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La « PMA pour toutes » et ses dérives

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Dans deux jours aura lieu l’ouverture du débat sur le projet de loi de bioéthique à l’Assemblée nationale, dont la mesure phare est l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA pour toutes).  
 
 
La procréation médicalement assistée (PMA) qui « consiste à manipuler un ovule et/ou un spermatozoïde pour procéder à une fécondation », (Institut national de la santé et de la recherche médicale) est aujourd"hui accessible aux couples "homme-femme" qui ne parviennent pas à concevoir d’enfants, ces derniers souffrant d’une pathologie de la fertilité. C’est jusqu'alors la seule condition d’accès à une telle procédure. Le projet de loi présenté à l'Assemblée Nationale le 24 septembre prochain consiste en l'élargissement de la PMA à toutes les femmes, comprenant implicitement celles homosexuelles et célibataires.
 
Si les couples de femmes ou les femmes seules ne peuvent pas avoir d’enfants, ce n’est naturellement pas pour une pathologie de la fertilité ou tout autre raison médicale ; celles qui font la demande d'une PMA sont en l'occurence des femmes fécondes. Avec cette extension, on pourrait donc utiliser la médecine pour la détourner de sa finalité. Elle deviendrait une prestation de service qui permettrait de réaliser nos désirs individuels. Une logique transhumaniste finalement. 
 
Une des injustices de cette "PMA pour toutes" est directement liée à l'enfant ; la société serait donc, demain, prête à faire naître, de manière délibérée, des enfants orphelins de père. L’Académie nationale de médecine vient d'ailleurs de rendre un avis officiel sur ce sujet, samedi dernier, dans lequel elle explique que « la conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure » et n’est « pas sans risques » pour son « développement psychologique » et son « épanouissement ». Dans la vie, il y a des difficultés, des aléas ; on peut effectivement perdre son père, ou ne pas vivre avec ce dernier, mais la grande différence est que, dans ce cas, cela serait volontairement mis en place.  
 
Pas d'égalité sans l'extension de la PMA  ? 
 
Si certains prétendent l'existence d'une discrimination envers les femmes seules "sans mari" et les couples de femmes, il est important de préciser que la différence de traitement entre les couples formés d’un homme et d’une femme et les couples de personnes de même sexe n’est pas contraire au principe d’égalité, selon un arrêt du conseil d’État du 28 septembre dernier.
 
En revanche, si le projet de loi venait à être adopté, cela engendrerait évidemment une rupture de l'égalité puisque la PMA, qui serait donc accessible à toutes les femmes, devrait, en toute logique, - au nom de l'égalitarisme ambiant - être un jour revendiquée par des hommes et par conséquent ouvrir inexorablement la porte à la gestation pour autrui (GPA). On romprait avec un principe qui fonde nos civilisations depuis la nuit des temps, cela allant de pair avec une marchandisation des corps, désormais traités comme produits de consommation.
 
Le progrès amène, certes, beaucoup de bonnes choses - surtout en matière de santé - mais il semble aujourd'hui nécessaire de poser des garde-fous pour protéger l’être humain contre tout dérèglement bioéthique.