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Si tu n'es pas gentil !

Si tu n'es pas gentil !

Publié le 17 janv. 2021 Mis à jour le 17 janv. 2021
time 6 min
CREATIVE ROOM

Anecd'auteur

-Si tu n'es pas gentil.le, tu n'auras pas de cadeau à Noël !

Vous aussi, chers lecteurs, je suis sûr que vos parents ont utilisé ce subterfuge "à tour de bras", n'est-ce pas ?

Quand j'étais enfant, cette phrase que l'on peut classer aisément dans la catégorie des intimidations, faisait partie des rhétoriques de mes parents. J'évoque ce souvenir car ils me la récitaient plusieurs fois par mois. Ne croyez surtout pas que j'étais un gamin irascible ! Mes parents pensaient, en leur for intérieur, me calmer en utilisant cette formule magique.

Puisque je suis "lancé" sur le sujet des cadeaux, je vous propose d'en évoquer un mémorable. 

Mon père travaillait au sein d'une municipalité qui proposait à ses employés, d'offrir les cadeaux de Noël, de leurs enfants. Mes parents étaient invités à se présenter en Septembre, dans une salle prévue à cet effet, afin de choisir nos cadeaux. Nous étions quatre enfants, cette économie était non négligeable pour le budget familial. 

Étant né fin Novembre, mon anniversaire était proche de ce rendez-vous de Noël tant attendu par les enfants. 

Pour mes parents, j'étais un enfant bien gâté à Noël. C'est pour cette raison discutable que je recevais un présent futile pour mon anniversaire. Cette année-là, ma mère m'avait demandé discrètement de lui donner une idée pour de cadeau. Depuis quelques mois, j'avais repéré dans un magasin proche de notre maison qu'un jeu de société pouvait faire l'affaire. Ce divertissement passionnant portait le nom "Les 1.000 Bornes". Ce titre avait été donné en référence à la célèbre Nationale 7 qui s'étirait sur une distance totale de près d'un millier de kilomètres (de Paris à Menton).

Je passais des heures et des heures devant ce magasin à admirer ce jeu de société. Puis le grand jour arriva, accompagné de ma mère nous décidâmes de venir l'acheter dans cet endroit si beau et rempli de magie. La vendeuse se dirigea dans sa réserve pour en récupérer un exemplaire. Quand je pense à ces longs instants passés devant cette vitrine, à rêver, en croyant que ma seule présence éviterait que ce cadeau soit remis à un autre enfant. Que de temps perdu pour peu de chose mais lorsque l’on est gamin des phénomènes inexpliqués nous passent par la tête.

Une fois de retour à la maison ma mère me l'avait affectueusement emballé en me disant :

- Cela te fera plaisir demain lorsque tu déballeras ton cadeau, tu auras l'impression de le découvrir pour la première fois...

Ma mère ne pouvait s'imaginer que sa remarque prendrait, un mois plus tard, une toute autre tournure… croyez-moi ! On a joué jusqu'à tard dans la soirée avec mes sœurs et ma mère, à ce jeu découverte du code de la route. Vous n'aviez pas besoin de savoir conduire pour participer à ces nombreuses parties. Cela tombait bien car trois des quatre joueurs ne possédaient pas le feuillet rose (CF "Le sésame vers la Liberté). Les 110 cartes de ce jeu permettaient de visualiser les panneaux qui jonchaient nos routes. C’était ludique et instructif. Il nous habituait à les reconnaître à chacune de nos sorties.

Grâce à ce jeu, nous nous étions formés à la sécurité routière. Lors des leçons de code à l'auto-école, j'excellais dans cette partie théorique du permis de conduire. Ce qui atteste dans la vie, qu'il faut toujours semer avant de récolter le fruit de votre investissement.

Aussi, durant toute l'année, mes parents distillaient à mon encontre une réplique. Elle était gravée dans ma mémoire et semblait me coller à la peau :

- Alain, si tu continues à ne pas être gentil comme tes sœurs, tu n'auras pas de cadeau à Noël. 

Malgré ces remontrances parentales, à chaque Noël, j'obtenais quand même mon cadeau !!! Ils agissaient à l'identique de mes trois sœurs qui elles avaient été vraiment sages comme des images toute l’année …Ho … Ho … Ho !!!

Ce comportement de mes parents n'avait jamais perturbé le gamin que j'étais, ni même l'adulte que j'allais devenir.

Ils cachaient tous nos cadeaux dans leur chambre. Nous avions découvert cet endroit secret lors de nos interminables parties de cache-cache. Ma grande sœur et moi, nous n'avions jamais rien dit à nos parents. Nous ne voulions pas leur faire de la peine en leur avouant que nous avions découvert le secret du Père Noël.

Enfin, arrivait LE fameux jour J, c'était l'ébullition à la maison. Nos parents avaient trouvé, comme chaque année, une fausse excuse pour nous éloigner du salon afin de déposer les cadeaux sous le sapin. Nous avions préparé avec émotion pour le Père Noël et ses rennes, le verre d'eau de vie et les carottes pour honorer nos visiteurs d'un soir. Après le repas, mes sœurs et moi étions prêts pour découvrir nos cadeaux !!!

C’était la frénésie, la joie, l’excitation…

Malgré une liste exhaustive adressée au Père Noël, nous étions rarement en phase avec lui. Il est vrai que nous préparions notre liste début Décembre et que nos parents avaient déjà récupéré les cadeaux à l'entreprise trois mois avant. Mon père disait toujours :

- « On ne peut plus faire confiance aux PTT car vous aviez bien posté vos lettres mes chers gosses »

Il nous disait aussi que l'adresse du Père Noël était à Libourne près de Bordeaux soit à "1.000 bornes" de chez nous.

Je profite de cet intermède pour vous signaler, cher lecteurs, qu'habitant maintenant en Gironde, j'irai un de ces jours faire un tour à Libourne pour savoir ce qui se passe avec les courriers. Ne vous inquiétez plus, je vous ferai un retour, promis.

Avant l'ouverture de chaque cadeau, mon père avait pour habitude de faire un laïus pour marquer le coup. Cette année-là, lorsque ce fut mon tour après mes trois sœurs, galanterie oblige, mon père avait annoncé :

 -  Ce jeu a obtenu la médaille d'or du concours Lépine de 1956 ! 

J'ouvris mon cadeau avec un empressement non dissimulé.

Que pouvait-il bien être ce jeu formidable ?

Quelle ne fût pas ma surprise et surtout ma grande déception, quand tout excité en déchirant frénétiquement le papier cadeau, je me suis rendu compte que c’était le duplicata de mon cadeau d'anniversaire ?!

Ma pauvre mère était défaite car elle avait bien précisé à mon père en Septembre de ne pas le prendre. Mon père qui s’y 'était rendu seul pour une fois, avait, ce bougre, tout bonnement oublié cette recommandation.

Ah ces sacrés Papas !!!!

 Il annonça fièrement :

« Le Père Noël avait peur que tu ne le reçoives pas ! »

Je terminai la soirée triste comme une pierre et aujourd'hui encore, je n'aime pas ouvrir un cadeau surprise car j'ai toujours cette crainte de peut-être l'avoir déjà reçu.

Et vous chers lecteurs, avez-vous toujours été satisfaits de vos cadeaux de Noël ?  

Votre lettre est-elle toujours bien parvenue à destination ?

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