De l'indignation et du pardon
Prendre la responsabilité de ses réactions
Qui n'a pas déjà dit "tu m'énerves" lorsque quelqu'un a eu l'impudence de susciter en lui une réaction de contrariété qui l'a fait monter dans les tours? Mais est-ce bien de la faute de l'autre si nous nous énervons? Ne devrions nous pas plutôt admettre que cette réaction vient de nous et dire "je m'énerve"? Certes le déclencheur est un événement extérieur, par exemple une phrase ou un comportement d'un tiers, mais avons-nous à ce point si peu de contrôle sur nous même que nous en sommes justifiés à mettre le blâme sur autrui?
Ce serait admettre que nous ne sommes finalement que le jouet de nos émotions et ne portons aucune responsabilité sur leur survenance. Attention, je n'ai pas dit qu'il fallait contenir ses émotions et ne pas les montrer. Au contraire, il est probablement assez sain de les exprimer. La question est de savoir à qui ou à quoi les attribuer. Ou en d'autres termes, faut-il en assumer la responsabilité ou la rejeter sur les autres ou les circonstances extérieures?
Avant de répondre, faisons d'abord le constat que nous ne réagissons pas tous de la même façon à une même circonstance. Prenons par exemple la scène suivante : vous voyez une femme gifler un homme dans la rue. Lui est choqué, mais vous, cela vous fait rire. Une même situation, deux réactions différentes. L'un a une réaction de choc à la gifle, alors que la même gifle provoque un rire chez vous. Ce n'est donc pas le comportement du tiers (la femme) qui est objectivement contrariant et qui provoquerait la même réaction chez tous. L'homme giflé aurait pu en rire également, mais peut-être a-t-il été blessé dans son amour propre ou heurté dans ses sentiments ou a carrément vu rouge. Bref, le fait est que sa réaction lui appartient, comme la votre, car vous aussi auriez pu être choqué selon les circonstances.

D'où viennent nos réactions?
Lorsque l'on réagit sur le moment, par exemple en s'énervant, c'est généralement parce qu'une émotion entre en jeu. C'est rarement le fruit d'une pensée réfléchie. Le siège de la réaction immédiate n'est donc pas le cerveau, mais l'émotion. Généralement, lorsque l'on reprend ses esprits et que l'on analyse posément la situation, on a d'ailleurs tendance à se calmer. Pas tout le monde et pas toujours, toutefois, ainsi que nous le verrons plus tard.
Qui dit émotion négative dit souvent blessure, car la colère, la frustration, la tristesse sont fréquemment des réactions qui surgissent en lien avec quelque chose qui ne s'est pas mis en place comme il faut à un stade ou un autre de notre vie, généralement pendant l'enfance ou la petite enfance. Il s'agit d'un mécanisme de défense pour se protéger de quelque chose qui nous a fait mal et que nous cherchons soit à oublier, soit à éviter de devoir confronter.
Dans ses ouvrages comme The SPARC Trilogy ou The New IQ, le Dr David Gruder explique que l'être humain fonctionne par défaut avec des mécanismes de survie innés ou acquis dans l'enfance. Ces mécanismes sont déclenchés par la peur, le stress, le sentiment de manque ou les blessures passées. Bien qu'utiles dans notre construction, pendant l'enfance, pour nous protéger, ils finissent par se transformer en schémas limitants et en autosabotage, d'après le Dr Gruder.

