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des franges d'altérité
Non-fiction
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calendar Publié le 21 oct. 2026
calendar Mis à jour le 21 oct. 2026
time 3 min
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des franges d'altérité


Maintenant le moment est venu d’une brève incise de nature métaphysique. Si Pas de deux apparaît selon deux silhouettes coexistantes, simultanées, ce qui ne saurait bien évidemment s’inscrire dans le tissu serré du Réel, il faut en tirer quelque enseignement théorique qui pourrait bien éclairer le champ toujours mystérieux des oppositions fondamentales du Même et de l’Autre. En pure logique, aucune Identité ne pourrait, tout à la fois, être identique à sa propre essence, en différer radicalement en occupant une place Autre que la sienne propre. En clair : Pas de deux n’a nulle possibilité d’être Soi et une Autre. Et, cependant, ceci est-il si affirmé que la réalité veut nous le faire croire ? N’y a-t-il pas en Nous, à l’intérieur même de notre site existentiel, des marges, des franges d’altérité qui nous déportent de qui-l’on-est, sinon pour nous rendre différent, du moins pour nous amener à figurer ici de telle manière, plus loin de telle autre qui n’est plus le même territoire que celui qui précédait, ce qu’il faut bien nommer la « métamorphose ».

Car si notre quête d’identité est quasi obsessionnelle, tellement nous sommes attachés à une image de Nous-Même qui ne diffère nullement, qui nous pose à la manière d’un étalon de platine, nos fondations internes tremblent constamment sur un sol mouvant, si bien que nous pouvons être, successivement, des décalques de-qui-nous-sommes, certes à l’insensible variation, mais des sortes de « bougés » de « tremblés » au gré desquels nous avons bien le sentiment intrinsèque que quelque chose a eu lieu, que seul un lexique différent pourrait nommer. Or toute substitution selon l’axe paradigmatique est signifiante. Si je dis : « Pas de deux est lumière », puis aussitôt : « Pas de deux est mouvement », ou bien : « Pas de deux a les yeux fermés », à gauche de l’image, puis, à droite de la même image : « Pas deux a les yeux ouverts », on voit bien que la modification de la prédication est, en même temps, de facto, modification de la signification et, en définitive modification ontologique de Pas de deux, en ses donations successives. Elle est donc elle-même, mais en ses différences apparitionnelles. Ce qui veut simplement dire que notre réalité, que nous pensions immuable, fixe, définitive est, a contrario, instable, traversée du flux et du reflux de la vie qui modèle, façonne sans cesse les modalités de notre être-au-monde. Je ne suis tel que je suis qu’à être différent, qu’à me donner selon un nombre infini d’esquisses, lesquelles sont inépuisables, tout comme l’existence qui se renouvelle d’instant en instant.

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