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LA RÉPUBLIQUE LUNAIRE

LA RÉPUBLIQUE LUNAIRE

Pubblicato 18 mar 2026 Aggiornato 18 mar 2026 Humor
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CHAPITRE 1 : L'HOMME DE LA LUNE

Il s'appelle Édouard Cosmique, et le jour où il a été élu président de la République française, les astrologues auraient probablement dû lire dans les étoiles que c'était une grosse erreur. Malheureusement, personne ne les consulte plus depuis que l'État a décidé qu'écouter les astrologues, c'était un peu de la même veine que de croire aux promesses électorales.

Édouard Cosmique avait une particularité remarquable : il était complètement lunaire. Pas au sens littéral, même s'il aurait probablement aimé. Non, il était simplement ailleurs. Toujours ailleurs. Pendant que les Français parlaient de chômage, il parlait de ses débuts difficiles comme apprenti magicien à Neuilly. Pendant qu'on lui montrait les rapports économiques catastrophiques, il discutait de l'importance capitale de sa coiffure dans la diplomatie internationale.

Mais le plus remarquable chez Édouard Cosmique, c'était son rapport à l'argent public. Il le regardait comme un enfant regarde une vitrine de bonbons : avec envie, avec l'impression que c'était injuste que ce ne soit pas à lui. Sauf que lui, il avait les clés.

Dès son premier jour à l'Élysée, il s'était demandé : "Pourquoi les autres ont plein d'argent et pas moi ?" La réponse lui vint naturellement : "Parce que je ne le leur ai pas encore pris." Il se mit donc au travail.

Objectif numéro un : vider les caisses de l'État pour les remplir... eh bien, les entreprises en gros. N'importe lesquelles, du moment qu'elles parlaient de "disruption" et de "innovation". Un restaurant qui servait des burgers en verticale ? Cinquante millions d'euros. Une application qui permettait de commander des chaussettes sans quitter son canapé ? Cent millions. Une startup qui prétendait inventer une IA capable de respirer sous l'eau ? On n'en parlait pas, celle-là avait trop visé haut.

Pendant ce temps, la France s'appauvrissait tranquillement. Les routes se délitaient, les hôpitaux fermaient, les écoles ressemblaient de plus en plus à des châteaux hantés, mais Édouard Cosmique s'en fichait royalement. Il avait d'autres préoccupations, comme trouver du personnel pour son nouveau projet personnel : construire un mini-golf à l'Élysée.




CHAPITRE 2 : LA START-UP NATION : QUAND TOUT LE MONDE DEVIENT RIEN

Après avoir vidé les caisses, Édouard Cosmique s'était découvert une passion nouvelle : inventer des concepts économiques farfelus. C'est ainsi qu'était née la fameuse "Start-up Nation", sa grande vision pour la France.

L'idée était simple : transformer chaque Français en entrepreneur. Chômeur ? Tu deviens entrepreneur. Sans qualification ? Parfait, tu vas créer une application. Ouvrier ? Non, tu vas faire une startup de ouvriers numériques. Il y avait une beauté dysfonctionnelle dans cette logique tordue.

Le gouvernement se mit à marteler ce message sur tous les canaux : "Vous ne cherchez pas de travail, vous créez votre propre job !" C'était tellement beau, tellement simple, que presque personne ne remarqua que c'était une arnaque monumentale.

En trois ans, 89 % des Français avaient abandonné l'idée de chercher un emploi traditionnel pour se lancer en indépendants. Il n'y avait plus de salariés. Il n'y avait plus d'entreprises. Il n'y avait que des entrepreneurs tombant les uns sur les autres comme des dominos en carton mouillé.

Un ancien agent hospitalier vendait des bijoux en ligne, trois heures par semaine, et gagnait 200 euros mensuels. Une ancienne institutrice livrait des repas à vélo, gagnant 240 euros par mois quand il ne pleuvait pas. Un ingénieur aéronautique avait trouvé une activité très lucrative : il regardait YouTube sur YouTube, avec l'espoir que ça deviendrait un métier.

Mais le plus hilarant, c'était que personne n'avait d'argent pour payer ces services. Et c'était là qu'intervenait le génie du système : la CAF 36.