Le nourrisson, en effet, s'il est rejeté par sa mère, ne pourra pas s'en sortir tout seul. C'est donc une question de survie pour lui que de tout faire pour être accepté. Une fois adultes, nous restons toutefois sous l'emprise de certains schémas sans le réaliser. Selon le Dr Gruder, nous ne réalisons pas que les schémas que nous avons mis en place et qui étaient nécessaires à notre survie, n'ont plus d'utilité lorsque nous sommes devenus adultes.
Mettre la faute sur les autres
Nous sommes tellement habitués à certains schémas de réaction que nous ne pensons pas à les questionner. Nous préférons blâmer les circonstances extérieures ou les autres, chaque fois que nous sommes contrariés. C'est bien plus simple. Faire le travail de se demander si c'est une blessure qui a été touchée en nous, aller identifier cette blessure et surtout avoir le courage de la confronter et de la soigner, la patience de la guérir une fois pour toute, n'est pas à la portée de tous. Car cela demande un travail sur soi qui ne sera pas nécessairement agréable. Il est bien plus confortable de se laisser emporter par ses émotions et de considérer que c'est la faute à..... la société, aux parents, à notre boss, au voisin, à son conjoint, etc, etc.....
Pour ceux qui en auraient marre d'être submergés par leurs émotions et qui se rendraient compte qu'il est peut-être temps de cesser de céder à la facilité de pointer vers l'extérieur pour expliquer ses malheurs, il est intéressant de regarder si certaines réponses ne se trouveraient pas à l'intérieur de soi. Et de commencer à prendre la responsabilité de ses réactions.

J'ai bien conscience qu'en émettant cette idée, je vais à l'encontre d'une certaine mouvance associée à la justice sociale, qui prône le droit de s'offenser pour un oui ou pour un non. Il ne s'agit bien évidemment pas de nier ici un juste retour des choses pour tous ceux qui ont vu leurs droits et valeurs injustement bafoués depuis trop longtemps et qui se sont indignés à juste titre d'un manque d'inclusivité ou d'égalité. Nous y reviendrons d'ailleurs lorsque nous évoquerons le concept d'indignation.
En revanche, je déplore toute exagération et considère comme inutilement clivant ce sense of entitlement, cette mentalité d'ayant-droit, propre à certains aujourd'hui, qui leur donne le sentiment qu'ils sont justifiés à s'offusquer de tout et de rien, dès que quelque chose ne leur convient pas, et à porter l'opprobre sur quiconque oserait défier leur sensiblerie, s'arrogeant le droit de traiter les impétrants de tous les noms, allant de fachos, à réactionnaires, racistes, misogynes, voire de cisgenres, de blancs privilégiés ou de pyschophobes, etc.....
Le droit à l'indignation
Alors, je n'ai pas dit qu'il fallait tout accepter non plus, au motif que nous serions les seuls responsables de nos émotions et des réactions qu'elles suscitent. Il y a des situations qui justifient l'indignation, bien entendu. Prendre sur soi l'inacceptable n'est évidemment pas envisageable. Toute la question est de savoir où se situe la frontière.
Lorsqu'une situation vient toucher à notre intégrité profonde, on n'est plus dans le domaine de la blessure non réglée. On rentre dans le domaine de l'atteinte à notre humanité, à notre essence. On peut même dire qu'il en va de la préservation de l'âme et du soin qu'il s'agit de porter à celle-ci. On vient toucher en cela aux valeurs de l'âme. Non pas à nos simples croyances dictées par notre éducation ou nos biais sociaux, mais à nos valeurs fondamentales, aux principes de vie qui nous régissent et qui donnent du sens à nos existences. Là, le droit à l'indignation se justifie. Il s'impose même. Il est essentiel, car en ne prenant pas soin de notre âme, nous risquons de nous avilir, de souiller notre intégrité, voire même d'accepter des compromis qui d'une certaine façon pourraient relever du pacte faustien.

Mais comment distinguer ce qui relève de la simple blessure de ce qui vient toucher l'intégrité de l'âme? Je propose de tourner la question un peu différemment et de regarder les choses sous l'angle de l'opportunité. Pour chaque situation contrariante, l'idée serait de prendre conscience que la contrariété qui monte en nous est un signal. Celui qui nous invite à nous poser la question suivante: suis-je en présence d'une blessure non réglée ou d'une atteinte à mes valeurs fondamentales?
La double opportunité
Si j'identifie ma réaction comme provenant d'un problème que je n'ai pas réglé, alors il s'agit peut-être d'une opportunité de travailler dessus, de prendre sur moi et de résister à la tentation blâmer autrui ou les circonstances extérieures. Pour me responsabiliser, il peut aider de me dire que l'autre n'est que le déclencheur, mais pas le responsable.
J'ouvre ici une parenthèse de philosophie métaphysique, si je peux me permettre de l'appeler ainsi, et renvoie ceux qui souhaiteraient creuser davantage le sujet à mon article qui traitait, au passage, des questions du destin et des choix de l'âme en matière de réincarnation. Si ça se trouve, c'est le karma de l'autre dans cette vie que de se comporter comme il le fait, et que ce n'est pas à nous d'en juger. Il est peut-être venu vivre l'expérience qui le conduit à se comporter comme il se comporte. Il ne nous appartient pas de considérer qu'il ne se comporte pas comme nous le souhaiterions. Le faire serait projeter nos besoins, manques ou envies sur l'autre au lieu de les assumer. En réalité, l'autre se comporte peut-être comme il le doit par rapport à son karma. Et nous n'avons pas à le juger pour cela.

