Congratulazioni! Il tuo sostegno è stato inviato con successo all'autore
avatar
JUILLET

JUILLET

Pubblicato 30 giu 2021 Aggiornato 1 nov 2021 Cultura
time 3 min
2
Adoro
0
Solidarietà
1
Wow
thumb commento
lecture lettura
5
reazione

Complainte amoureuse

Oui, dès l’instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l’amour qu’en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris !
En vain je priai, je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que j’y mis.
Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu’ingénument je vous le disse,
Qu’avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m’assassinassiez !

 Alphone Allais

Reconnaissons que ce texte d'Alphonse Allais (1854-1905) à la tonalité gutturale frise l'outrecuidance , le décalage, l'absurdité voire l'incompréhension. Par sa complexité il atteint le comique, ce qui était le vouloir de l'auteur. Mais il a aussi pour mérite d'être écrit en vieux mais bon français avec une saine ponctuation pour reprendre haleine, écartelé entre le passé simple et l'imparfait du subjonctif -celui que nos jeunes générations n'ont jamais su poser sur leurs tablettes d'écoliers-. Il heurte le bon sens, fleure la décadence mais restaurera -un temps soit peu- dans les esprits, les générations pendant lesquelles il aura été usité dans la compréhension générale. Texte des passés donc, mais riche de modernité comme une reconnaissance éperdue du parler de nos anciens, ou clin d'oeil narquois à cette postérité décadente qui aura relégué les délices de notre si belle langue dans les poussières de l'oubli ?

Avec l'espoir que ce poème vous plût (ou bien plussent que celà)...

Le premier de chaque mois, un poète méconnu ou oublié se rappelle à votre bon souvenir.
lecture 398 letture
thumb commento
5
reazione

Commento (0)

Devi effettuare l'accesso per commentare Accedi

Ti piacciono gli articoli su Panodyssey?
Sostieni gli autori indipendenti!

Proseguire l'esplorazione dell'universo Cultura
En parler ou pas ?
En parler ou pas ?

Je ne suis pas journaliste. Je n’en ai ni la formation ni les compétences, mais j’interviewe tous les dimanche un auteur jeu...

Anne-Sophie Dubois
2 min
MIRÉIO
MIRÉIO

L’université ... Je revois les bureaux austères des professeurs...

Michel-Guy Gouverneur
2 min
Entretien avec Jean-Pierre Idatte
Entretien avec Jean-Pierre Idatte

À l’heure où la Compagnie des 3 Chardons joue une part essentielle de son avenir, j’ai pu m’entretenir avec son fondate...

Oren Dipple
22 min

donate Puoi sostenere i tuoi scrittori preferiti

promo

Download the Panodyssey mobile app