De Gaulle contre l'Amérique : La guerre secrète qui hante encore 2026
De Gaulle contre l'Amérique : La guerre secrète qui hante encore 2026

"Le face-à-face des alliés rivaux : Charles de Gaulle et John F. Kennedy. Tandis que le président américain incarne la modernité, le Général reste imperturbable derrière son salut militaire, marquant sa distance vis-à-vis de l'hégémonie de Washington. Cette rencontre cristallise les tensions silencieuses autour de l'indépendance de la France et de son refus de se plier aux exigences de l'OTAN."
Charles de Gaulle n'était pas seulement un président. Pour lui, la France devait être grande ou elle n'était rien. Entre 1958 et 1969, il a mené une sorte de "guerre secrète" avec les Américains pour que la France reste maîtresse de son destin. Grâce aux dossiers déclassifiés de la CIA et aux archives du Pentagone, il est aujourd'hui établi à quel point l'ambiance était tendue entre Paris et Washington. Mais le plus frappant est qu'en ce mois de février 2026, il semble que l'histoire se répète de manière singulière.
I. L’Énigme de l'Élysée : Une discipline au service de l'Histoire
Pour comprendre sa politique, il faut d’abord analyser son mode de vie. Les rapports de la CIA décrivent De Gaulle comme un homme de rituels. Il travaillait intensément de 8h30 à 19h, mais après 20h, son emploi du temps était sanctuarisé : il ne prenait plus aucun appel, sauf en cas de crise majeure.
Il délaissait les romans pour les essais sérieux, s'intéressant tout particulièrement aux questions nucléaires. En public, il paraissait froid et distant, mais cette attitude cachait une grande timidité qu'il masquait par un style oratoire puissant. Un jour, il a résumé sa propre personnalité par cette boutade : « J'ai deux frères : l'un est fou, l'autre est normal. Moi, je suis entre les deux. » Cette position "entre les deux" lui permettait de rester pragmatique tout en conservant une vision historique que les Américains peinaient souvent à décrypter.
II. Le duel avec Kennedy : Entre respect et agacement
En 1961, quand le jeune JFK débarque à Paris, il admire De Gaulle mais s'en méfie. La visite est un succès médiatique, portée notamment par l'élégance de Jackie Kennedy, pour qui le Général éprouvait une réelle estime. Mais dès que les discussions politiques commençaient, les blocages apparaissaient.
Sur Berlin, Kennedy souhaitait négocier avec les Soviétiques pour éviter une guerre nucléaire. La réponse de De Gaulle fut tranchante : « Négocier, c’est capituler. » Sur le Vietnam, il prévint Kennedy que les États-Unis couraient à l'échec : « La France a perdu là-bas, vous perdrez aussi. » Kennedy est reparti de Paris avec un sentiment de frustration, admirant le héros de la guerre mais supportant mal les leçons de stratégie de son homologue français.
III. La bombe nucléaire : "Arracher un bras"
Le point de discorde majeur fut l'atome. De Gaulle refusait que la défense de la France dépende d'un centre de décision situé à Washington. Il était convaincu qu'un jour, les États-Unis hésiteraient à sacrifier New York pour protéger Paris ou Berlin.
Les Américains ont tout mis en œuvre pour entraver l'accès de la France à l'arme atomique. Ils ont notamment utilisé la loi MacMahon pour couper les vivres technologiques aux ingénieurs français. Ils espionnaient les activités françaises via une base secrète en Libye afin de surveiller les essais au Sahara. Face aux avertissements américains sur le coût prohibitif du programme, De Gaulle resta inflexible. En 1966, lors du premier grand essai nucléaire français à Mururoa, il qualifia l'événement de « magnifique ». C'était pour lui la preuve que la France réintégrait le cercle des grandes puissances, capable de dissuader n'importe quel agresseur.

"Charles de Gaulle à la passerelle de commandement : l'aube de la dissuasion. Cette photographie issue des Archives nationales capture le Général scrutant l'horizon, symbole de sa détermination à doter la France d'une force de frappe nucléaire indépendante. Un moment clé où la stratégie militaire rejoint la quête de souveraineté absolue face aux grandes puissances de l'époque."
IV. Espionnage et "Taupes" au gouvernement
Les archives révèlent que le gouvernement de De Gaulle comptait plusieurs "taupes" en son sein. Certains hauts fonctionnaires français, craignant que la politique du Général ne rompe l'alliance atlantique, informaient secrètement la CIA. C'est ainsi que Washington fut prévenu bien à l'avance du retrait de la France de l'OTAN. Certains militaires français ont même rejoint des entreprises d'armement américaines après leur carrière. Le Général a ainsi dû mener son combat pour l'indépendance nationale tout en étant surveillé par ses propres services.
V. 2026 : Le retour fracassant du Gaullisme
En ce 25 février 2026, la vision de De Gaulle semble d'une actualité brûlante. Si le monde a changé, les problématiques de souveraineté restent identiques.
Le choc Macron-Trump II : La guerre des chefs
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche l'an dernier, les tensions sont permanentes. Emmanuel Macron a récemment durci le ton, refusant, à l'instar de De Gaulle, de se soumettre à l'imprévisibilité de la diplomatie américaine. Face aux menaces de Trump d'imposer des taxes de 200 % sur les exportations françaises, Paris répond par la stratégie "SPEED" (Simplification, Protection, Investissement, De-risking). L'objectif est clair : inciter les entreprises américaines à investir sur le sol européen selon des règles locales. C'est le retour en force de la "Préférence Européenne", un concept que De Gaulle aurait certainement soutenu.
Merz et les "Champions Européens"
L'Allemagne suit une trajectoire similaire sous l'impulsion du Chancelier Friedrich Merz. Au pouvoir depuis mai 2025, il prône la création de "Champions Européens" capables de rivaliser avec les géants américains et chinois. Merz a souligné que des structures comme Airbus ne pourraient plus voir le jour avec les réglementations actuelles de la concurrence. Il appelle donc à une réforme profonde pour que l'Europe retrouve son indépendance économique. Bien que réservé sur la mutualisation des dettes, le Chancelier s'accorde sur un point : dans le "nouveau normal" de 2026, l'Europe doit assurer sa propre survie.
Le budget militaire : L'heure du réveil
En 2026, l'autonomie stratégique européenne n'est plus une option mais une nécessité vitale.
- L'Allemagne a voté un budget militaire record de 90 milliards d'euros.
- La France a porté le sien à 66,7 milliards.
La question d'un "parapluie nucléaire français" étendu à l'ensemble de l'Europe est désormais au centre des débats, particulièrement dans l'éventualité d'un désengagement américain de l'OTAN sous l'administration Trump.
Conclusion : L'héritage d'un visionnaire
L'histoire montre que l'affirmation de la souveraineté nationale est une condition du respect sur la scène internationale. Que ce soit face à Kennedy en 1961 ou face à Trump en 2026, la leçon demeure : l'indépendance n'est pas un luxe, mais une nécessité.
Se défendre par ses propres moyens, bâtir des géants industriels européens et réduire la dépendance technologique constituent le véritable héritage gaulliste. En ce début d'année 2026, l'Europe semble enfin sortir de sa passivité pour devenir une puissance actrice de son propre destin. Comme l'aurait dit le Général, c'est une évolution « magnifique ».
Sources :
- Archives déclassifiées de la CIA (1961-1969)
- Intervention de Friedrich Merz, Chancelier fédéral (2025-2026)
- Débat d'Emmanuel Macron sur l'industrie et la protection (février 2026)
- Rapports sur le budget de la défense européenne 2026
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