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Proie & prédateur(s).
Fiction
Drama
calendar Publicado el 17, ago, 2026
calendar Actualizado 17, ago, 2026
time 24 min
15+

Proie & prédateur(s).

Un peu de contexte avant la lecture : Il y a un an, je partageais ici un texte intitulé « Derrière la porte close ». Au fil des mois, l’envie m’a pris de tirer le fil de cette histoire pour remonter bien avant la scène fatidique : comment cette femme avait-elle été prise au piège ? Malgré tout, la réponse reste aujourd’hui partielle, et le récit incomplet. Les blancs sont donc à la disposition de votre imagination.

Jour 1.

Assise au bar, je fais défiler les messages sur mon téléphone sans vraiment les lire. Julia est partie quelques minutes aux toilettes et je reste vissée à mon tabouret en attendant son retour, esquivant les regards en coin des hommes faisant escale au comptoir. Seule, exposée sous les spots jaunâtres qui surplombent le comptoir, je tire sur ma jupe pour lui faire gagner les centimètres qui quelques heures plus tôt me paraissaient superflus. Des dizaines d’yeux me picotent le dos et je feins d’être absorbée par les gouttelettes qui ruissellent le long de mon verre de vin blanc. Déjà cinq bonnes minutes qu’elle s’est absentée et chaque seconde qui s’écoule dure des heures. Je prends soudain conscience de chaque partie de mon corps. Mes mains qui pianotent sur le bois poisseux, mon dos que je maintiens le plus droit possible, mes cheveux lâchés sous lesquels ma nuque suinte de transpiration, et par-dessus tout, mes yeux, fuyants le moindre contact.

Comme pour n’importe quelle jeune femme, la méfiance est chez moi une seconde nature. Les lieux publics ne nous appartiennent pas, nous n’y sommes que des invitées priées de rester discrètes, souriantes, reconnaissantes de cette liberté que l’on nous accorde pour quelques heures. Il y a dans ce pacte tacite une injonction si profondément ancrée qu’à ce moment de la soirée, seule à ce bar, privée d’une amie avec laquelle rire aux éclats, je me sens profondément illégitime. Une femme seule assise à un bar. Cette phrase résonne dans mon esprit et porte en elle un parfum de scandale. Je prie pour que mon amie revienne et que cet instant de gêne prenne fin, car s’il s’éternise, il me faudra justifier ma présence. Payer l’impôt du sourire, de la réponse polie et humble, celui du numéro de téléphone, de la drague « pour le sport ». L’impôt du corps.

Finalement, Julia réapparaît un sourire franc sur ses lèvres rouge écarlate. Nous reprenons notre conversation là où nous l’avions laissée quelques minutes plus tôt. Nos études viennent de se terminer et cette liberté nouvellement acquise nous grise. La vie déroule devant nous une infinité de possibles que nous imaginons avec gourmandise. Nos verres se vident et se remplissent, mes yeux brillent et j’oublie le monde et les frôlements dans mon dos. Je lui parle de mes ambitions et de mes rêves de voyages d’affaires. Je me vois déjà sautant d’avions en conseils d’administration dans des tailleurs hors de prix. Après le temps des rêves et des espoirs, vient celui du défoulement des corps et nous nous élançons ensemble, mains entrelacées, vers le fond de la salle dans laquelle nous nous mêlons aux dizaines d’ombres anonymes qui ondulent au rythme de la musique. Les minutes s’égrainent entre chaleur, battements de cœur et lâcher prise.

