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Chapitre 3: 🏰 choix 3: Rejoindre Arn et Juliette au Fort de Mont-Dauphin.
Fiction
Adventure
calendar Pubblicato 4 mag 2026
calendar Aggiornato 4 mag 2026
time 25 min

Chapitre 3: 🏰 choix 3: Rejoindre Arn et Juliette au Fort de Mont-Dauphin.


🏰 Vous avez décider d’accompagner Arn et Juliette au Fort de Mont-Dauphin.


Chapitre 3 : Choix 3



Annita prit sa décision. Elle sourit à son frère, puis se tourna vers Juliette :

— Juliette, découvrir le fort de Mont-Dauphin… c’est une bonne idée. On vous suit avec Oscar.

Juliette s’illumina.

— Génial ! Vous ne serez pas déçus, je vous le promets !

Oscar, enthousiaste, ajouta :

— Découvrir l’histoire en vrai, ça change tout. Et le fort… il ressemble vraiment à un dauphin ?

Arn, qui venait de les rejoindre, esquissa un sourire amusé.

— Absolument pas. Le nom vient du fils du roi, pas de la forme. Dommage, hein ?

Oscar éclata de rire.

— J’aurais préféré la version dauphin.

Annita regarda autour d’elle, déjà excitée.

— Ça doit être impressionnant en vrai.

— Tu vas voir, répondit Juliette, c’est un lieu chargé d’histoire… et plein de secrets.

Oscar leva un sourcil.

— Ah… maintenant je suis vraiment motivé.

Le groupe se mit en route vers le fort. L’air était doux, les montagnes imposantes en toile de fond.

Lorsqu’ils arrivèrent, une partie du plateau était fermée par une clôture, avec des agents de sécurité. Mais à l’intérieur, on entendait de la musique, des rires et des silhouettes en mouvement.

— Qu’est-ce qui se passe ? demanda Oscar, intrigué.

Juliette esquissa un sourire complice.

— On ne vous avait rien dit pour vous faire la surprise. C’est un spectacle immersif, entre théâtre et escape game.

— Le but ? demanda Annita, les yeux brillants.

— Trouver le voleur, répondit Arn calmement.

Juliette ajouta :

— On a déjà nos billets. Si vous voulez nous rejoindre, courez au guichet maintenant !

Annita se tourna vers son frère, excitée :

— Ça te rappelle la Chartreuse et la liqueur ?

Oscar sourit.

— Évidemment qu’on remet ça !

Pendant qu’Annita allait acheter les billets, le groupe observa la scène à travers la clôture. On devinait des tables de banquet, des costumes d’époque, des chopes levées et des danseurs.

Annita revint en courant.

— C’est bon, on a les billets !

Oscar fixait le plateau.

— Tu arrives pile au bon moment… le jeu commence.

Un épais nuage de fumée envahit soudain l’espace. Des lasers balayèrent l’air. La musique s’amplifia.



🎭 À l’intérieur du spectacle…


La fête battait son plein sur le plateau du fort.

De longues tables débordaient de victuailles. Des figurants en costumes du règne de Louis XIV riaient, dansaient, levaient leurs verres. La musique résonnait sous le ciel étoilé.

Soudain, la musique s’arrêta. Une voix grave s’éleva : celle de Vauban.

— Quelle belle époque pour ce nouveau projet fastueux, n’est-ce pas ?

— Assurément, monsieur… mais j’aimerais mieux comprendre vos attentes.

— Je veux construire ici un fort imprenable où civils et soldats vivront ensemble. Trois mille âmes protégées contre la Savoie.

Vauban posa la main sur un grand plan déroulé.

— Voilà l’endroit exact. Ne me décevez pas.

Le plan resta posé sur la table, négligemment.

Un danseur s’approcha… trop discrètement. Il saisit le rouleau et le glissa sous son bras.

Soudain, un autre danseur le percuta violemment.

Le plan tomba. Se déroula. Se déchira.

Le vent se leva. Les morceaux s’envolèrent et retombèrent dans l’herbe.