La CAF 36 (Caisse d'Allocations Familiales version paranoïaque) était devenue la vraie colonne vertébrale de l'économie française. Chaque entrepreneur gagnait environ 250 euros par mois avec son activité révolutionnaire, puis recevait 1800 euros d'allocations pour survivre. Le gouvernement avait trouvé la solution : au lieu de créer des emplois, on payait les gens à ne rien faire, officiellement. Mais comme ils avaient techniquement une activité, ce n'était pas du chômage. C'était de l'entrepreneuriat. C'était de la magie.

Édouard Cosmique trouvait ce système absolument merveilleux. Cela lui permettait de dire lors de ses allocutions télévisées : "Le chômage a baissé de 95 % !" Ce qui était techniquement vrai, puisque personne n'était plus au chômage. Tout le monde était entrepreneur. Même les gens qui ne vendaient absolument rien. Surtout eux, d'ailleurs.




CHAPITRE 3 : LES ENTREPRENEURS DEVIENNENT FOUS

C'est dans cette atmosphère délétère, entre les 250 euros mensuels et les allocations qui ne suffisaient jamais vraiment, que les premiers craquements commencèrent.

Les entrepreneurs français, autrefois des salariés tranquilles avec une paye régulière, s'apercevaient qu'ils n'avaient plus rien en commun. Fini l'esprit d'équipe. Fini la solidarité. À présent, tout le monde était rival. Tout le monde était vulnérable.

Dans une agence de communication parisienne reconvertie en coopérative d'entrepreneurs, les tensions montaient. Sophie, qui tentait de vendre du consulting en ligne en direct avec la concurrence de trente autres Sophies, commença à regarder ses anciens collègues comme des ennemis jurés. Thomas, qui avait transformé sa passion des pigeons en business plan (vente de graines de pigeon premium), voyait rouge chaque fois qu'un autre Thomas tentait de lui prendre sa clientèle.

Les réseaux sociaux professionnels devinrent des champs de bataille. LinkedIn se transforma en un vaste terrain de jeu pour micro-conflits absurdes. Les gens se donnaient des mauvaises notes sur des plateformes d'évaluation pour sabotager les activités des autres.

Puis, progressivement, la violence passa du virtuel au réel.

Ce commença par des incidents mineurs : quelqu'un jetait une chaise à travers un espace de coworking. Une femme agressait son ancien chef avec un clavier. Rien d'exceptionnel pour une époque ordinaire, mais la fréquence s'accélérait. Et puis les armes s'amélioraient.

Au début, c'étaient des boulets rouges. Littéralement. Des gens qui se battaient à coups de boulets rouges dans les cafés parisiens. Comment en était-on arrivé là ? Personne ne le savait vraiment. C'était juste que plus personne ne savait pas faire autre chose. C'était devenu le langage par défaut de l'entrepreneuriat français.

Les rues de Paris ressemblaient à un champ de bataille du 17e siècle en fin d'après-midi. Les cafés feraient leurs portes à 17 heures pile : "Chauffeurs de VTC à 17h30, pas avant 18h30", disaient les patrons. "Risque élevé de conflit interprofessionnel entre 17h30 et 18h."

En six mois, 50 % de la population active française avait besoin de soins psychiatriques. L'autre 50 % attendait son tour à l'hôpital.




CHAPITRE 4 : LE RÉVEIL DU MONSTRE XÉNOPHOBE

Pendant que les entrepreneurs se frappaient à coups de boulets rouges, quelque chose d'autre fermentait dans les quartiers. C'était plus sombre, plus viscéral.

La moitié de la population qui n'avait pas sombré dans la folie violente s'était tournée vers des idées encore plus délétères. Un certain malaise avait germé : la faute de tous ces problèmes, c'était forcément les étrangers. Et il y avait une femme parfaite pour cristalliser ça.

Elle s'appelait Sylvie Lepenitre, et elle avait un programme simple : faire peur. Peur des migrants, peur des Musulmans, peur des robots avec des noms étrangers, peur même des fromages importés d'Italie. Son slogan était aussi simple que son cerveau : "La France aux Français !" (même si personne n'était très sûr de ce que ça voulait dire exactement).

