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Publié le 15 janv. 2021 Mis à jour le 15 janv. 2021
time 5 min
CREATIVE ROOM

Anecd'auteur

En direct avec notre reporter !

En septembre 1992, nous quittions la Lorraine pour une destination rêvée des gens du "Nord", le Sud-Est de la France.

Mon employeur m'avait proposé de progresser professionnellement et d'occuper le poste de Responsable d'Exploitation. Pour moi, cette nouvelle mission répondait à un double rêve. Le premier était de réaliser l'objectif que je m'étais fixé secrètement en poussant les portes de l'entreprise. Je souhaitais vraiment atteindre le même poste que la personne qui m'avait recruté quelques années plus tôt. Le deuxième, j'avais toujours eu une envie oppressante d'habiter au soleil, peut-être pour entreprendre ce que les autres personnes disaient mais ne faisaient jamais.

Il faisait nuit noire en plein jour et les premiers éclairs d'un orage d'été étaient en train de prendre la place du beau ciel bleu du week-end. J'avais profité de ces deux agréables journées pour ranger seul, les six stères de bois que j'avais commandés pour l'hiver.

De mémoire, nos chers voisins nous avaient évoqué les orages de chaleur mais surtout des épisodes cévenols. Ces forts orages se concentraient sur la région du Languedoc Roussillon. Les fortes chaleurs aspiraient l'eau de la mer Méditerranée et ses énormes cumulonimbus remontaient le couloir rhodanien. Mais, à cause des Cévennes, les nuages stagnaient dans cette région et les pluies se déversaient sur une zone restreinte. Aussi, les sols étant trop secs et trop durement asséchés par un été très lourd, les très fortes précipitations ne pouvaient pas être absorbées par Dame Nature. Les inondations étaient le résultat logique mais triste de cette période du calendrier. Il faut savoir que la macadamisation des zones industrielles ou pavillonnaires avaient pris malheureusement la place de beaux pâturages.

J'arrive à l'agence située au Marché d'Intérêt National à Avignon. Je profite de cet intermède pour signaler à toutes les personnes qui souhaitent l'apprendre que l'on ne dit pas : « en Avignon ». L'adverbe "en" est utilisé lorsque l'on veut parler d'un territoire, d'un empire…

L'orage s'était renforcé et les éclairs dans le ciel, de couleur noire encre de Chine, se rejoignaient, rendant la situation inquiétante. J'avais eu juste le temps d'ouvrir la porte de l'agence que les pluies torrentielles s'abattirent sur le MIN d'une puissance hors norme. J'avais l'impression que des personnes étaient juchées sur le toit du dépôt et qu'elles vidaient leur sceau d'eau. Je n'avais jamais assisté à une quantité aussi astronomique d'eau de pluie dans un créneau horaire aussi court. Ma collègue qui avait toujours habité dans la région me fixa avec un regard inquiet et me dit :

- Alain, chez vous dans le Nord, il doit pleuvoir souvent comme cela.

Il faut que je vous explique un point stratégique. Dans le Sud-Est, toutes les villes situées au-dessus de Lyon sont considérées dans le Nord. Mais personnellement, j'étais originaire du Nord-Est, c'est une nuance que je tenais à signaler.

Non, dans le Nord-Est, le volume des pluies que j'avais constaté ne pouvait pas confirmer ses propos alarmants. J'ai observé que le niveau d'eau montait progressivement du sol pour s'arrêter juste au bas des portes des voitures. L'angoisse se lisait sur le visage de mes nouveaux collègues et nous ne pouvions appeler nos proches car les lignes téléphoniques étaient coupées. Nous étions bien à l'abri au sein de l'agence mais nous ne savions que faire de cette situation hors norme. Vers onze heures, la pluie s’interrompit subitement et même quelques rayons du soleil firent leur apparition. 

Je vis les regards se déstresser et même les premiers sourires réapparaître. Les énormes nuages noirs se dirigeaient vers les villes et villages du Nord, Orange, Carpentras et Bollène pour ne citer que les plus connus. Les lignes téléphoniques furent rétablies et le premier appel reçu fut celui de notre conducteur sur le secteur de Vaison la Romaine. Patrick, était un garçon très sympathique et serviable. Il était discret, on avait l'impression qu'il distribuait ses mots lorsqu'il s'exprimait devant une assistance. Mais, cette fois-ci, il était intarissable comme personne, aussi la conversation téléphonique que nous étions en train de vivre en direct était folle. 

Patrick nous annonça :

- Ici, c'est le déluge, je suis à l'abri mais depuis une heure c'est la fin du monde. Au moment où je vous parle, je vois dans la rue parallèle des tas d'objets qui passent à grande vitesse : des troncs d'arbres, des voitures retournées, des caravanes bosselées.

Heureusement que mes collègues connaissaient bien ce conducteur car ses propos semblaient impossibles, irréalistes et, voire même utopistes. A cette époque, les smartphones n'existaient pas et les télévisions d'information en continu de type CNEWS et LCI ou BFMTV n'étaient pas encore créées. Nous pouvions que croire les allégations de Patrick qui semblait être derrière son micro et nous devant notre poste de radio, à l’instar d’un journaliste reporter envoyé par son employeur sur le terrain pour nous commenter cette journée catastrophique. Patrick restait tellement serein malgré les événements exceptionnels.

Nous avons pu constater le soir, en regardant les informations télévisées, que notre collègue, reporter d'un jour, n'avait pas exagéré sur sa description précise de la situation. Pour votre information (jeu de mot), Patrick fut débaptisé et nous lui avions redonné un nouveau prénom, celui désormais de Reporter TV !

Lorsque je rentrais chez moi le soir à Cabannes, je constatai qu'un court-circuit général avait touché le tableau électrique et téléphonique de notre rue. Aussi, mes appels à répétition pour joindre ma femme pour avoir de ses nouvelles ne servirent, donc, à rien. De plus, la maison était cernée de tous les stères de bois qui avaient été transportées (c'est plus fort que moi de l'écrire) et flottaient tranquillement dans l'attente que l'eau se retire.

Ne me dites pas que vous avez oublié, chers lecteurs, que je les avais soigneusement rangées dans un endroit prévu à cet effet.

Pour conclure, cette situation exceptionnelle m'inquiétait car je me demandais si cette journée était un signe annonciateur. Les années à venir me réserveront de très belles surprises et je peux vous l'avouer que la chance sourit parfois aux audacieux.

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