Ma bulle éclate lorsque j’aperçois à la frontière de mon champ de vision deux hommes qui s’approchent de nous. L’un d’eux s’empare de la taille de Julia en titubant et l’enjoint de se presser contre lui. Celle-ci parvient à s’en défaire au prix de contorsions et d’esquives avant qu’il ne la saisisse par le bras pour la plaquer à quelques centimètres de son visage. Mon regard est rivé sur la main épaisse qui lui malaxe les fesses. Je l’entends protester, la vois repousser, griffer. Mon système d’alarme voit rouge et je bondis avant de sentir une violente douleur au cuir chevelu. Je comprends que le deuxième agresseur vient de me saisir par les cheveux pour me faire reculer. Impuissante, je cherche en vain à saisir sa main pour lui faire lâcher prise. Des larmes au goût amer me coulent le long des joues. Autour de nous les groupes se sont arrêtés de danser. La plupart ont reculé, installant une distance de sécurité en eux et nous. Cambrée en arrière, sidérée par la douleur, je panique et supplie qu’on nous vienne en aide, impuissante. Puis tout s’arrête. Un bras autour de mes épaules me pousse à travers la foule indifférente et je me retrouve sur le trottoir humide d’une rue parisienne. Julia est à mes côtés, bouillonnante de colère. Elle déverse dans la nuit un flot d’insultes sous les regards inquiets des rares passants. Lorsque la porte du bar s’ouvre à nouveau, je recule et trébuche sur les pavés en apercevant un nouveau groupe qui vient vers nous. L’un d’eux, un jeune homme qui doit avoir mon âge, a la lèvre en sang et les bras chargés de nos manteaux et sacs à main. Son regard est dur, sa mâchoire contractée, mais je sais à cet instant que sa fureur ne nous est pas destinée. Il nous tend nos affaires avant d’attraper son téléphone. Je comprends qu’il est en train d’appeler un taxi. Je le vois s’adresser à moi, une main sur le micro de son portable, mais les brumes de l’alcool et de la peur paralysent mon esprit. C’est finalement Julia qui lui dicte mon adresse.

En attendant le taxi, le petit groupe se repasse en boucle les détails de l’altercation tandis que Julia et moi restons figées sous la lumière des réverbères, serrées l’une contre l’autre. Le froid finit par me faire dégriser et je comprends que ces trois garçons à l’allure bourgeoise ont dû jouer des poings pour mettre fin à l’agression. Encore échauffés par leur exploit, ils s’invectivent et plaisantent tandis que celui à la lèvre fendue me lance des regards en coin. Le taxi arrive enfin et se gare le long du trottoir. Se détachant du groupe, il se penche à la fenêtre du conducteur et échange avec lui quelques mots sur un ton autoritaire. Puis, il se tourne vers moi et me tend un morceau de papier plié en quatre. Il me dit que son numéro est écrit dessus et que je peux l’appeler si j’ai besoin de quoi que ce soit. Qu’il viendra avec nous déposer plainte si nous le souhaitons. Il me dit aussi que je peux tout aussi bien refuser de le prendre et oublier cette soirée si c’est ce que je préfère. Le bracelet de sa montre étincelle dans la nuit et me fait l’effet d’un signal qui me sort de ma torpeur. D’un même élan, je saisis le papier et m’engouffre dans la voiture qui démarre aussitôt.

Jour 96.

La voiture se gare et mon estomac se sert d’un cran lorsqu’il remonte le frein à main. Je passe une dernière fois en revue ma tenue. Mes talons me semblent soudain trop hauts, ma robe trop courte, mon maquillage trop provocant. Les paumes de mes mains sont moites, et je me tasse dans le fond du siège avec l’envie de m’y fondre et de disparaître. Sa main se pose sur mon genou et remonte le long de ma cuisse pour venir se poser sur la boucle de la ceinture qui se détache dans un clic discret. La chaleur me picote les reins et mon ventre s’enflamme lorsque je sens son souffle dans mon cou.

— Tu es parfaite.