Et qui était son conseiller principal ? Son petit cousin, Hervé Lepenitre, connu dans les cercles politiques sous le surnom de "La Patate Chaude" pour sa tendance à prendre feu facilement lors des débats publics. Hervé avait deux expressions faciales : l'air confus et l'air très confus. Il parlait peu, mais quand il le faisait, c'était généralement pour dire quelque chose de monumentalement bête, genre "Les étrangers volent nos nuages !" ou "L'immigration, c'est une drogue créée par les Belges !"

Sylvie et Hervé, le duo de l'inquiétude, commencèrent à faire des meetings. Les gens venaient les écouter, parce qu'au moins, eux, ils parlaient clairement. C'était pas compliqué : c'était la faute des migrants. Pas la faute d'un système économique stupide qui avait transformé tout le monde en esclave des allocations ? Non, non. C'était les migrants.

Sylvie monta dans les sondages comme un ascenseur en feu. Elle criait plus fort que tout le monde, gesticulait, pointait du doigt, et avait un sourire permanent qui faisait peur. Elle promettait l'ordre, l'autorité, le renvoi des étrangers, et une France "aux Français". Ses cheveux blonds permanentés flottaient au vent pendant qu'elle hurlait dans les meetings. C'était magnifiquement terrifiant.

Mais attendez, il y avait encore mieux. Car Édouard Cosmique, conscient que sa popularité basait, avait eu une idée géniale : soutenir un type qui avait besoin de soutien.




CHAPITRE 5 : L'ANCIEN PRÉSIDENT REVIENT AVEC SES CASSEROLES

Au milieu de tout ce chaos, il y avait un homme : Frédéric Flopson. Un ancien président, autrefois powerful, maintenant affaibli par les scandales, les procès, les enquêtes sur ses comptes de campagne, et une ex-femme très en colère.

Frédéric Flopson avait un problème : il avait trafiqué ses comptes de campagne. C'était pas un léger ajustement. C'était un trafic de comptes de campagne franchement problématique pour se faire élire face à Martine Trésopierre, une candidate de 53 kilos qui parlait de social et de partage.

Or, Flopson avait l'étoffe d'un revenant politique. Il avait des scandales, des affaires, des cheveux bizarres, une tendance à dire des choses illégales tout haut, et une certaine présence télévisuelle. En gros, il avait tous les attributs d'un leader fasciste.

Et voilà qu'Édouard Cosmique, ne sachant pas trop quoi faire avec son impopularité grandissante, se dit : "Et si je soutenais Flopson ? Ça pourrait marcher, non ?"

Ça a marché.

À partir de ce moment, le pays s'était divisé de manière très simple : il y avait ceux qui voulaient voter pour Flopson (malgré ses casseroles évidentes), ceux qui voulaient voter pour Sylvie (la xénophobe), et ceux qui regardaient juste l'absurdité générale en se demandant si c'était un sketche caché.

Flopson faisait des meetings où il parlait d'anciens jours. "L'France était grande autrefois !" criait-il. "Et puis il y a eu les migrants ! Et puis les socialistes ! Et puis les migrants encore !" La logique était parfaite, dans sa circularité.

Ses supporters s'agenouillaient presque. Même avec les scandales. Même avec les preuves du trafic de comptes. "Oui, mais il dit ce qu'il pense !" répétaient-ils, comme un mantra. "Il dit ce qu'il pense !" (Il pensait manifestement des choses très, très bêtes, mais bon.)




CHAPITRE 6 : LE FILS DÉBARQUE DES ÉTATS-UNIS

Or, le moment où tout bascule vraiment arrive quand Maximilian Flopson Jr., le fils de Frédéric Flopson, débarque des États-Unis.

Maximilian avait passé quinze ans en Amérique à apprendre comment faire du business sans éthique ni morale. Il avait étudié auprès des meilleurs : des real-estate dealers, des influenceurs crypto, des YouTubers qui criaient dans des micros. Il était revenu en France avec une vision simple : le populisme, c'était juste du branding mal fait.

Il débarque à Orly avec un maillot "Make France Great Again" modifié en "Make Populism Great Again", et il commence sa tournée de soutien.