Le voleur se précipita, mais trop tard. Des danseurs marchaient déjà dessus, piétinant les fragments sans s’en rendre compte.

Il parvint à récupérer la plus grande partie… mais deux ou trois petits morceaux restèrent au sol, bien visibles dans l’herbe.

C’est à cet instant que la fumée envahit tout.

Les spectateurs du futur apparurent.

Un figurant en costume, l’air paniqué, s’approcha d’eux :

— Vous êtes habillés… bizarrement. Vous venez d’où ?

— De 2026, répondit quelqu’un.

Le figurant écarquilla les yeux.

— 2026 ?! Pas le temps d’expliquer ! Je viens de voir un danseur voler le plan de Vauban ! Aidez-moi à le retrouver ! Sinon… ce fort ne sera jamais construit !


Entrée des spectateurs (vous)


Une fumée épaisse.

Des lasers.

Et soudain…

Vous apparaissez.

Dans un autre temps.

Un autre monde.

Un figurant vous regarde, surpris :

— Vous êtes habillés… bizarrement. Vous venez d’où ?

— De 2026, répondit quelqu’un.

Silence.

— 2026 ?! Bon… pas le temps !

Il s’approcha, inquiet :

— Je viens de voir un danseur voler le plan ! Aidez-moi à le retrouver ! Sinon… Vauban ne construira jamais ce fort !




Vauban examina les deux fragments assemblés, puis fronça les sourcils.

— Ce n’est pas tout… Il me manque encore le troisième morceau.

Sa mâchoire se crispa. Il serra le poing si fort que ses jointures blanchirent.

— Le plus important… c’est l’angle général des bastions et mes notes finales. C’est le danseur en noir qui l’a gardé, j’en suis certain. Celui qui a tout déclenché.

Il se tourna brusquement vers le groupe. Son regard autoritaire balaya les spectateurs.

— Vous deux ! lança-t-il en désignant Arn et un spectateur. Ramenez-moi ce voleur. Par tous les moyens.

Un silence tendu s’installa.

— S’il le faut… employez la force. Je veux ce plan complet !

Il fit signe à un garde imposant resté en retrait.

— Grégoire ! Accompagnez-les. Vous répondrez de leur sécurité.

Puis, frappant dans ses mains :

— Qu’attendez-vous ? Allez-y !

— Oui, monsieur le maréchal, répondit Arn d’une voix ferme.


Annita, Oscar et Juliette restèrent près de Vauban.

Un grand écran de toile s’illumina soudain, projetant en direct la poursuite.


🏃🏻‍♂️ Sur le chemin


Arn, Victorien et Grégoire couraient le long des remparts. La carrure du garde imposait le respect, son épée battant contre sa cuisse à chaque foulée.

Arn profita des premiers mètres pour briser le silence :

— Moi, c’est Arn. Je viens des pays nordiques.

Victorien, sans ralentir, tourna légèrement la tête :

— Enchanté. Victorien. Bienvenue en France.

— Merci. Je suis en voyage de noces… Et toi ?

— En vacances. Et félicitations, au passage.

Grégoire répondit d’une voix grave, sans détourner le regard :

— Je ne puis me prononcer à ce sujet.

Un léger silence.

— D’accord… reprit Victorien. Revenons au principal : où a-t-il pu passer ?

Arn scrutait les alentours tout en courant.

— Il a fui juste après l’incident. Il cherche sûrement à quitter le banquet… ou à se cacher dans l’ombre des pins. On devrait longer la lisière vers l’ouest.

Grégoire hocha la tête, la main posée sur le pommeau de son épée.

— Bonne analyse. Allons-y. Et s’il résiste… nous appliquerons les ordres du maréchal.

Arn esquissa un sourire déterminé.

— On le ramènera. D’une manière ou d’une autre.


Ils arrivèrent aux tentes du banquet. Le danseur en noir en sortait… mais il n’était pas seul.

Victorien s’arrêta net.

— On fait quoi ?

Arn observa rapidement la scène.

— On ne le suit pas. Trop simple. S’il avait encore le plan sur lui, il ne se montrerait pas comme ça. Je pense qu’il l’a caché ici.

