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Mine d'or (Ch2)
Fiction
Adventure
calendar Pubblicato 17 ago 2026
calendar Aggiornato 17 ago 2026
time 16 min
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Mine d'or (Ch2)

Ami lecteur, j'espère que tu es

toujours là, si c'est le cas, avant de

reprendre mon histoire, je te le

rappelle.

Je suis un stylo, je suis une

réincarnation, je suis réel et je vis.

Étant donné que mon histoire se lie

à un personnage principal, nous

appellerons le jeune homme,

« Sébastien ».


Sébastien, âge de 19 ans, était assis

sur un tabouret au fond du

comptoir, j'avais eu le privilège ,

grâce à la mode à ne plus être dans

une poche mais dans une sacoche en

bandoulière, l'intérieur était chaud

et confortable, Mr Calepin gris était

toujours à mes côtés.


Sébastien lisait le journal, la serveuse

lui mit le café sur le comptoir et elle lui

glissa un petit mot sur un morceau de

papier.

Sébastien fut surpris de cet intérêt à son

égard, il se sentait abîmé.

La fierté venant lui chatouiller son ego

il dégaina son stylo, il me sortit de la

sacoche, comme un sabre de son étui.

J'ai passé l'après midi à échanger des

petits mots de questions et de réponses

J'ai essayé tout simplement de

transmettre à mon interlocuteur , le

plaisir d'écrire sans retenue.

Je voulais que Sébastien soit conscient de

ce bien-être, dans ses mains, j'étais

comme un dauphin dans l’océan

pacifique .


Au plus, j'évacuais, sa peine, je liquéfiais

mon encre, je répandais sur ces

brouillons mon intégrité, cette

communication était magique.

A chaque mot que je déposais , les deux

visages de tes semblables rayonnaient de

joie, de bonheur, de passion.

J'en avais sûrement trop fait dès

leur première rencontre . Au fil du

temps Sébastien n'avait plus la même

raison, au plus la relation de ces deux

individus était proche et au moins

Sébastien me partageait son temps.

J'étais à ses cotés, je devais presque

caresser son ego dans le bon sens, même

avec moi le partage perdait son sens .

Il devenait bien trop amoureux.

Je me souviens de ce jour, il me serra fort


dans la paume de sa main et il me posa

délicatement dans cette boite verte ,

c'était son coffre à souvenir, je faisais

partie de ses pensées du passé. Jusqu'à là,

tout se résumait à un carton à chaussures

A l'intérieur, je n'étais pas seul,

il y avait une lettre, que moi-même avait

coloriée pour sa mère, il y avait quelques

photographies de ses idoles sportives,

quelques billets d’événements, des clichés

des membres de sa famille, une photo du

domaine, des textes de son frère qui était

désormais un engagé militaire, et il y

avait même un briquet.

A quelques choses près , j'étais dans une

soupière , sauf que ce lieu à ses yeux était

plus respectable.


Deux jours que j'étais plongé dans le noir


absolu, me semblait-il car j'avais déjà

bien du mal à me faire une notion de

temps.

J'entendis un téléphone :

« Comment vas tu » Sébastien disait à son

frère.

« bien et toi ?

-ça va nous avons bien aménagé

- tu es heureux alors ?

- oh oui ! Et tu sais un jour , je partirai à

la montagne , écrire des livres .

- c'est tout le mal que je te souhaite. »

termina son frère.

D'entendre ces mots me laissa une lueur,

un espoir.

Je ne savais pas si cette boite allait

devenir mon cercueil ou mon recueil.

Je me sentais pris au piège, je perdais de

vue ma vocation, J'essayais de garder


mon encre froide. Je m'armais de

patience, l'attente finissait par être

interminable.

Pas la moindre lueur était percevable

j'étais en train de perdre mon corps, cette

forme cylindrique et longue, cette

enveloppe qui permettait à mon âme de

véhiculer. Il n'y avait plus de mots, j'étais

en pleine famine. Mon corps raide et

droit sécha laissant aucune espérance,

mon âme dans le silence ne quitta pas la

boite et mon corps céda, il n'était plus

fonctionnel.

Des mois, des années, aucune idée, j'étais

en hibernation, dans un coma profond,

une mort cérébrale, mon artère fémorale

bouchée, j'étais condamné.


Une lumière fut si intense que je ne

pouvais pas la regarder, comme un

nuage, elle se dissipa doucement, des

formes commençaient à apparaître, ma

vision mon regard n'étaient plus

positionnés dans le même angle de vue,

je ne discernais plus de l'intérieur, mais

de l'extérieur, le voile évaporé, je vis

Sébastien assis devant une table basse, un

endroit, un lieu, que je ne connaissais

pas, la boite à souvenir était face à lui.

Je le regardais soulever le couvercle, il

avait ouvert la boite, de là haut, la masse

corporelle, mon outil de téléportation

était allongé et inerte, je vis Sébastien le

saisir, il le sortit et le mit devant lui, il

était en train de l'entamer de l'avant .

Mon corps subissait des coups de scalpels

délicats pour ne laisser aucune balafre.


Il sortit mon artère principale, j'étais en

pleine chirurgie...


