Ozzy

Décris seulement, n'explique pas. — Ludwig Wittgenstein.
Ozzy. Ce n’est pas juste un animal domestique posé sur une table en bois ; c’est une présence, un gardien lourd, presque spectral, qui émerge de l’obscurité absolue. J’ai pris cette photo en couleur, puis je l’ai éditée en noir et blanc parce que la couleur ment. La couleur distrait. Je voulais capturer cette intensité brute, ce regard féroce et d’une lucidité terrifiante qui semble lire à travers la viande et les os. Il y a une royauté sauvage dans sa fourrure ébouriffée, quelque chose d’antique.
Ozzy n’obéit à rien, surtout pas aux appels. C’est un chat au caractère particulier, rétif, insaisissable. Plus tu le cherches, plus il s’éloigne. C’est lui qui décide du moment et de la manière dont il va surgir derrière toi, comme un fantôme familier. La nuit appartient à ses démons. Chaque matin, lorsqu’il franchit enfin le seuil, son corps porte les stigmates d’une guerre invisible.
Cette photo a été prise précisément l’un de ces matins, juste après le combat, alors que l’aura de la bataille rôde encore autour de lui.
Puis, il a fallu que je blesse l’image. Que je la retouche, que j’y jette ce trait noir, comme un graffiti sur un temple.
J’ai dessiné cette silhouette féminine, ce symbole stylisé avec son auréole de rayons. Pourquoi ? Parce que la force brute d’Ozzy, cette puissance animale et masculine de la nuit, me semblait incomplète. Vide, au fond. En y superposant cette figure divine et archétypale, j’ai voulu créer un choc, une réconciliation violente. C’est le principe féminin, la création, la rédemption, la douceur qui accueille la douleur du monde, gravé à même la poitrine du prédateur.
Le trait est brut, presque enfantin, comme du charbon de bois gratté sur un mur. Les bras sont ouverts. C’est une posture d’accueil absolu, ou de sacrifice. En plaçant ce symbole sur lui, j’ai l’impression d’avoir révélé ce qui se cache sous la fourrure et les griffes : une vulnérabilité sacrée, une déesse silencieuse qui habite le monstre. J’ai édité cette image pour cesser de séparer ce qui nous déchire. La bête et le divin, l’ombre et la lumière, l’instinct qui tue et l’amour qui pardonne. Tout est là, sur ce morceau de bois, dans la lumière de la cuisine.
Vous pouvez acheter la version imprimée de cette image, ainsi que d’autres photographies et créations que j’ai réalisées, publiées sur 1x.com après sélection par des critiques : https://1x.com/rawdato
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Commento (1)
Alexandre Leforestier 7 minuti fa
J’ai bien vu le problème d’affichage sur cette publication en mode Mobile, Je l’ai déjà signalé et nous allons de nouveau investigue parce que je me rappelle plus qu’elle en était la cause c’est déjà arrivé et on revient vers vous. pouvez-vous préciser si vous avez fait un copier coller depuis Word Microsoft et si possible quelle version ?