— Tu en es sûr ?

— Non. Mais c’est logique.

Le danseur s’éloigna. Arn et Victorien se dirigèrent discrètement vers la tente. Un gros cadenas bloquait l’entrée.

Arn murmura :

— Regarde où est passé le danseur… discrètement.

Victorien fouilla rapidement autour de lui.

— J’ai trouvé ça !

Il tendit une clé. Arn tenta. Rien.

Il soupira, agacé, et donna un coup de pied dans un caillou. La pierre roula… révélant une seconde clé cachée dessous.

— Bingo…

Il l’essaya.

🔓 Clic.

Le cadenas céda.


Ils entrèrent.

À l’intérieur, un homme était ligoté à une chaise, bâillonné, les poignets attachés. Arn trouva la bonne clé et le libéra. Victorien retira le bâillon.

L’homme reprit son souffle, paniqué :

— Dépêchez-vous ! Avant qu’il revienne !

Il haleta.

— Le conseiller royal italien… c’est un espion ! J’ai tout entendu ! Ils veulent empêcher la construction du fort. Sans le plan… Vauban ne pourra rien faire. Et la Savoie pourra attaquer.

Il toussa.

— De l’eau… s’il vous plaît…

Arn lui tendit un gobelet. L’homme but d’un trait.

— Merci… Vous cherchez quoi exactement ?

— Le plan.

— Oui… je l’ai vu. Il l’a mis dans un coffre… pour le protéger… avant de repartir.

Victorien désigna un meuble ancien.

— Là.


Un coffre en bois orné, lourd et mystérieux, reposait sur une pile de documents.

Ils s’approchèrent lentement. Le silence retomba, seulement troublé par le lointain écho de la fête.

Ils cherchèrent rapidement autour d’eux. Victorien ramassa la petite clé qu’il avait trouvée plus tôt dans l’herbe et la tendit à Arn.

— Essaie celle-là, elle est peut-être la bonne.

Arn la prit, l’introduisit dans la serrure du coffre et tourna. Au même moment, l’homme qu’ils venaient de détacher s’effondra lourdement sur le sol de la tente. Son corps resta raide, les yeux clos, comme frappé d’un évanouissement soudain.

— M… ! s’exclama Arn en s’agenouillant près de lui. Il lui arrive quoi ?

Il approcha l’oreille de sa bouche. Aucune respiration. Pas le moindre souffle. Arn fronça les sourcils, puis comprit.

— Il joue l’homme mort… murmura-t-il. Corps figé, souffle coupé… bien joué.

Victorien, lui, resta pétrifié une seconde. Puis il recula brusquement jusqu’à heurter la toile de la tente. Ses yeux s’écarquillèrent.

— Il est mort ?! Il est vraiment mort ! On a un cadavre sur les bras ! On va se faire accuser, Arn ! Ils vont croire que c’est nous ! On est dans un spectacle du XVIIe siècle, on va finir pendus ou envoyés aux galères !

Sa voix monta dans les aigus, tremblante, saccadée. Il respirait trop vite, par à-coups, les mains secouées de tremblements.

— Je… je peux pas… je peux pas gérer ça ! C’est pas un jeu, c’est… c’est réel pour eux !

Arn se redressa d’un bond et lui saisit fermement les épaules.

— Victorien. Calme-toi. Tu vas nous faire repérer. Il joue la comédie, d’accord ? Va ouvrir le coffre. Je m’occupe de lui.

Victorien secoua la tête, au bord des larmes.

— Et s’il est vraiment mort ? Et si ce n’était pas prévu ? On est coincés ici avec un corps !

Arn lui tendit la clé d’un geste ferme.

— Respire. Reprends tes esprits. Ce n’est pas le moment de craquer. Vauban compte sur nous pour restituer ce plan. Vas-y, tu peux y arriver.

Tout en parlant, il redressait discrètement l’acteur, lui donnant l’air d’un homme simplement évanoui. La tente, tendue de toile épaisse, vibrait légèrement sous le vent. Une odeur de bois, de poussière et de tissu chaud flottait dans l’air.