À ses mots, je rassemble le peu de courage qu’il me reste et me glisse hors de la voiture, bouquet de fleurs à la main. Au loin, un chien aboie dans un jardin. La brise de printemps slalome entre mes jambes nues et m’arrache un frisson. Je reste quelques instants figée, écrasée par l’impressionnante bâtisse qui s’élève devant moi dans la lumière de fin de journée. Arrivé à mes côtés, il me saisit la main, la presse et m’entraîne avec lui pour franchir le portillon en fer forgé. Ensemble, nous remontons l’allée pavée qui nous sépare du perron. Le bruit de mes pas résonne au rythme des grillons qui célèbrent le retour des beaux jours, tapis dans les bosquets du jardin anglais qui s’étend autour de nous. Parvenue devant la porte, je sens sa main glisser sur mes hanches. La fougue de son baiser rallume le feu qui couvait en moi et j’en oublie pendant quelques secondes l’endroit où nous sommes et ce qui m’attend.

Lorsque la porte s’ouvre, je découvre une femme d’une élégance rare, le visage illuminé d’un immense sourire étincelant. Je suis frappée par son regard en tous points identique à celui dans lequel je me noie chaque nuit depuis maintenant trois mois. Sa main abandonne alors la mienne pour venir enlacer sa mère avec tendresse. Il dépose sur sa joue un baiser avant de se tourner vers moi pour me présenter. Impressionnée par cette femme à l’allure impeccable, je bafouille quelques formules de politesse avant de lui tendre le bouquet de pivoines méticuleusement choisies quelques heures plus tôt.

Au salon, je rencontre son père. Nouvelles présentations, nouveaux bafouillements. Le mot charisme semble avoir été inventé pour ce couple de quinquagénaires. Leurs manières sont impeccables, leur conversation raffinée. Un luxe discret imprègne chaque recoin de la maison. Quelques œuvres d’art sont soulignées çà et là par un éclairage stratégique. Ils me racontent leurs voyages et le dernier opéra auquel ils ont assisté. Je picore de plat en plat sous le regard perçant de sa mère et comprends alors que cette soirée comporte plus d’enjeux qu’il n’a bien voulus me le dire. Leur fils unique s’apprête à faire un choix et il vient demander leur approbation. Le dos bien droit, je range une mèche derrière mon oreille. Je prends conscience de chacun de mes gestes et me sens grossière au milieu de tout ce luxe discret. Jamais la jeune fille provinciale débarquée à Paris quelques années plus tôt n’aurait imaginé côtoyer un monde aussi sophistiqué.

De retour dans son appartement, je récupère mon portable resté en silencieux au fond de mon sac, et découvre plusieurs messages de Julia. Debout au milieu de l’entrée, je m’apprête à lui répondre quand il s’approche, enlace mon poignet et éloigne doucement l’écran de mon visage. Sa main libre remonte lentement de long de ma jambe et trace des sillons torrides sous ma robe. Mon esprit s’envole et le monde entier se réduit au contact de sa peau.

Jour 314.

Comme chaque soir, il m’attend à la sortie du bureau. Debout sur le trottoir adossé à la voiture, il me sourit dès l’instant où il m’aperçoit. Ma poitrine explose de bonheur. Il m’ouvre la portière puis fait le tour pour s’installer à la place du conducteur. Ce soir, nous avons rendez-vous chez le traiteur choisi par sa mère pour notre mariage. Dans quelques semaines, je serai sa femme.

Jour 365.

Un an jour pour jour après notre rencontre, je remonte l’allée centrale de l’église jusqu’à l’autel devant lequel m’attend mon futur mari. C’est lui qui a fixé la date. Impatient, il voulait officialiser notre amour le plus rapidement possible. Sa mère a tout organisé d’une main de maître. La soirée se déroulera dans un château dans le petit village de Bourgogne dans lequel a grandi son père. Grisée, je me laisse porter, habiller, maquiller, coiffer. Je suis une poupée entre les mains des dizaines de petites abeilles qui s’affairent autour de moi pour me rendre parfaite. Ma future belle-mère est à mes côtés à chaque instant, et rien ne me rend plus fière que de la voir approuver chaque étape de cette transformation d’un hochement de tête discret.

