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venu à soi dans le pur paraître
Fiction
Tale
calendar Publicado el 19, oct, 2026
calendar Actualizado 19, oct, 2026
time 3 min
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venu à soi dans le pur paraître


Pour cela même et pour bien d’autres raisons, Imago Mundi (son autre nom) est pure venue à soi d’un émerveillement toujours renouvelé. Elle est cet événement inscrit dans la première argile où se dessinent les signes et les repères de sa propre géographie, où émergent les méridiens des sentiments, où s’irise dans un genre de confusion originelle la carte de Tendre qu’elle nous tend comme son image la plus probable. Elle est cette idée babylonienne qui tremble dans le lointain, tette une pierre première recueillant les sèmes ineffables de l’exister. Entre la chenille et le papillon venu à soi dans le pur paraître, en instance d’être vraiment, toujours cette faille en arrière des choses, cette brume au devant qui porte le nom de futur, ne se dévoile jamais que dans la vision trouble des approximations. Identique à cette évocation de la Terre d’inspiration cosmologique - cette préhension singulière du monde -, encore cernée de la néantisation d’un chaos perceptible mais s’ouvrant déjà sur une perception approchée et manifeste du réel. Magnifique métaphore de ce que la culture des hommes invente au fur et à mesure de son cheminement dans l’orbe du savoir.

Ici, il y a stricte équivalence entre cette image d’un monde en train de se façonner et l’image d’une présence qui se montre à l’intersection particulière d’un espace et d’un temps, cette Nymphe qui s’approche de nous dans un genre de battement d’ailes. Comme s’il y avait danger à demeurer ici, dans cette forme inachevée du présent, alors que le sens fait signe vers l’ancien et également l’avenir, s’habillant du mystère de l’exister en sa confondante évanescence. Apercevoir un être dans le cycle de sa croissance, c’est toujours en saisir l’incroyable tissu d’ombre et de buée. Il ne demeure dans les mains que quelques gouttes imperceptibles, dans les yeux qu’un passage tel le vol rapide de la sterne, dans la conscience la fuite d’un vent que nous ne pouvons nommer faute d’un langage adéquat.

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