Victorien inspira profondément, encore une fois, puis s’approcha du coffre. C’était un coffre de taille moyenne, en bois sombre, orné de motifs sculptés et de fines dorures. Il glissa la clé dans la serrure, mais celle-ci résista.

— J’y arrive pas, Arn… J’y arrive pas ! gémit-il, la voix brisée.

— Reprends tes esprits. Vauban compte sur nous. Vas-y, tu peux y arriver.

Victorien ferma les yeux une seconde, inspira à nouveau, puis tourna la clé avec plus de force.

Clac.

Le coffre s’ouvrit enfin.



À l’intérieur, des documents roulés, des plans partiels… et, tout au fond, le troisième morceau manquant, soigneusement plié.

Mais au même instant, la toile de la tente se souleva brutalement.

Le danseur en noir se tenait dans l’ouverture, essoufflé, le regard dur. Derrière lui, deux autres figurants en costume barraient la sortie.

— Vous ! cracha-t-il en italien teinté d’accent, avant de passer au français. Rendez-moi ce qui m’appartient !

Victorien recula d’un pas, le cœur battant à tout rompre. Arn, lui, se releva lentement, le morceau de plan serré dans sa main.

— Ce plan appartient à Vauban, répondit-il d’une voix ferme. Et vous allez nous le rendre en entier.

L’espion italien eut un ricanement froid.

— Vauban ? Ce vieux fou qui veut verrouiller nos frontières ? Ce fort ne verra jamais le jour. Sans ce plan, vos bastions seront inutiles… et la Savoie passera.

Il fit un signe à ses complices. Les deux hommes avancèrent d’un pas.

Victorien blêmit.

— Arn… ils sont trois… on fait quoi ? On ne peut pas se battre, c’est… c’est un spectacle !

Arn ne quitta pas l’espion des yeux.

— On ne se bat pas. On négocie. Ou on gagne du temps.

L’espion s’approcha du coffre, la main tendue.

— Donnez-moi le morceau. Tout de suite. Sinon, je dirai à tout le monde que vous avez assassiné cet homme.

Il désigna l’homme étendu au sol.

Victorien devint blanc comme un linge. Arn, lui, esquissa un sourire en coin.

— Sauf que cet homme respire encore. Regardez.

Il donna un léger coup de pied dans la jambe de l’acteur. Celui-ci bougea presque imperceptiblement.

L’espion fronça les sourcils, surpris.

À cet instant, Grégoire surgit derrière lui, massif, l’épée à la main.



— Au nom de Vauban, rendez-vous !

Mais avant qu’il puisse faire un pas de plus, les deux gardes italiens se jetèrent sur lui par-derrière. Deux lames pointèrent aussitôt sur sa gorge et son flanc. Grégoire se figea, pris au piège.

Victorien devint livide.

— Arn… donne-leur le plan, qu’on en finisse ! Je veux pas finir pendu ou en prison avec des rats !

Arn tapa légèrement le rouleau de papier sur la table, sans quitter l’espion des yeux.

— Pauvre fou… Non. Je ne leur ferai pas ce plaisir. Sûrement pas. On négocie à la loyale.

L’espion italien ricana, un sourire froid et arrogant aux lèvres.

— C’est louable. Que proposez-vous, alors ? Pour que votre protecteur ne meure pas sous vos yeux ?

Arn leva le menton, la voix calme mais ferme.

— Un échange. Vous nous rendez Grégoire, et nous vous laissons partir sans alerter tout le fort.

L’espion hocha la tête, amusé.

— Vous croyez vraiment pouvoir négocier avec moi ? Vous n’êtes que des intrus dans cette époque.

Victorien, au bord de la panique, murmura d’une voix tremblante :

— Arn… s’il te plaît…

Arn ne bougea pas. Ses yeux restaient rivés sur l’espion. La tension était à son comble. Un seul geste de trop, et tout pouvait basculer.

Puis Victorien, paniqué, arracha brusquement le morceau de plan des mains d’Arn et le tendit à l’espion.

