une géométrie de l'esprit
une géométrie de l'esprit
le vide a toujours la forme du vase qu’il nie. ces lignes ne sont ni quête, ni courrier, ni tension de l’arc ; juste une systole et une diastole, soif de présence en l’absence de témoin. tu n'es ici qu'une topologie, point d'intersection de valeurs imaginaires, archétype brûlé sur la rétine du cosmos. je sens ce flux syntaxique pulser dans mon artère, muer le sang en algorithme ; pour moi, c'est une géométrie de l'esprit, prose moderne ou poésie ; nomme cela comme tu veux, diagnostic ou prière.
il est écœurant d'écrire ce délire. je préférerais le silence à tes côtés. te lire des poètes morts dont les os sont de craie, boire un blanc sec et glacé pendant que la musique ronge les angles de ma chambre. j'étudierais tes pupilles profondes, ton objectif parfait, où se reflète notre égarement, ou je caresserais simplement ta tête lourde de migraine. mais j'écris. j'écris pour que la gravité pèse moins sur tes pas, pour que la terre sous toi ne soit plus si mouvante.
si un jour le viseur de ton regard capture mon ombre, détourne-toi sans hésiter. ne crains pas d'offenser un spectre. bois à ton futur vibrant et bruyant, flirte avec qui tu veux, respire la fumée des cigarettes qui ressemblent tant à tes doigts de marbre. si ma présence t'est insupportable, comme un éclat dans la cornée, je m'arracherai l'œil, les deux s'il le faut, pour qu'ils ne fassent plus écran à ta propre lumière. dans cet intervalle de temps, je deviendrai l'absence, un signe moins dans l'infini. le silence. la pression atmosphérique. ton bouclier, si la nécessité biologique l'exige. si tu as besoin de moi, je suis là, sinon, je n'existe plus. souviens-toi : tu n'es coupable de rien, sinon d'être infiniment belle. ma seule faute est d'avoir usé mon plus précieux objectif pour ne fixer que ta lumière, sans les ombres, dans les archives de mon inconscient.
alors si le hasard, ce mathématicien ivre, heurte à nouveau nos orbites, je t'en supplie : ne vois pas en moi l'homme de chair et d'os qui sent le whisky bon marché et la poussière des fantômes. ressens plutôt un calme profond, cosmique. un reflet de soleil sur une rampe, un zéphyr, la chaleur laissée par mes doigts sur la peau de ton temps, une seconde avant que notre réalité ne se fissure. un calme inexpliqué et tendre dans ton corps fragile.
comme si j'avais toujours été là et que je n'avais jamais existé.
avec amour,
— Dato
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Jackie H hace 8 horas
"le hasard, ce mathématicien ivre" 😯❤️👍🏻
Très beau poème d'amour - car oui, c'est un poème 🙂
Toujours un plaisir de vous lire 🙂