Partout où il allait, les gens étaient en transe. Il parlait avec un accent à moitié américain qui rendait tout plus cool. "You know what ? Your dad, he's doing the right thing ! The immigrants, we gotta stop them ! Build the wall !" sauf qu'il était en France, donc il changeait un peu : "Build the wall at Calais !"

Les jeunes, particulièrement, étaient fascinés. Ici était le fils de Flopson, revenant d'Amérique avec une vision nouvelle du populisme : le populisme 2.0, with WiFi et une app mobile.

Il créait des content TikTok en faveur du populisme. Il faisait du branding de l'autoritarisme populiste. Il transformait la haine en mèmes. C'était horrible, mais c'était efficace.

Et Édouard Cosmique, voyant le coup marcher, décidait de s'associer complètement avec Flopson et son fils. Le tandem des casse-cou politiques était maintenant officiel.




CHAPITRE 7 : EDMONDE LA MINISTRE

Pendant ce temps, personne ne pensait à ce qu'il faudrait vraiment faire : apporter une alternance politique, faire confiance à la gauche pour faire du social, remettre de l'ordre, rétablir les services publics, créer des vrais emplois.

Nope.

Au lieu de ça, Édouard Cosmique, en panique face aux manifestations menaçantes et au chaos ambiant, se dit : "Je vais nommer un premier ministre nouveau !"

Il choisit un certain Bernard Ministre, un type qui avait fait carrière en ne rien dire pendant trente ans. Il lui dit : "Bernard, tu es mon nouveau premier ministre. Tes responsabilités : réparer la France et faire l'unité autour de moi."

Bernard Ministre arrive le lundi à Matignon. Il regarde les dossiers. Il regarde les chiffres. Il regarde les rapports sur l'état du pays.

Et mercredi matin, il démissionne.

Pas de lettre dramatique. Pas d'explication. Juste un email : "Je démissionne. Cordialement, Bernard."

Édouard Cosmique ne l'accepte pas. Il appelle Bernard.

"Bernard, pourquoi tu t'en vas ?"

"Monsieur le Président, c'est une merde totale. La France est en ruines. Les gens se tapent dessus à coups de boulets rouges. 50 % de la population est fou, 40 % est raciste, et vous vous demandez si c'est un problème ?"

"Oui, mais tu peux pas partir. J'ai besoin de toi. Personne d'autre ne veut faire le job."

"Exactement !"

"Je te renomme premier ministre."

"Quoi ?"

"Tu es premier ministre. C'est décidé. Je le dis à la télé demain."

Et c'est comme ça que Bernard Ministre s'est retrouvé nommé premier ministre deux jours après sa démission. Il revint à Matignon avec l'air d'un homme condamné à mort.




CHAPITRE 8 : LA VAGUE COVID FRANKENSTEIN

Et là, au moment exact où c'était plus possible que ça soit pire, le destin décida que si, c'était possible.

Une nouvelle vague de COVID frappait la France. Mais pas une vague normale. Une vague génétiquement modifiée, créée accidentellement par un laboratoire français qui avait voulu améliorer le virus initial en le croisant avec un rhume normal pour que les gens soient "un peu malades, mais pas trop".

Le résultat ? Un virus qui rendait les gens extrêmement malades, extrêmement contagieux, et qui donnait une envie irrépressible de tousser exactement au moment où on parlait à quelqu'un d'important.

Édouard Cosmique toussa à la télévision le jour même où il déclara "Je prends la situation en main !"

Bernard Ministre tousa en signant les décrets d'urgence.

Flopson toussa pendant ses meetings fascistes.

Maximilian Jr. toussa tout en créant du contenu TikTok ("Guys, this COVID is literally capitalism winning !", toussotait-il).

Sylvie Lepenitre, elle, refusait de tousser. "Je ne tousse pas ! C'est un complot migratoire !" hurlait-elle, tout en toussant très visiblement. Ses gesticulations devenaient encore plus frénétiques, ses cris encore plus aigus.

Tout le monde toussait. Les rues étaient remplies de gens qui toussaient en se jetant des boulets rouges. Les Français toussaient en s'engueulant. Ils toussaient en votant pour les fascistes. Ils toussaient en remplissant des formulaires à la CAF 36.