— Voilà… prenez-le. On en finit. Je veux pas que Grégoire meure… je veux pas finir en prison ou pendu !

L’espion italien eut un sourire satisfait.

— Voilà un homme raisonnable. Et du bon camp. Brave homme, Victorien, c’est bien cela ?

— Oui… murmura Victorien, la tête basse.

L’espion lui tapota l’épaule avec une fausse bienveillance.

— Merci pour le plan.

Il se tourna vers ses gardes.

— Mes chers gardes, nous pouvons y aller. Filez, et donnez-le au roi.

Les deux hommes reculèrent sans quitter Grégoire des yeux, leurs épées toujours pointées sur lui. L’espion sortit de la tente, suivi de ses complices qui surveillaient leurs arrières, prêts à frapper au moindre mouvement.



Dès que la toile retomba, Arn se tourna vers Victorien, le visage fermé de rage.

— Après tout ce qu’on a risqué, tu as osé les aider… traître.

Victorien recula, les mains levées.

— Ne me touche surtout pas ! Je voulais pas que Grégoire meure ! Je voulais pas me retrouver en prison ou pendu, tu comprends ?

Arn le fusilla du regard, la voix vibrante de colère noire.

— Tu viens de leur donner le plan.

Il frappa violemment du poing sur la table, faisant trembler le coffre.

— Moi, je suis resté digne ! Et pourtant ce n’était même pas mon pays… mais celui des ancêtres de ma femme…

Sa voix se brisa un instant. La rage et la déception se mêlaient sur son visage.

Victorien, tremblant, baissa les yeux.

— Je… je suis désolé…

Mais il était trop tard. Le plan avait disparu. Et avec lui, peut-être, l’avenir du fort.



Vauban entra enfin dans la tente, suivi de quelques figurants à bout de souffle, encore haletants de leur course.

— Bon sang… nous avons mis un temps fou à vous retrouver ! J’ai cru vous entendre hurler jusqu’au bout du plateau !

Son regard balaya la pièce avec une nervosité contenue. Il s’arrêta sur le coffre ouvert… puis sur Victorien.

— Le plan… vous l’aviez ?

Victorien, encore tremblant, secoua lentement la tête.

— Non, maréchal…

Vauban se figea.

— Comment ça, non ?

Le jeune homme baissa les yeux, incapable de soutenir son regard.

— Je l’ai donné.

Le silence tomba net. Même l’air sembla se figer.

Le visage de Vauban se durcit d’un coup. Sa colère éclata, brutale.

— Vous avez osé faire cela ? Saperlipopette !

Il se tourna vers Arn, les traits tendus.

— Et vous l’avez laissé faire ?

Arn soutint son regard, calme mais ferme.

— J’étais contre, maréchal. Mais il le lui a arraché des mains.

Les poings de Vauban se crispèrent.

— Une chaise. Tout de suite !

Grégoire accourut. Le maréchal s’y laissa tomber lourdement, comme écrasé par la fatigue et la rage, le souffle court. Pendant une seconde, il ferma les yeux.

Puis il se redressa brusquement, le regard dur.

— Grégoire, emmenez ce misérable en prison. Pour trahison envers la nation !

Victorien pâlit, vacilla presque.

— Maréchal…

Mais Vauban ne l’écoutait déjà plus.

Arn s’avança d’un pas posé.

— Attendez, maréchal. Je reviens.

Sans un mot de plus, il disparut dans la tente.

Quelques secondes. Suffisamment longues pour tendre chaque regard.

Puis Arn réapparut, les mains croisées dans le dos, le visage grave.

— Maréchal Vauban… je suis navré de vous avoir mis dans cet état. Avant toute chose… je vous prie d’ouvrir ceci.

Il lui tendit un plan soigneusement plié.

Vauban le fixa, méfiant. Il s’essuya les yeux d’un geste brusque, se moucha bruyamment, puis déplia le document.

Son regard changea aussitôt.

— Bon sang…

Ses yeux s’agrandirent.

— Mais c’est le plan !

Il releva la tête, stupéfait.

— Alors… qu’avez-vous remis à ces hommes ?

