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la course hauturière des Vents
Non-fiction
Fotografia
calendar Pubblicato 30 ott 2026
calendar Aggiornato 30 ott 2026
time 3 min
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la course hauturière des Vents


La terre est légèrement bombée, elle semble se courber sous le plaisir, se tendre sous l’effet de quelque volupté. Noces du Ciel et de la Terre. Epousailles des Infinis. Osmose des Inconnaissables. Ciel, Terre, jamais nous n’en possèderons la totalité, tout juste en apercevrons-nous quelques clignotements, quelques fragments pareils à ceux des kaléidoscopes, ils nous fascinent et disparaissent à même leur fascination. Ceci veut dire que la beauté est toujours au-devant d’elle-même, en arrière d’elle-même, jamais en un endroit exact qui en ferait une chose du monde, un objet préhensible, un outil dont nous tracerions une immédiate frontière, édifierions des limites. Oui, c’est bien ceci, la joie qu’instille en nous toute beauté, elle bourgeonne tout en haut de notre désir, elle brûle le bout de nos doigts, elle effleure le velouté de nos sexes mais jamais ne s’y dépose. Le ferait-elle, elle serait semblable à l’action journellement répétée qui meurt de l’être trop souvent.

Haut est le Ciel. Immense est le Ciel. Sa course n’a nulle borne. Nul air ne le possède. Seule la Rose des Vents en parcourt l’immortelle durée : Alizé ; Bise ; Grain blanc ; Nordet ; Noroît ; Suroît ; Suet ; Harmattan ; Ponant ; Simoun ; Sirocco. Ces mots sont magiques ; Ces mots sont célestes. Ces mots planent à des hauteurs vertigineuses. Ces mots sont les rubis du Poème, ce Langage Essentiel. Ces mots sont les mots de la Transcendance, grâce à qui la Nature se donne pour l’exception qu’elle est, par qui les Hommes viennent à eux, existent, ces Echappés du Néant, certes ourlés de finitude, c’est ce qui fait leur grandeur, tresse les motifs de leur éthique. Alors la Beauté ? Elle est identique à la course hauturière des Vents, elle vient de loin, va loin, esseulée mais sûre d’elle, fière de sa race, emplie de sa propre vérité. Nul ne peut arrêter la beauté, la fixer dans un cadre et la clouer au mur. Ce qui est punaisé aux cloisons : de simples images d’Epinal, autrement dit des genres de contingences faisant halte le temps d’un regard et se gommant à l’aune de ce furtif regard.


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