Camel Essential 100's
Ce poème est d’abord écrit en russe, mais n’est pas publié. Il est ensuite publié en français sur Panodyssey.
—
le ciel au-dessus est une plaie grise,
une traîne de cendres sur le béton.
je sors le paquet, le craquement du carton,
le rappel sec de ce qui ne bouge plus.
Camel Essential 100's,
longues, lentes, comme tes doigts.
le tabac a le goût des matins de dimanche
où nous n'avions rien à perdre,
pas même nos noms.
c'est une dette, une scorie de l'autre côté,
avant que ma peau ne se durcisse,
avant que mes mains
ne deviennent ces instruments de fer et de temps.
le briquet à quatre-vingts centimes,
celui qui s'éteint dès la première flamme,
et soudain, l'odeur :
ce n'est pas du tabac, c'est la trace de ta peau,
cette chaleur précise à la jointure des articulations
que je cherche encore sous la cendre.
chaque aspiration est une exhumation,
un rituel qui s'effiloche.
le brasier remonte,
le papier jaunit,
la braise dévore ce que nous étions.
dans ce brouillard qui stagne,
je sens le poids de ton passage
qui se dépose au fond de mes poumons.
à défaut de te retenir, je t'avale.
au moins une promesse accomplie.
avant la métamorphose,
avant que je ne devienne cette chose.
je garde la fumée,
une dernière taffe de toi
puis
je recrache le reste de ta vie.
— Dato
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