J’AI CRU
J’AI CRU
J’ai cru que j’étais assiégée
Dans mon domicile, piégée,
Qu’on voulait m'électrocuter,
Que mes sœurs voulaient me buter.
J’ai cru que dans mon entourage
On manipulait des rouages,
Pour que ma vie soit un enfer,
Parce que d’eux trop je diffère.
J’ai cru qu’ils étaient tous complices
Du Malin, heureux dans le vice,
Qu’ils vivaient comme des bestiaux
Tout en s’éloignant du Très Haut.
J’ai cru qu’il fallait que je suive,
Par interprétation naïve,
Des panneaux, des bruits, des paroles
Dans la rue, chez moi, dans le hall.
J’ai cru entendre des oiseaux,
Des sons effrayants, des échos,
Qu’il y avait des haut-parleurs
Destinés à mon seul malheur.
J’ai cru que j’étais une cible,
Qu’on estimait ma mort possible
Dans le collimateur d’un flingue,
Afin que les miens me dézinguent.
J’ai cru que j’étais connectée
Par quelques synchronicités
À une madone d’ivoire,
Qui n’a jamais voulu me voir.
J’ai cru que j’avais des alliés
Des complices, des affiliés
Qui voulaient m’aider, me sevrer
Des médicaments, me sauver.
J’ai cru et je fus rattrapée
Par la dure réalité :
Ni aucun ami, ni madone,
Mais la maladie qui rayonne.
J’ai cru et je vis l’évidence :
J’étais seulement en souffrance.
J’avais vécu une agression
Due à mes hallucinations.
J’ai cru et j’étais dans mon monde,
Face aux miens, en main une fronde,
Mes démons dansaient à tue-tête,
Je perdais peu à peu la tête.
J’ai cru, désormais je comprends
Qu’il faut que je garde le cran,
Pour que plus jamais je ne crois,
Des djinns ne plus être la proie.
J’ai cru, mais aujourd'hui je crois
Qu’il faut que je porte ma croix,
Que pour cela il faut de l’aide
Car la pente à gravir est raide.
J’ai cru, mais la réalité
Est bien plus simple à supporter.
Par chance, ma vie est plus stable
Que ces pensées désagréables.
J’ai cru, je peux maintenant croire,
En dehors de mes idées noires,
Je commence un nouveau départ,
Vers d’autres horizons je pars.
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