La Salamandre des cendres
On dirait que la forêt a dévalé l'escalier du ciel,
Qu'elle a chuté d'un seul bloc,
Dans un grondement de bête réveillée trop tôt.
Les Fagnes fumaient encore
comme si quelqu'un avait soufflé sur la moelle du monde
Pour vérifier si la magie tenait toujours debout.
La lande ouvrait ses entrailles,
Offrant ses secrets carbonisés
À qui voulait bien écouter les murmures de la terre.
La braise retenait son souffle.
La nuit demeurait ténébreuse.
Le vent murmurait en coupable.
Et pourtant, juste ici
Au milieu des troncs noircis,
Avançait une Salamandre
Rouge comme le brasier et noire comme la cendre
Ne sachant plus où aller,
D'un fil incandescent, elle traçait un chemin
Tel des mots qui s'enchainent
Pour dire adieu au lendemain.
La forêt comptait ses ombres et craignait de mourir.
Les cendres rêvaient encore d’un éclat de lumière.
Un souffle ancien veillait sous les pierres brulantes.
Les Fagnes ne meurent jamais tout a fait.
Elles se replient,
Elles se raclent la gorge,
Elles se réinventent,
Et dans ce chaos fumant
La salamandre, petite braise survivante,
s’est lovée contre un tronc noirci
Pour écouter la dernière note du brasier.
Alors la pluie est arrivée.
Pas en torrent.
En chuchotement.
Des gouttes fines, tombant une à une,
Comme si le ciel recousait la lande avec du fil d’eau.
Les Fagnes ont soupiré,
Les braises se sont éteintes
Et la nuit a retrouvé sa couleur.
non-commercial use only
un texte en vers libres, tissé autour de six mots imposés et structuré par trois octosyllabes et trois alexandrins glissés dans le flux comme des braises sous la cendre.
La Salamandre des cendres demeure une création originale.
Merci de ne pas la copier, la reprendre, la découper, la recoudre ailleurs sans autorisation.
Les Fagnes ont déjà assez brûlé comme ça.
Colaborar
Puedes apoyar a tus escritores favoritos


Comentario (0)