Les hôpitaux, ce qui en restait, étaient saturés. Les médecins soignaient des gens qui toussaient en les répliquant avec des piqûres de vitamines parce qu'il n'y avait plus de vrais traitements. Les pharmacies étaient fermées, les pharmaciens toussaient dans leurs masques défaillants.




CHAPITRE 9 : LE SÉISME POLITIQUE

Au cœur de cette pandémie de folie généralisée, Édouard Cosmique, assis à l'Élysée et toussant dans un mouchoir blanc, regarda les sondages.

Flopson montait. Sylvie Lepenitre montait. Les fascistes montaient. Les sondages que personne ne comprenait plus montaient.

"Bernard, je dois faire quelque chose," dit Édouard Cosmique.

"Vous avez pas pensé à faire confiance à la gauche ? À faire du social ? À rétablir les services publics ?" demanda Bernard Ministre, qui toussait maintenant régulièrement.

"La gauche ? Ha ha ha ! Non, je pensais plutôt à... relancer une campagne publicitaire sur la start-up nation."

"Mais Monsieur le Président, c'est ce qui nous a mis dans cette situation..."

"Exactement. Alors, ça va marcher."

Ce fut à ce moment que la France bascula vraiment. Les ultimes vestiges de rationalité politique disparurent. On avait dépassé le point de non-retour. Désormais, c'était juste une question de voir où ça allait tomber.




CHAPITRE 10 : LES ÉLECTIONS

Arrive finalement le jour de l'élection. Le jour où la France devait choisir.

Option A : Édouard Cosmique, le président lunaire qui avait vidé les caisses et transformé chaque Français en entrepreneur malheureux gagnant 250 euros par mois.

Option B : Frédéric Flopson, l'ancien président avec les casseroles judiciaires, supporté par son fils tiktokeur.

Option C : Sylvie Lepenitre et son cousin débile, qui promettaient de résoudre tous les problèmes en blâmant les migrants.

Il n'y avait pas d'Option D. Il n'y avait pas de gauche. Elle était morte, rongée par des querelles intestines sur Twitter.

Les Français votèrent donc. Et voici le résultat que nul n'aurait jamais pu prédire : 34 % pour Flopson, 33 % pour Sylvie Lepenitre, 30 % pour Édouard Cosmique, et 3 % pour quelqu'un qui avait écrit "Lapin Blanc" sur son bulletin de vote par erreur et avait quand même fait un score décent.

C'était un triangle amoureux politique, où personne n'aimait personne, mais chacun toussait sur les autres.




CHAPITRE 11 : LA COALITION DU CHAOS

Après les élections, il fallait former un gouvernement. C'était là que les vraies merveilles commencèrent.

Édouard Cosmique s'était dit : "Je vais me rapprocher de Flopson. On peut s'arranger."

Flopson s'était dit : "Je vais m'arranger avec Sylvie. Elle a des électeurs."

Sylvie s'était dit : "Je vais faire une alliance avec le cousin débile."

Et comme ça, on avait une coalition. Une coalition qui ne croyait en rien, ne savait rien faire, et qui avait juste en commun le désir de rester au pouvoir et de s'en mettre plein les poches.

Bernard Ministre regarda ça, toussant légèrement.

"Je démissionne," dit-il simplement.

"Non, tu restes," dit Édouard Cosmique.

Et c'est comme ça que Bernard Ministre devint le symbole vivant du chaos français : un mec qui voulait partir, qui avait démissionné deux fois, mais qui était forcé de rester, renommé premier ministre par un président lunaire qui ne comprenait rien à rien.




CHAPITRE 12 : L'ORDRE NOUVEAU

Avec cette nouvelle coalition au pouvoir, les choses s'aggravèrent. Flopson voulait renforcer la police. Sylvie voulait expulser les migrants et prendre des pouvoirs absolus. Édouard Cosmique voulait une nouvelle campagne publicitaire sur la start-up nation 2.0 ("Cette fois, même sans internet !").

Les premières mesures furent édictées : fermeture des frontières, arrêt des allocations pour les "non-entrepreneurs sérieux", et un grand plan de construction de murs.