Une partie de mes amis et de ma famille n’a pas pu faire le déplacement, pris au dépourvu d’une invitation tardive, mais la liste d’invités est impressionnante et regroupe tout ce que le monde des affaires compte de plus prestigieux. C’est une occasion de rêve pour notre couple de faire son entrée dans le monde.

Accroché au bras de mon père, je remonte lentement l’allée et croise le regard ému de Julia. Je sais qu’elle n’approuvait pas un mariage aussi rapide, mais mon bonheur suffira à lui démontrer que j’ai fait le bon choix.

Jour 366.

Je me réveille seule dans la suite réservée pour nous. La fête s’est éternisée et mon mari — que ce mot me semble irréel — a voulu en profiter jusqu’au petit matin. Demain, nous partons en voyage de noces et je me dis que nous aurons bien des occasions de rattraper cette nuit à deux.

Jour 450.

Je suis enceinte et ce début de grossesse m’épuise. Malgré son travail qui l’accapare soirs et week-ends, il est présent à chaque rendez-vous pour notre futur enfant. Le stress, les réunions, la pollution et le métro lui paraissent mauvais pour la santé du bébé et je décide de passer la fin de ma grossesse au calme dans la maison de campagne de ses parents.

Jour 690.

Aujourd’hui, je ne retournerai pas travailler. Notre fille vient de fêter ses deux mois. Je suis comblée.

Jour 970.

18 h 30. Julia vient de partir. Des mois que nous ne nous étions pas vues. Sa visite m’a fait un bien fou. Elle a débarqué comme un vent de fraîcheur à l’heure de la sieste de bébé. J’avais presque oublié à quel point j’aime sa voix cassée et ses anecdotes croustillantes. Nos retrouvailles m’ont ramenée dans ma vie d’avant, celle que j’étais il y a des siècles et dont je ne garde qu’un souvenir lointain.

— J’étais entre deux avions et comme tu ne réponds pas à mes messages, je me suis dit que je pouvais passer à l’improviste, m’annonça-t-elle sur le perron en voyant ma mine choquée.

Je me suis excusée pour les messages restés lettre morte : entre la petite, la maison et les dîners à organiser, je n’avais plus une minute à moi.

Installées sur la terrasse, nous avons laissé filer l’après-midi en nous racontant nos vies et en buvant des mimosas et du café glacé. La maison lui a beaucoup plu et elle m’a demandé des nouvelles de mon mari et de ma fille — sans s’attarder sur le premier et en s’enthousiasmant sur chaque anecdote concernant la seconde. Ma perte de poids a eu l’air de l’inquiéter.

— Je fais attention depuis ma grossesse, mentis-je en souriant.

Cet après-midi, le vide au creux de mon estomac s’est creusé encore un peu plus. Je crois que j’ai envié Julia. Sa vie sans contrainte, sa réussite, ses aventures... Il n’y a pas si longtemps, ça aurait pu être moi. Pourtant, j’aime ma fille, mon mari et la vie si confortable qu’il nous offre. Je ne peux être que reconnaissante. Voilà, que je me plains encore. Il a raison : je suis une ingrate.

Il est bientôt 19h et je dois terminer de préparer le dîner. Les yeux dans le vague, je termine de sécher les flûtes à champagne avec des gestes mécaniques avant de les ranger dans le placard, parfaitement alignés. Je remue la ratatouille d’une main et donne à manger au bébé de l’autre tout en surveillant d’une oreille distraite le bruit du 4×4 sur le gravier de l’allée. Soudain prise d’un doute, je souffle dans ma main pour vérifier mon haleine. Toujours grisée par les effets du champagne, je jette un regard inquiet sur la maison. La table est dressée et chaque chose semble à sa place. Je souffle pour faire redescendre la pression au moment où la porte d’entrée s’ouvre.

Jour 3467.

