Symbolique du papillon (3) : Récits de voyage (suite)
Symbolique du papillon (3) : Récits de voyage (suite)
Elle reprit son cahier de notes pour poursuivre le récit de ses visites :
Les Météores : suspendues au ciel :
Au sommet de falaises et pitons rocheux gris sculptés par l'érosion, sont perchés des monastères chrétiens orthodoxes. 
D'après Anne, notre guide touristique, des moines s'installèrent ici dés le XIe siècle, cherchant à vivre à l'écart de la population, en solitaires, croyant que cela les rapprocherait de Dieu.
C'est quelque chose je peux comprendre : vouloir échapper aux tourments et ambitions démesurées des hommes. Mais la vie dans ces lieux hostiles ne devait pas être facile.

Pourtant, les moines finirent par devenir une communauté de plus en plus importante. Ils avaient d'abord vécu dans des grottes pour se protéger des invasions avant de construire des monastères à l'aide d'échelles articulées et de monte-charges démontables.
Tout fut ainsi acheminé dans des paniers attachés par des cordages qu'ils descendaient le long des parois rocheuses. Pour les remonter jusqu'aux monastères, les moines devaient tirer la corde.
Face à nous, sur les falaises, se trouvent ces monastères. Nous avons de la chance avec la météo : le soleil brille sur un fond de ciel bleu sans nuages. Je suis fascinée par le contraste entre cette sorte de montagne et la finesse des constructions.
Mais ce qui me frappe le plus, c'est que ces structures tiennent toujours debout. Le terrain ne paraît ni lisse, ni droit, ni terreux, mais en pente ! Malgré l'instabilité du sol et l'absence de fondations apparentes, on peut encore les voir, intactes. Tout semble être demeuré inchangé au passage des siècles.
L'atmosphère est spéciale. Le temps, suspendu dans l'air.
Quand je contemple ces vastes espaces verts qui épousent les roches, j'éprouve un sentiment de grandeur, et simultanément, je me sens toute petite en réfléchissant à la position de l'humain dans un endroit à ce point immense.
Comme si rien n'a de fin, si ce n'est notre existence.

Pour autant, j'ai la sensation d'être libre, portée par cette ambiance mystique.
Quand on ressent l'impression que l'on pourrait toucher la voûte céleste, on comprend alors pourquoi ces falaises se nomment « Météores »...
[Texte : 2013
Photographies : Février 2013]
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