Le dépassement de soi
Le dépassement de soi
C’est ma plus grande valeur, ce qui est le plus important pour moi.
C’est ce que j’incarne le plus depuis que je suis enfant.
Dans mes souvenirs, je revois cette enfant que j’étais qui bravait la peur :
dans des jeux de cache-cache dans la forêt,
en grimpant dans les arbres,
au ski en dévalant les pentes avec un chasse-neige grand ouvert,
ou cette fois, quand j’avais 5 ans et que je me suis cachée dans la voiture des grands-parents de mon amie d’enfance pour aller voir les poneys avec elle, alors que je n’en avais pas le droit.
Je revois aussi cette adolescente qui recherchait les frissons en haute montagne,
sur les sommets, en escaladant les parois,
en dévalant tout schuss les pistes de ski,
en frappant les balles sur les terrains de tennis jusqu’à l’enivrement,
en participant aux concours de sauts d'obstacles avec les chevaux du club,
et surtout, qui prenait un plaisir infini à galoper en laissant aller son cheval, les rênes au vent.
Elles avaient peur, cette enfant, cette adolescente, sur la ligne de départ,
peur de tomber, de se fracasser, de ne pas y arriver…peur aussi des représailles
mais elle y allait quand même .
Elles le faisaient, car toutes ces sensations les rendaient tellement vivantes,
les déconnectaient du temps pour vivre juste l’instant présent,
les connectaient à un sentiment de liberté,
et, surtout, après ces expériences,
elles étaient envahie de fierté, de joie de l’avoir fait.
Je revois aussi cette jeune adulte qui cherchait toujours plus de vitesse et de sensations en voiture .
Un de mes rêves non assouvis était de conduire sur un circuit .
Cette jeune adulte qui recherchait la plénitude sur le dos de son cheval,
en répétant des figures, en cherchant à voler dans des trots allongés .
Je la sens en moi, cette volonté incessante et inconsciente
de ressentir ces frissons , cette plénitude,
cette flamme de vie vibrante dans mon corps.
Je vois aussi que j’avais besoin de ces expériences extrêmes
— et parfois aussi de mises en danger —
pour me prouver que j’existais, que j’étais vivante,
car une autre partie de moi faisait tout pour mettre sous clé
mon monde intérieur ,
me couper de mes ressentis , de mes émotions,
fuir ce qui l’avait fait tant souffrir enfant ,
fuir ce qui n’avait pas été écouté, rassuré comme elle l’aurait souhaité lorsqu’elle était petite .
Le dépassement de soi,
c’est être connecté à ce qu’il y a de plus vibrant en soi ,
à cette énergie créatrice infinie que nous avons tous en nous-mêmes,
à ce feu sacré qui nous fait déplacer des montagnes
pour révéler la beauté de l’être lumineux que nous sommes,
à cette force de résilience que m’inspirent à chaque instant
les animaux et toutes ces personnes rejetées du fait de leurs différences.
Durant 57 ans de vie parsemée de violences, de traumatismes, de deuils ,
c’est le dépassement de soi qui fait que je suis la personne que je suis aujourd’hui .
C’est le dépassement de soi qui a soutenu tous mes projets
dans les différents domaines de ma vie,
qui m’a permis toutes mes transitions .
La seule différence entre hier et aujourd’hui,
c’est la conscience que j’ai de ce dépassement
et le respect pour l’intégrité de moi-même , des autres – humains et animaux –
que j’associe à ce dépassement de soi.
C’est désormais non négociable
que le dépassement de soi serve et contribue à :
la sécurité
l’épanouissement
et la paix
de chacun, dans son individualité, et au sein de la relation .
Le respect de chacun, l'éthique et l'authenticité sont tout autant important pour moi aujourd'hui.
N'est-ce pas finalement, être en gratitude pour la vie et l'amour ?

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