Oui, des murs. Partout. Il y avait un mur à Calais, un mur à la gare de Lyon, un mur autour du ministère des Finances pour que personne ne voie où allait l'argent.

Bernard Ministre signait les décrets, toujours toussant, toujours déprimé.

Les gens dans les rues? Toujours en train de se battre à coups de boulets rouges. La vague COVID persiste? Absolument. Les gens gagnent toujours 250 euros par mois? Mais oui, c'est devenu le salaire de base maintenant, même sans allocation.




CHAPITRE 13 : L'ABSURDITÉ EN SPIRALE

L'absurdité atteint des sommets jamais vus. Un jour, Édouard Cosmique déclara que la solution au chômage était de faire des Olympiades du télétravail. Un autre jour, Sylvie Lepenitre proposa d'élire les ministres par jeu télévisé.

Maximilian Jr. créait des vidéos YouTube sur comment "disrupter le fascisme". Hervé Lepenitre, le petit cousin débile, avait trouvé une nouvelle théorie : l'argent était une invention des extra-terrestres pour contrôler les esprits. Curieusement, il avait des followers.

Les 50 % de la population qui n'était pas fou était devenue complètement apathique. Ils votaient fasciste, mais sans vraiment y croire. Comme voter pour un mème géant qui contrôlerait le pays. C'était absurde, mais c'était devenu normal.




CHAPITRE 14 : L'ÉPILOGUE PRÉVISIBLE

Puis, une nuit, Édouard Cosmique reçut une lettre. Elle venait de son ministre de l'Économie, qui avait arrêté de compter à partir du moment où la France avait atteint le chiffre de "complètement ruinée".

La lettre disait juste : "Monsieur le Président, c'est fini."

C'est fini quoi ? On ne savait pas vraiment. C'est fini la France? C'est fini la cohérence politique ? C'est fini l'argent ? Probablement les trois.

Édouard Cosmique regarda la lettre, puis regarda par la fenêtre de l'Élysée. Dehors, les gens toussaient, se battaient, votaient pour des fascistes, gagnaient 250 euros par mois, et attendaient les allocations de la CAF 36 comme des morts attendaient le paradis.




CHAPITRE 15 : LA FIN (OU LE DÉBUT DE QUELQUE CHOSE DE PIRE)

Et puis, un matin, il n'y eut plus d'électricité à l'Élysée.

Personne n'avait payé les factures parce que tout l'argent avait été redistribué aux startup et/ou volé. Les générateurs de secours ne fonctionnaient plus, usés par deux ans d'utilisation continue.

Édouard Cosmique s'assit dans le noir, à Matignon, toussant doucement. Bernard Ministre était partie. Officiellement, il avait enfin réussi à démissionner. Officieusement, il s'était enfui en Suisse en fake Uber.

Flopson s'était retrouvé en prison pour un truc complètement différent du trafic de comptes (il avait essayé d'acheter une île à crédit sans payer).

Sylvie Lepenitre gouvernait maintenant, avec son petit cousin débile comme vice-ministre. Maximilian Jr. avait créé une app pour tracker les immigrants. L'app était devenue si populaire qu'elle crashait le serveur du gouvernement deux fois par semaine.

Les Français, toujours en train de tousser, avaient arrêté de se battre à coups de boulets rouges. Ils étaient trop fatigués. À la place, ils s'ignoraient juste mutuellement et attendaient que quelque chose de pire arrive.

Et quelque chose de pire arrivait.

Car pendant ce temps, un homme, sorti de nulle part, qui parlait de social, de partage, d'égalité, commençait à faire des meetings. Cet homme s'appelait Gérard Mandelbrot. Il avait une Médaille de Fields. Il avait contribué à résoudre l'Hypothèse de Riemann en 2019. Il était un génie mathématique internationalement reconnu.

Et il se baladait en pyjama rayé bleu et blanc et en chaussons.

Oui, en pyjama. Tous les jours. À tous les meetings politiques, il débarquait en pyjama et chaussons. Il expliquait son programme économique en utilisant des formules mathématiques que personne ne comprenait. "Si on considère la France comme un ensemble de points de bifurcation dans un système complexe dynamique, on peut établir un équilibre de Nash qui favorise la redistribution des ressources..." Puis il ajustait ses chaussons et prenait une gorgée de lait.