En salle de réveil, j'ouvris un œil, mon

âme avait repris sa place dans son corps

céleste. Le premier visage fut celui de

Sébastien, le temps avait laissé des traces,

cinq , voir six années étaient passés.

Sébastien était un homme.

Ma tenue en main avait été repensée, ma

mine luisante était en argent, deux

simples mots m'avaient permis de me

rétablir.

J'avais calligraphié sur un répertoire nu

et vierge :


« Marche ou crée ».


Nous étions dans un petit cabanon


provençal, une grande prairie verte, des

lapins, des poules, des pieds de tomates,

un hamac.

Une trentaine de mètres carrés, une

nécessité pour vivre raisonnablement.

Un confort, un environnement, ouvert

vers la nature,

Sébastien ne portait plus la souffrance

comme quand je l'avais laissé.

Il avait grandi et savait désormais la

modérer. J'étais ravi, je n'étais pas seul a

avoir fait peau neuve.

Nous avions besoin de nous retrouver, je

ne voulais pas rattraper le passé, cela

aurait été une perte de temps, on devait

se nouer au présent, être en vie comme

vivre l'instant. Ma place était dorénavant

dans cette poche à hauteur de cœur, A

l'air libre et contre sa poitrine.


Boum......Boum......Boum , son rythme

cardiaque avait évolué, lent et fort à la

fois. Nous sommes montés dans une

petite citadine grise, elle n'avait pas plus

de quatre chevaux, il n'y avait plus cette

basse vibrante, mais un fond musical de

variété française.


Nous avons pris un petit morceau

d'autoroute et une route de campagne,

nous avons traversé quelques villages

provençaux et nous nous sommes arrêtés

devant un office notarial

Quelques minutes en salle d'attente et j'ai

vu arrivé la serveuse, ses traits de visages

étaient tirés, elle avait maigri, elle me

laissa l'impression d'une femme

dépressive. Nous sommes rentrés dans le

bureau du notaire, il était tout en verre et


il était préférable de l'ordonner, car de

l'extérieur, on pouvait voir tout son

intérieur. C'est des détails comme cela

qui parfois raisonnent l'esprit de tes

semblables. Son visage neutre et

impassible Sébastien me prit entre ses

doigts et il grava un acte de vente d'une

calligraphie chinoise affirmée d'un point

pour la clôturer. Je constatais que j'avais

changé sa signature. Je ne savais pas si

Sébastien avait de la rancœur, mais nous

sommes partis, sans un regard et sans un

mot à l'égard de la serveuse. Nous avons

pris la route et sommes allés dans un

nouveau dépôt, il n'y avait plus les

mêmes employés ni les mêmes

employeurs.

Sébastien récupéra une voiture de

fonction, j'étais toujours dans cette poche


proche du cœur, je ressentais toutes les

émotions de Sébastien à travers

l'alternance de son battement . Je

l'accompagnais très souvent dans ses

déplacements, je constatais que Sébastien

passait de longue journée avec des

tournevis, des clés et des pinces entre les

mains.

Après chaque intervention, sur ma

nouvelle silhouette aérodynamique, ses

doigts pleins de graisses glissaient.

J'étais moi aussi tributaire de ses journées

de travailleur. Je devais établir des bons,

des factures, des devis, malgré la

douceur, de ses doigts lubrifiés, sur ma

peau, je ressentais aucune vibration,

aucun, plaisir à tacher ses feuilles. Il n'y

avait aucune créativité, comme

beaucoup des tiens nous marchions.


En fin de journée, nous sommes rentrés

au cabanon, il me déposa à côté de nos

échanges de la veille, il prit une douche

et mangea une assiette de tomate, huile

d'olive. Sébastien éteignit la télévision , le

téléphone, il rangea les télécommandes,

j'étais seul avec lui capable de le

télé-porter

Les premières lignes que nous avions

partagées étaient :


Lecteur !

Écoute bien, écoute le silence.

Le silence n'est pas sans bruit.

C'est tellement rare que je puisse

l'écouter, mais quand il est là, il est bon

de l'entendre.


Après les journées sans intérêt, je passais


des nuits à chercher sa vérité.

Sébastien partait à la rencontre de son

être, la forme de mes mots calquait son

soi et il était libre de constater le reflet de

son ego

La nuit fut courte , je n'étais pas bien

réveillé, Sébastien les mains pleines

d'outils, on devait assumer notre journée.

Vers 9 h , nous avons rangé la voiture à

l'entrée du port de la ville, Sébastien se

rendit sur le côté du port prêt à

embarquer dans un ferry-boat.

« mais où allons-nous ? Sébastien n'a pas

d'outils » . Je m'interrogeais.

Après cette petite traversée sympathique,

direction en piéton, le palais de justice,

Dans le grand hall, nombreux étaient tes

semblables. Je vis arriver encore la

serveuse, elle dit bonjour à Sébastien sans


aucune bise , sans aucun touché de

mains, ses traits de visage étaient moins

tirés, nous sommes rentrés dans un

bureau, la hauteur de plafond était

énorme. Entrelacé dans ses doigts huileux

Sébastien signa son divorce.

