget de Lisle se heurte à une réponse très pragmatique. La chute fait ainsi naître le sourire du décalage entre deux manières de comprendre un simple nom de rue.
Qui me rendrait visite avec soif ou dédain :
Pitié, ne rendez pas ma Muse furieuse
En vous appropriant les fruits de mon jardin !
Venez vous imprégner d’une douce atmosphère,
Goûtez sans retenue à mon émotion,
Mais sachez que jamais je ne laisserai faire
Si vous vous en prenez à ma création !
Ne me dérobez rien, soyez sincère, honnête
En respectant toujours le travail du poète.
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