Les gens le regardaient bizarrement. C'était quoi, ça ? Un politicien qui parlait de solutions mathématiques ? En pyjama ? Qui disait qu'il fallait faire confiance à la gauche ? Qui proposait un vrai programme économique utilisant la théorie des jeux et la topologie algébrique ?

Et le pire, c'était que ça marchait. Ses solutions étaient logiquement impeccables. Son raisonnement était irréfutable. Malheureusement, il était aussi incompréhensible pour 99,9% de la population.

"Je propose de diviser les allocations selon la démographie de Voronoi pour optimiser l'efficacité d'allocation des ressources," disait Gérard en arrangeant ses chaussons qui glissaient.

"Gérard, peux-tu juste dire en français normal ?" demandait un journaliste.

"C'est du français normal. En quoi diviser l'espace selon les diagrammes de Voronoi n'est pas clair ?" répondait Gérard en se grattant la tête, son pyjama bleu remontant légèrement.

Les sondages commencèrent à s'intéresser à ce type fou en pyjama. 2% des intentions de vote. Puis 5%. Puis 8%. Les gens commençaient à penser : "Ben, il est bizarre, mais au moins il sait compter. Contrairement aux autres."

C'était dangereux.

C'était une menace.

C'était peut-être... l'alternance politique.

Édouard Cosmique voyant Gérard Mandelbrot en pyjama faire monter ses scores, appela d'urgence ses conseillers. "Qui c'est ce type ? Il porte un pyjama ! Comme en pyjama POUR VRAI !"

"C'est un mathématicien, Monsieur le Président. Il a une Médaille Fields."

"Une quoi ?"

"La plus haute distinction en mathématiques, Monsieur."

"Mais... il est en PYJAMA !"

"Oui."

Flopson fit la même constatation. "C'est un communiste en pyjama ! C'est exactement ça que je disais !"

Sylvie, elle, était confuse. "Attendez, il faut l'expulser ? Il porte des chaussons, c'est des armes ?"

Et sur ce, Édouard Cosmique, Flopson, Sylvie, et tous les autres se levèrent ensemble pour dire : "Non, pas ça. Un mec en pyjama qui parle de théorèmes. N'importe quoi sauf ça."

Mais il était trop tard. Gérard Mandelbrot montait dans les sondages. Pas parce que les gens comprenaient ses théories. Mais parce qu'après des années d'avoir des politiciens en costards qui mentaient comme des arracheurs de dents, un mec honnête en pyjama qui disait la vérité mathématique, c'était devenu cool.

Son slogan était simple : "Les mathématiques ne votent pas. Elles sont justes."

Les jeunes aimaient. Les vieux trouvaient ça rafraîchissant. Les sans-abris le voyaient en pyjama et se disaient que c'était un des leurs, mais en mieux.

Une semaine avant l'élection, Gérard fit un grand meeting au Stade de France. Il monta sur scène en pyjama rayé, chaussons aux pieds, avec un présentoir de diapositives mathématiques derrière lui.

"Voici comment restructurer l'économie française selon les principes de la théorie des graphes," commença-t-il.

La foule acclama. Pas parce qu'elle comprenait. Juste parce qu'enfin, quelqu'un parlait sérieusement.

Les élections arrivèrent. Et pour la première fois en trente ans, il y eut de l'espoir. Gérard Mandelbrot en pyjama était à 35% des intentions de vote.

Et là, Édouard Cosmique, Flopson, Sylvie, le cousin débile, Maximilian Jr., et même Bernard Ministre (qui avait émergé de Suisse) firent une dernière tentative.

Ils lancèrent une campagne massive : "Vous allez vraiment voter pour un mec en pyjama ?"

Et vous savez quoi ? La France répondit : "Ouais, pourquoi pas ? Au moins il ne nous fout pas de COVID frankenstein et ne vide pas les caisses."




FIN

(Gérard Mandelbrot gagna. Il gouverna la France en pyjama pendant sept ans. L'économie devint impeccablement logique, personne ne comprenait rien, mais au moins ça fonctionnait. Et voilà comment la France fut sauvée par un mathématicien en chaussons.)





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