A la sortie du tribunal, son ex-femme, le

regarda est dit :

« tu as le temps de boire un café ? »

« non , j'ai le ferry à prendre » répliqua

Sébastien .

Sur le bateau, le cœur de Sébastien

ralentissait comme s'il faisait en sorte

d'être en paix avec lui-même.

J'étais administrateur la journée, je

devenais créateur les nuits tombées. A

cette époque Sébastien et moi passions

des nuits courtes, au point de rater

quelques matinées d'embauches .


Sébastien avait tendance à me laisser seul

au cabanon les week-ends. Je ne savais

pas où il allait, mais j'avais ma petite idée.

Avec ma mine d'argent, j'ai passé de long

mois, à tracer les contours de l'ego de

Sébastien.

Je répandais une écriture zen, où les

pleins et les vides, les rires et les pleurs,

où les contraires s’emboîtaient pour ne

faire qu'un. J'exprimais une sensibilité,

celle de l'immédiateté, de la quotidienneté

et de l'instantané.

« Marche ou crée » fut un véritable

brouillon, nous étions trop généreux dans

notre créativité et n'étions pas

suffisamment justes.

Sébastien avait partagé cette œuvre avec

quelques intimes, le sentiment des siens

pouvait se résumer en trois mots :


« Bof, c'est bien, continues », ce n'était

pas une critique littéraire, mais une

réalité.

Ce partage avait assoupi l'esprit de

Sébastien, il pouvait regarder derrière, le

passé ne le blessait plus.

Je n'avais vraiment pas envie d'arrêter ma

créativité, j'avais encore de l'encre en

réserve.

Ce week-end là , il me garda avec lui,

nous avons fait deux heures de route en

direction des montagnes du sud-est. Le

temps bien ensoleillé, nous nous sommes

rendus dans une agence immobilière.

J'ai paraphé l'achat d'un appartement et

nous nous sommes baladés deux jours en

montagne, contre sa poitrine, je m'y

projetais déjà.


Boum Boum......Boum Boum.....Boum

Boum

De retour au cabanon, nous avons écrit

une lettre de démission et Sébastien la

remit à son employeur dès le lendemain

matin.

J'attendais impatiemment la fin de son

préavis, quelques mois et nous posions

nos affaires à la montagne.

De savoir que j'allais écrire jour et nuit

pour une quête de bien être, j'étais une

plume épanouie.

Mais , plus, les semaines à la montagne

passaient, et moins je trouvais ma place.

Sur le bureau à côté d'un ordinateur, je

regardais Sébastien créer en tapotant sur

un clavier, je devenais un preneur de

notes, j'étais un stylo inassouvi.

Le numérique était une évidence, il avait


pris une place si importante que dans

l'esprit des tiens, il devenait déjà un

consommable.

Cette nouvelle communication de tes

semblables faisait de nous, les stylos, une

race en voie de disparition, la seule

chance que j'étais sûr d'obtenir, je devais

rester proche de Sébastien pour

demeurer une espèce protégée. Avec ma

mine d'argent, même si je n'étais pas seul,

j'avais tout de même participé à la lignée

de sa créativité, « Brin de recueil »

naissait et il était suivie de « l'éveil

d'écrire ».


Une année que j'ai partagée seulement à

mi-temps.

Je me contentais de ça, car je voyais bien

Sébastien qui constatait que l'écriture


devait être réinventée.

Il ne s'agissait plus d'être écrivain

hors pair ni d'être un écrivain en herbe.

Le clavier ne pouvait pas lui offrir ma

fluidité, Sébastien devait encore prendre

en maturité, pour se rendre compte des

capacités de ma mine.

Même si la communication avait déjà

varié, je détenais dans mon encrier le

secret d'une lecture populaire, Sébastien

avait l'esprit et l'idée, mais sans moi entre

ses mains, il était parasité.

Une année au cœur des saisons et des

montagnes était passée, notre créativité

avait donné un sens à la vie de Sébastien,

il a toujours eu cela en lui, mais j'avais été

jusqu'à là comme une baguette magique.

A chaque aphorisme frappé, d'un coup de

baguette, j'éclairais sa foi et il faisait le


plein d'essence, et je parle bien ici d'une

essence qui est la nature intime d'un être

ou d'une chose.

Je regardais le modernisme prendre toute

la place, prêt à exterminer tous les miens,

un tsunami coréen, une espèce qui

partage le même principe d'échanges et

de communication que moi. Pouvait-elle

m'effacer de la toile ?

J'étais aussi tactile, mais pas de la même

manière.

C'était déplorable de le voir créer sans

moi

Malgré la magie, Sébastien manquait

d'échange, l'absence d'une épaule

féminine demeurait pesante, Sébastien

me mit de côté dans un bel étui nappé de

velours, un peu comme un cercueil.

Sébastien avait besoin de reconstruire, de


bâtir, un amour. Écrire ne suffisait plus à

Sébastien. Quand j'ai vu rentrer cette

jeune femme dans l'appartement, il était

préférable pour moi de rentrer en

méditation, allongé dans cet étui, je

devais laisser Sébastien aimer.


Fin du chapitre « Deux »


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