Jeudi 5 février 2026
Jeudi 5 février 2026
Je m’attelle enfin à installer le bureau que je délaisse depuis des mois, maintenant. Il faut trier encore, vider des cartons, identifier où ranger les choses de manière à peu près logique, penser l’espace. J’aimerais réussir à ne pas inviter le travail dans la maison sous le vent, mais si je devais le faire, je préfèrerais pouvoir le cantonner à cette petite pièce. L’objectif, en réalité, c’est surtout d’aménager un lieu bien identifié pour accueillir les élans créatifs qui me traversent, qu’il soit question de mots ou de choses fabriquées de mes mains. La pièce est petite et je dois garder la possibilité d’y installer un lit, au cas où, pour les visiteurs qui voudraient passer un peu de temps là, entre la mer et moi. Et puis bien sûr il y a toi, incrustée dans un coin de mes pensées tandis que je remplis de jolies boîtes avec mes trésors. Toute la journée, les étoiles m’ont soufflé que tout n’était peut-être perdu et qu’après tout je pourrais me résoudre à t’écrire, au moins pour te dire que je laisse la porte entrouverte et que tu es libre de la franchir. Toi, bien sûr, tu ne t’es pas contentée de l’espace que je t’avais alloué dans ma tête, tu t’infiltres un peu partout sans y être invitée et je n’ai pas le cœur de te chasser. Alors j’hésite, je m’en remets à l’univers puis je fais semblant de ne pas l’entendre, je me trouve des excuses pour ne pas agir et des occupations diverses, je m’éparpille et me disperse. Je fais de la place dans mes armoires pour accueillir l’espoir, du vide dans mes étagères pour laisser entrer la lumière.
Colaborar
Puedes apoyar a tus escritores favoritos