Nos invités viennent de partir et derrière moi, les assiettes s’entrechoquent avec une violence inutile en atterrissant dans le lave-vaisselle. Malgré les brumes d’alcool qui assourdissent mes pensées, je devine son exaspération dans chaque écho de la céramique. Il suffirait que je me retourne et lance un regard pour libérer le flot de reproches. Oh, il n’aurait pas besoin d’être vindicatif ce regard. Soumis, appuyé ou étonné, par en dessous, les sourcils froncés ou appuyé d’un souffle, le résultat serait le même. La tempête gronde et je n’ai aucun moyen de l’éviter.

Par la baie vitrée restée ouverte, j’écoute les Dom Pérignon atterrir avec force au fond de la benne de recyclage et le chant des grillons qui se glisse dans chaque interstice de verre brisé. Je suis saisie par le contraste entre ce qui est et ce qui pourrait être. Je risque un regard vers le chien pelotonné dans son panier à l’angle de la cuisine. Lui aussi connaît ces moments, l’électricité dans l’air et l’envie de disparaître sous le béton ciré.

La fenêtre claque. Du coin de l’œil, je vérifie que la porte de la cuisine est bien fermée. Les enfants dorment à l’étage.

Campée face au plan de travail de la cuisine, je grappille les secondes et m’affaire au-dessus des restes du dîner. Je saisis le bol de mayonnaise faite maison et le rapproche de mon nez. Combien de temps peut-on conserver des œufs crus ? Est-ce qu’ils n’ont pas pris un petit coup de chaud ? Je hausse les épaules et tire le tiroir à côté de moi pour en sortir une cuillère à soupe. Jamais un Tupperware ne s’est rempli aussi lentement.

Mon indifférence est comme une main contractée autour d’un détonateur. Encore quelques instants et je vais devoir lâcher. Je lave, je rince, je fais tremper, puis lorsque toutes les ressources devant moi sont épuisées, je plie délicatement en deux le torchon et prends soin de le suspendre à angle droit sur la poignée du four.

Les deux mains à plat sur le granit, je toise cet annulaire gauche qui me nargue. Le solitaire et son anneau qui m’indiquent que par deux fois, j’ai consenti à cette situation. J’inspire, j’expire. Je sens mes épaules se contracter. Il est temps.

Adossé au plan de travail un verre d’eau à la main, il me fixe. Les manches de sa chemise bleu ciel sont roulées sur ses avant-bras tannés par le soleil et une ombre de barbe noircit un peu plus ses mâchoires contractées. Sa beauté me heurte et son silence me pétrifie. À cet instant, la peur et l’ivresse se croisent dans mon esprit. L’une chassant l’autre sans ménagement.

Il finit par se redresser, dépose son verre sans un bruit sur la pierre froide puis entreprend de détacher la lanière de cuir de sa montre, qui vient rejoindre le verre dans un geste maniaque. Sa lenteur me torture, la bile acide remonte mon œsophage.

En trois pas, il fond sur moi. Si près que je sens le souffle chaud de son haleine sur mon visage. Le whisky écossais offert pour nos huit ans de mariage s’infiltre dans tous les pores de ma peau et une goutte de sueur dévale ma colonne vertébrale.

Il saisit mon menton entre le pouce et l’index. Ma respiration se coupe. Surtout ne pas bouger. Lorsque ses lèvres s’écrasent contre les miennes, je ne peux retenir une plainte de frayeur. Il y a dans ce baiser tant de haine que je dois me rattraper à son bras pour ne pas m’écrouler sous mon propre poids.

Sa main glisse sur ma gorge, mon cœur manque un battement et une larme brûlante de honte s’échappe alors que je sens mon périnée me lâcher. L’urine chaude coule le long de mes cuisses nues.

Finalement, il me relâche dans un mouvement brusque, et un sanglot silencieux me secoue la poitrine. Première erreur. Le dégoût déforme ses traits.

La gifle me cingle et je me recroqueville dans mes regrets. Je n’aurais pas dû le contredire devant son chef.



Photo de Kristina Shvedenko via Unsplash

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