L'AXE ET LA RONDE
L'Exorcisme de l'Usurpateur
Je connais cette ivresse au goût de chute lente,
Ce cercle de lumière à la soif violente.
L'homme y court à l'abîme en cherchant la vitesse,
Et prend pour de la vie l'écho de sa détresse.
La ronde s'est fermée sans chaînes ni barreaux,
Tournoyante prison aux invisibles sceaux.
J'ai vu l'Usurpateur, sans nom et sans visage,
Venir voler le temps pour asseoir son usage.
Il a fait de nos jours un calcul obsédant,
Il a pris la Présence et volé l'Incident.
L'argent n'est plus l'outil, il est devenu geôlier,
Et la loi, froide amante, un fer de meurtrier.
L'algorithme a remplacé les antiques démons,
Il ne veut plus notre âme, il veut nos abandons.
Il trace le modèle où tout ce qui déborde
Est jugé dangereux, impur et sans concorde.
Il règne par la peur, et se nourrit, vampire,
De l'épuisement sourd dont on a fait un empire.
Mais l'initié se lève et tranche le sommeil,
Il nomme l'automate et convoque le Soleil.
Pour briser cet enfer d'équivalence grise,
Il redonne du poids au vent, à la cerise.
Il ralentit le pas sans jamais négocier,
Il parle sans se vendre, il cesse de plier.
Je retire l'oubli qui nourrissait la Bête.
Au centre de l'orage, je relève la tête.
La ronde s'est brisée par l'Axe retrouvé,
Le symbole est ouvert, et l'être est abreuvé.
L'écran n'est plus le monde, et le vivant palpite,
La valeur est rendue à la chair qui l'abrite !
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