Ainsi, on peut même parvenir, pour les plus sages d'entre nous, à remercier l'autre de se comporter conformément à son destin. En réalisant son karma, il nous offre l'occasion de travailler sur le nôtre. De nous demander pourquoi nous réagissons de la sorte. Et de peut-être découvrir que nous sommes venus vivre l'expérience des blessures que l'autre déclenche chez nous. Pour pouvoir les travailler, les dépasser et en retirer quelque enseignement dans notre présente incarnation.
En revanche si j'identifie l'attitude de l'autre comme venant heurter mes valeurs fondamentales, il s'agit peut-être d'une opportunité que la vie m'offre de prendre les mesures nécessaires pour préserver mon âme.
Comment préserver son âme ?
Il y a deux volets à cette question. Le premier consiste, comme auparavant, à ne pas en vouloir à l'autre et à ne pas le juger. Cet aspect est primordial et nous y reviendrons lorsque nous examinerons la question du pardon. En jugeant l'autre et en lui reprochant son attitude, il me semble que nous commettrions deux erreurs.
La première serait de se faire du mal à soi-même. En en voulant à l'autre, nous entretenons des pensées négatives qui viennent baisser notre propre niveau vibratoire. Il est plus sain d'accepter que l'autre est sans doute en alignement avec son propre karma, sans lui en vouloir. Parfois d'ailleurs, il ne se rend même pas compte que son attitude est en contradiction avec nos valeurs profondes.
La deuxième erreur serait de se mettre dans un rôle de juge qui n'est pas le nôtre. Car, qui est-on pour considérer que nos valeurs sont supérieures à celles d'autrui et qu'un comportement qui irait à l'encontre de nos valeurs serait forcément blâmable? Interrogé par un journaliste, le responsable du commando qui avait liquidé Ben Laden aurait répondu à la question de savoir s'il pensait que ce qu'avait fait Ben Laden était pardonnable : "Ce n'est pas mon job de le pardonner, c'est celui de Dieu. Le mien était de faire en sorte qu'ils se rencontrent". L'anecdote nous rappelle que nous n'avons pas à nous substituer à Dieu et que ce n'est pas notre rôle de juger.

