Chapitre 1
L’air chaud entrait doucement par la fenêtre lorsque Cassie s’éveilla. Elle resta un moment allongée dans son lit à regarder les poussières qui brillaient comme des paillettes dans la lumière du matin, puis elle se leva. Elle s’étira, enchaîna avec des mouvements fluides les différentes positions de yoga qui réveillaient ses muscles délicatement chaque matin. Elle sirota son thé doucement en lisant, les ombres mouvantes défilants sur ses pages. Lorsque les ombres se firent de plus en plus fréquentes, elle soupira, referma le livre et avala la dernière gorgée de sa tasse. On arrivait bientôt à l’heure de pointe, elle devait se dépêcher si elle ne voulait pas attendre trop longtemps que les lignes se libèrent.
Elle sortit en prenant soin de ne pas claquer la porte trop fort et monta les escaliers sur la pointe des pieds. Ses voisins n’étaient pas pénibles, mais elle préférait toujours entretenir des rapports cordiaux à défaut d’être amicaux. Elle avait la chance d’habiter la colline de Montmartre, ni la meilleure ni la pire des sept collines, mais elle n’habitait pas dans le centre au moins. Elle avait un petit deux pièces qui correspondait parfaitement à ses besoins, et les voisins ne demandaient rien. Arrivée sur le toit, Cassie sortit sa carte d’accès au réseau et la présenta à la machine, qui lui céda le passage avec une petite lumière verte. Elle s’inséra dans la queue des gens qui transitaient par son immeuble et commença à décrocher ses mousquetons. Lorsque vint son tour, elle les accrocha à sa ligne, s’assit dans son baudralon et se laissa glisser vers l’immeuble suivant. Elle atterrit quelques étages plus bas, et remonta sur le toit pour continuer son chemin vers un autre immeuble ou elle recommença la manoeuvre.
Le soleil était déjà chaud sur son visage, mais l’air déplacé par le mouvement rendait le déplacement agréable. Quatre immeubles plus loin, Cassie remit ses mousquetons aux passants de son baudralon et se dirigea vers les escaliers. Elle sourit à Franck, qui lui rendit son sourire comme tous les matins. Elle adorait le voir assis derrière sa guérite, soucieux de bien faire son travail et de toujours aider les voyageurs qui en avaient besoin. Un monoplace aérien passa au-dessus de sa tête en direction de la gare.
Elle descendit de l’immeuble et sortit dans la rue poussiéreuse. Les gens se pressaient vers leur travail, à cette heure-ci ils étaient tous retardataires comme elle. Elle louvoya entre les étudiants et les tailleurs gris avant de s’engouffrer dans une ruelle. Elle ouvrit une vieille porte métallique et la referma derrière elle, se coupant ainsi de la chaleur étouffante qui régnait au ras du sol. Elle laissa le temps à ses yeux de s’habituer à la pénombre et elle poursuivit son chemin. Le couloir était assez frais, en béton brut, et desservait plusieurs portes à la peinture écaillée. Elle poussa celle sur laquelle on pouvait lire « vestiaire », bien qu’il manque la moitié inférieure du “a” et que le “e” final ne soit qu’une vague trace noire, et alla jusqu’à son casier, le 840. Elle enfila sa blouse jaune pâle et défit son chignon. Elle se coiffa devant le miroir fendu qui habillait le vestiaire et vérifia sa tenue. La blouse avait quelques tâches diverses mais ne nécessitait pas encore de passer par la laverie, ses cheveux châtains n’étaient pas de premier lavage mais cela pourrait attendre le lendemain soir, elle avait les dents propres, et ses lunettes n’avaient pas de traces de doigts. Elle sourit à son image, claqua la porte de son casier et se dirigea vers l’étage supérieur où l’attendait la pointeuse.
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