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Une simple formalité !

Une simple formalité !

Publié le 15 janv. 2021 Mis à jour le 15 janv. 2021
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Une simple formalité !

L'histoire que je vais vous conter, maintenant, est une véritable tranche de vie vécue en commun avec un ancien collègue. Avec lui, nous avons construit une belle histoire professionnelle mais surtout une amitié indéfectible.

Cette anecdote débuta par un appel téléphonique que je recevais un matin, bien installé dans mon grand bureau de l'agence de Gennevilliers. Cet entretien téléphonique avec une personne décideuse de la Direction Générale, concernait, un profil intéressant au sein de notre pépinière de jeunes. Comme promis trois mois plus tôt, cet alternant devait être embauché dans notre entreprise.

Le bizutage au sein de la grande maison devrait s'effectuer, sans son consentement, durant quelques années à mes côtés. En haut lieu, on voulait savoir si le ramage de ce garçon était à la hauteur de son plumage. Ce stagiaire avait réalisé brillamment son alternance dans deux agences du Sud de la France (Marseille et Nice). Nos dirigeants avaient considéré que les jugements des responsables hiérarchiques locaux étaient bien trop complaisants. J'avais eu comme mission de confiance de contacter ce collègue afin de lui proposer un entretien à l'agence de Gennevilliers. Ma vision d'un début de carrière, en région parisienne, était une bonne idée pour juger de la motivation réelle de ce jeune exploitant.

L'objectif principal étant de le convaincre de venir me rejoindre dans cette importante agence de notre groupe.

Ni une ni deux, je contactai ce jeune diplômé (Gestion des Opérations Logistiques niveau Bac +3), originaire de la Venise provençale.

Vous ne connaissez pas cette bourgade du Sud-Est ? 

Il s'agit de la ville de Martigues dans les Bouches du Rhône, à quelques encablures de Marseille. Je me souviens du premier appel téléphonique comme si c'était hier. Le jeune homme était bien occupé au service d'Exploitation en train d'exercer son métier. Je me présentai pour lui indiquer, à sa grande surprise, que nous pourrions nous rencontrer pour un entretien d'embauche. Mon interlocuteur fut instantanément sur la défensive. Ses responsables locaux n'avaient pas eu le courage d'aborder la suite de sa carrière, ailleurs que sur un site en région Sud-Est. Ils lui avaient même promis, ces dégonflés, un premier contrat en CDI à l'agence de Nice.

A vrai dire, Gennevilliers n'était pas vraiment situé dans le bassin méditerranéen. Bon gré mal gré, il accepta cette invitation avec une certaine décontraction. Pour lui, mon bureau était situé près de Lyon et un aller retour en voiture s'effectuait facilement dans la journée. Après avoir raccroché, il s'était aperçu à son grand étonnement, que Gennevilliers était en région parisienne. L'avion serait le mode de transport le plus adapté pour faire un aller-retour dans la journée.

Notre habile candidat prit l'avion de Nice à destination de Paris. Accompagné jusqu'à l’aéroport par sa fiancée et ses parents qui pensaient que leur fils risquait de ne pas revenir vivant de cette région "inhospitalière" de France. Le jeune diplômé avait dit, à qui voulait l'entendre et en particulier à sa fiancée de ne pas s'inquiéter. Cette entreprise de Transport avait été, quand même, son mécène pour obtenir son diplôme universitaire supérieur .

En clair, c'était une simple formalité !

Il arriva en milieu de matinée à l'aéroport de Paris-Orly. Grâce à un taxi parisien dynamique, il frappa à la porte de mon bureau vers 11 heures. Dès qu'il apparut, le charme opéra de suite, comme une évidence entre nous. Mais je devais tout de même convaincre ce jeune homme ambitieux que son avenir devait se construire à mes côtés. La partie était bien engagée, à l'évidence, mais rien n'était encore limpide pour mon interlocuteur.

Je devais lui donner cette envie de "renverser" la table et de quitter sa région natale.

J'étais assuré qu'un discours franc qui comportait des étapes successives, pour lui mais aussi pour notre futur "association", serait nécessaire. Je lui exposais un plan de carrière que j'avais soigneusement élaboré, qui pourrait lui donner l'envie d'avoir envie de faire route commune. Sa capacité à s'imposer sur son futur premier poste serait sa première étape. La première marche de sa possible ascension serait en lien direct avec la plateforme de quai et les quatre chefs de travée.

Je devais le convaincre que le discours qu'il entendait était des promesses bien pesées de ma part. Pour qu'il ne se perde pas, j'utilisais un langage rassurant. Ce jeune homme-là possédait de belles compétences et des valeurs inculquées par ses parents qui résonnaient en moi. 

J'étais persuadé que cet érudit avait tout intérêt à me rejoindre, mais la route était encore sinueuse.

Il était clair que son passage en région parisienne ne faisait pas partie de ses aspirations. Notre jeune candidat était très attaché à sa région natale et surtout à sa famille. De plus, ses responsables l'avaient conduit sur un chemin moins prometteur pour sa belle carrière à venir. Ses questions posées lors de l'entretien, attestaient que ce martégal possédait un potentiel rare.

Nous arrivions au terme de nos échanges fructueux qui fut, sans conteste, "une simple formalité". 

Notre envie d'avancer ensemble sur ce chemin était bien plus qu'une possibilité. Son planning de formation rangé dans son sac clôtura notre entretien, Je décidai de le déposer à l'aéroport afin de lui éviter les transports en commun mais aussi de continuer le jeu de séduction.

Je savais dans mon fort intérieur qu'il ne pouvait pas refuser. Mais, je subodorai qu’au retour chez lui auprès de siens qu'un travail de sape serait engagé. C'est pourquoi, je lui demandais de me donner son ressenti afin de lui permettre de prioriser ses choix. Le provençal ne répondit pas directement à ma question mais son regard vers l'horizon attestait que "sa balance imaginaire" était, tout doucement, en train de pencher de mon côté. 

J'étais ravi de ressentir cette victoire commune qui inaugurait de belles choses à vivre.

Le vol en avion de retour sur Nice allait sceller, du moins je l'espérais, le début d'une grande et belle expérience professionnelle. Le temps devait faire son chemin et il était dégagé pour lui. Mon énergie, ma franchise et la confiance réciproque bien utiles pour ce genre de décision étaient acquises. Lorsque le voyageur descendit le grand escalator de l'aéroport Nice Côte d'Azur, sa fiancée s'était immédiatement aperçue que son regard avait changé :

- Christophe, toi, tu as les yeux qui brillent pour aller dans le « Nord » ! 

Christophe, comme les paroles de la célèbre chanson de Jean-Jacques Goldman, avait répondu :

- Oui, c'est vrai notre avenir est "là-bas" !

Christophe était déjà parti pour une période sine die en région parisienne sur la route du succès.

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La PAL du mois de Novembre 2021
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Un mois d'octobre catastrophique... Après une PAL tellement minuscule en octobe que je ne vous ai même pas fait d'article....

Elodie Furtak
2 min

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