En revanche, il nous appartient de préserver notre âme. Et il est tout à fait concevable que nos valeurs ne soient pas compatibles avec celles de l'autre. Il ne s'agit pas d'un jugement de l'autre, mais d'un constat d'incompatibilité, ce qui est très différent. Dans ce cas, la sagesse commande sans doute de s'en aller voir ailleurs.
J'aime bien la citation de Keanu Reeves dans le film Destination Wedding qui illustre mon propos: "There are seven billion people in the world. So when one of them behaves badly toward you, he's actually doing you a great favor because he's saving you time. He's telling you that he's not worth your while. He's freeing you to say, 'Thank you for the information. I will now move on to the 6,999,999,999 other people, some of whom may have some value."
La citation est quelque peu réductrice, car elle émet un jugement de valeur, mais l'idée est là. En présence de quelqu'un ou quelque chose qui vient heurter tes valeurs fondamentales, passe ton chemin. Tu te dois bien ça, dans un souci de préservation de ton intégrité. Dans ce cas, l'indignation que tu ressens face à une situation ou un comportement est justifiée. Elle est le signal qu'il faut te préserver, elle t'offre une opportunité de respecter tes valeurs, de prendre soin de ton âme.
De la notion du pardon
Le sujet est délicat. Le pardon est au centre de la plupart des religions. Un de mes amis conférencier évoquait l'autre jour l'extraordinaire capacité de Jésus à pardonner après tout le mal qui lui avait été fait par les hommes. Cette remarque m'a interpellé. Jésus était-il dans le pardon?
Le christianisme et le judaïsme semblent avoir fait du pardon leur "pain quotidien". Entre Yom Kippour, la fête du grand pardon et le Notre Père - ...comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés -le pardon serait une bonne chose. Au risque d'en choquer plus d'un, je souhaite vous soumettre une thèse quelque peu différente.
Jésus aurait dit "Je ne suis pas venu pour juger le monde" (Jean 12:47; 8:15). Et si Jesus était simplement d'une telle mansuétude, bienveillance, indulgence qu'il ne lui serait jamais venu à l'esprit d'en vouloir à qui que ce soit. Quoique les gens fassent, il n'avait aucune rancune, aucun ressentiment. Or pour pardonner à quelqu'un, ne faut-il pas lui en avoir voulu en premier lieu? D'ailleurs, connait-on dans les écritures une seule trace de parole de Jesus qui aurait dit qu'il pardonnait personnellement quelqu'un ou quelque acte qu'il aurait jugé indigne?

Je ne tiens pas à soulever l'épineux sujet de la culpabilité qui sous-tend la notion de pardon. Le sujet est trop vaste et complexe. Je tiens juste à relever, dans l'esprit du propos de cet article, que lorsqu'un comportement vient réveiller une blessure chez vous ou cause une indignation en lien avec vos valeurs fondamentales, la question du pardon vient naturellement à l'esprit. En d'autres termes, dois-je pardonner le comportement de l'autre? Et c'est là que je glisse l'idée suivante: si vous avez la sagesse de prendre sur vous (en saisissant l'opportunité, soit de soigner une blessure, soit de vous indigner pour protéger votre âme et passer votre chemin) et de ne pas en vouloir à l'autre, vous n'avez pas besoin de le pardonner.
Pardonner - Part donner
Dans pardonner il y a "donner sa part". Ou rendre à l'autre ce qui lui appartient, sans lui en vouloir. Si pardon il devait y avoir, peut-être s'agit-il avant tout de se pardonner soi-même. D'apprendre à être indulgent vis à vis de soi quand on s'est laissé emporter par ses émotions. Ne pas s'en vouloir d'en avoir voulu à l'autre, de l'avoir jugé. De réaliser que de vouloir que l'autre soit différent n'est pas raisonnable. D'apprendre à accepter qu'une des causes de la souffrance sur terre est peut-être précisément cette incapacité à accepter le monde tel qu'il est. A vouloir qu'il se conforme à nos croyances, nos valeurs, nos illusions. Et à ressentir de la frustration, de la tristesse, voire de la colère quand, inévitablement, il ne l'est pas.
L'homme est sans doute une des seules formes de vie sur cette planète capable de raconter des histoires. A commencer par s'en raconter à lui-même. Et à vouloir convaincre les autres, voire à les critiquer, quand ce n'est pas les combattre, si leur histoire est trop différente de la sienne. Et à en être très malheureux si sa vie ne se déroule pas conformément au scénario qu'il s'était créé dans sa tête.
Il y a donc quelque chose d'assez peu raisonnable dans le fait d'en vouloir à autrui parce que l'histoire que l'autre se raconte ne cadre pas avec la nôtre, pour ensuite en arriver à le pardonner de nous avoir offensé d'avoir eu sa version. Absoudre l'autre du péché de nous avoir offensé, quelle magnanimité, après pareil outrage. De même, il y a quelque chose de surréaliste dans la notion de demander à l'autre de nous pardonner d'avoir eu le toupet de croire en notre histoire et parce qu'elle ne correspondait pas la sienne.
Faut-il s'excuser?
La réponse n'est pas si simple qu'elle ne le paraît. En effet, si aucun être doté du minimum de bienveillance ne saurait se réjouir de la souffrance d'autrui, faut-il pour autant encourager autrui à croire qu'il n'est pas responsable de ses propres réactions. Car en s'excusant auprès de l'autre, ne lui fournit-on pas l'excuse de faire l'économie du travail sur lui-même qui consisterait à assumer la responsabilité de ses réactions?