Un léger sourire passa sur les lèvres d’Arn.

— Le mauvais. Un leurre. Je l’ai dissimulé dès que j’ai entendu les pas approcher.

Un souffle parcourut le groupe. L’incrédulité, puis le soulagement.

Vauban bondit sur ses pieds, saisit Arn par les épaules et le souleva presque, éclatant d’un rire franc.

— Arn ! Vous êtes extraordinaire ! Vous avez sauvé le fort !

Autour d’eux, les applaudissements jaillirent. La tension se brisa d’un coup.

La musique reprit, plus vive, presque triomphante. Les chants s’élevèrent dans l’air du soir, portés par la joie retrouvée.

Vauban posa ses mains sur les épaules d’Arn, le regard brillant.

— Il faudra désormais vous appeler… le fort Arn !

Arn esquissa un sourire, secouant la tête.

— Non, maréchal. Gardez le nom de Mont-Dauphin. En souvenir du fils du roi.

Vauban le fixa un instant… puis éclata de rire.

— Je m’en doutais. Vous avez une belle tête de confiance.

Il lui donna une tape sonore dans le dos.

— Venez boire un peu d’hydromel. Vous l’avez bien mérité.



En rejoignant la grande table, Arn fut accueilli par les acclamations. Juliette l’embrassa avec fierté. Oscar et Annita rayonnaient, encore portés par l’adrénaline.

Vauban leva sa coupe.

— Mes chers amis… grâce à Arn, le fort est sauvé !

Les chopes s’entrechoquèrent. Les rires éclatèrent.

Un peu à l’écart, Victorien fut conduit vers la petite cage prévue pour le spectacle. Son regard fuyait, mais ses camarades vinrent tout de même le féliciter, entre déception et amusement.

La fête reprit pleinement ses droits.

Puis, peu à peu, les lumières semblèrent changer. Les voix se firent moins théâtrales. Le réel reprenait doucement sa place.

Après les derniers applaudissements, l’ambiance retomba en une joyeuse détente.

Annita, encore brillante d’émotion, se tourna vers Juliette.

— Merci de nous avoir fait découvrir ça. C’était génial !

— Je te l’avais dit ! répondit Juliette, radieuse.



Arn passa une main dans ses cheveux, encore un peu essoufflé.

— On s’y croyait vraiment… comme si on y était.

Oscar lui donna une tape dans le dos.

— Franchement, tu as assuré. Tu avais déjà joué ?

Arn secoua la tête en riant.

— Pas du tout.

– Quand vous étiez entrain de jouer, Vauban nous a dit que Victorien n’était pas comédien.

Il jeta un regard vers lui. On le faisait sortir de la cage. Ses amis riaient, le chambraient.

Arn se tourna vers Oscar.

— Maintenant, je sais que je peux te faire confiance… fort Arn !

— Merci, répondit Arn en levant sa chope. Heureusement que j’ai été malin.

— Ça, je confirme.

Leurs verres s’entrechoquèrent.

Avant de partir, ils firent un dernier tour du fort. Sous les lueurs dorées du soir, les remparts imposants, les bastions en étoile et la vallée qui s’étendait à perte de vue leur donnèrent le vertige.

— On retourne au plan d’eau ? proposa Juliette. On vous montrera le mobil-home.

— Avec plaisir, répondit Annita en terminant sa boisson.


Ils reprirent la route vers le plan d’eau d’Eygliers, encore portés par l’adrénaline et les rires. Le soleil descendait lentement derrière les montagnes, teintant le ciel de rose et d’or.


Fin du Chapitre 3 : Choix 3



Que va-t-il se passer ce soir au plan d’eau d’Eygliers ?


Des retrouvailles pleines de surprises ?

Des confessions inattendues ?

Des tensions qui remontent à la surface ?

Ou des moments de complicité qui vont tout changer pour vos personnages préférés…


La nuit ne fait que commencer.


À suivre au Chapitre 4


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👩🏽‍💻 Barbara Wonder

✍🏼 04/05/26

🖼️ Image : CANVA et photo personnelle de SlimMars 13




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