S'excuser, c'est disculper l'offensé de toute responsabilité, de tout effort de remise en question. C'est même reconnaitre sa propre culpabilité dans l'affaire. C'est reconnaître que l'autre avait raison de vous reprocher de ne pas avoir été comme lui le souhaitait. Qu'il avait raison de vous en vouloir. Que sa réaction et les émotions qu'il a eues étaient légitimes et n'avaient rien à voir avec des blessures qu'il portait et qu'il ne souhaitait pas regarder en face.
Mais si l'autre n'est pas prêt à entreprendre ce travail sur lui-même, est-ce à nous de l'aider à le comprendre? S'excuser d'avoir été soi-même va peut-être l'apaiser sur le moment, mais rend-on vraiment service à l'autre en s'excusant de l'avoir contrarié? La question n'a sans doute que peu d'importance lorsqu'il s'agit de personnes qui n'occupent pas de grande place dans nos vies. Mais qu'en est-il lorsqu'il s'agit d'êtres chers, de nos parents, de nos enfants, de notre conjoint, de notre meilleur(e) ami(e)?
Le risque est de les perdre, car eux pourraient nous en vouloir de ne pas être d'accord d'assumer la responsabilité de leurs émotions à leur place. Et ils pourraient ne pas être capables de nous pardonner ou de se pardonner à eux-même leur courroux. Car, s'ils se rendent compte un jour qu'ils ont mis sur notre dos leur incapacité à faire face à leur propres blessures, sauront-ils se le pardonner? Auront-ils le courage de le reconnaître et de regretter de nous en avoir voulu. Peut-être qu'entre temps, des semaines, des mois ou des années se seront écoulées et que la réalisation du gâchis résultant de leur rancune les empêchera de tenter de réparer les pots cassés, de rattraper le temps perdu.
Si l'on a commis des actes que l'on sait ne pas être bienveillants, je pense qu'il faut savoir présenter ses excuses et espérer que l'autre saura les accepter. Peut-être que nos actes auront atteint l'autre dans son intégrité profonde et qu'il aura décidé, pour se protéger, de se tenir à distance. Considérera-t-il que nos excuses permettront de retrouver une compatibilité au contact l'un de l'autre? Ce sera à lui d'en décider et à nous de s'en montrer à la hauteur, si tel devait être le cas.

Si nous avons agit en âme et conscience et avons malgré tout réveillé des blessures chez l'autre, sans le faire exprès, ou pire avons involontairement heurté son intégrité profonde, est-ce que des excuses permettront d'effacer les dégâts? Je dirai que si l'autre n'a pas entretemps travaillé sur ses blessures, les excuses ne règleront pas le problème. Et si le différend a mis en exergue une incompatibilité sur le plan de l'âme, ce ne sont pas les excuses qui la feront disparaître.
Accepter que chacun a son karma et doit se respecter, pour celui qu'il est, même s'il en résulte une incompatibilité avec l'autre, est sans doute la seule issue. Se forcer contre nature à changer, pour faire plaisir à l'autre, risque en effet de ne pas être en alignement avec le respect des valeurs qui sont nécessaires à notre âme pour qu'elle puisse évoluer en harmonie avec elle-même.
C'est en tout cas une des épreuves les plus ardues de l'existence que de découvrir qu'un être cher ne fait en réalité pas ou plus partie de la même famille d'âme que la vôtre ou qu'un contrat d'âme avec une âme soeur a pris fin, après un long parcours côte à côte, en raisons d'incompatibilités qui ont surgi avec le temps ou en raison d'une incapacité à faire face à certaines blessures de l'âme.
Philippe Szokoloczy-Syllaba, le 24 septembre 2026
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