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On ne dit pas cela à un enfant !

On ne dit pas cela à un enfant !

Publié le 13 janv. 2021 Mis à jour le 13 janv. 2021
time 4 min
CREATIVE ROOM

Anecd'auteur

On ne dit pas cela à un enfant !

Vous ne savez peut-être pas mais l'école et moi cela ne faisait pas bon ménage. J'avais peur de me rendre à l'école sans en connaître les raisons précises. Je ne me sentais pas identique aux autres gamins. En clair, j'étais malheureux et je préférais rester chez moi. J'étais très timide et je ne parlais presque pas. Je sais, cela a beaucoup changé maintenant si vous me connaissez, c'est pourquoi je vais vous faire des révélations.

En classe, la voix de la maîtresse m'impressionnait énormément. Mes parents l'avaient bien remarqué sur mes carnets de notes. Les appréciations étaient toujours les mêmes et mon manque de participation était ma marque de fabrique. Puis, en classe de CE1 (Cours Élémentaire 1 ère Année) au troisième trimestre, l'Éducation Nationale avait lancé un nouveau programme qui consistait en un échange entre les instituteurs Canadiens et les Français.

Ainsi, notre méchante maîtresse était partie un trimestre au Canada et en retour un instituteur canadien était devenu par enchantement notre maître. Cette personne n'était pas venue les mains vides. Il avait apporté avec lui des livres de son pays, sur la nature, les plats typiques canadiens et surtout un livre sur les Jeux Olympiques. Ces livres étaient consultables au fond de la classe déposés sur une table. J'étais tombé "en amour" de ce bouquin sur les Jeux Olympiques. Je refusais même de me rendre en récréation pour tourner et tourner inlassablement chaque page car toutes les disciplines sportives me fascinaient. J'avoue que le matin à la maison, j'étais comme disait ma mère :

"excité comme une puce"

de partir pour aller à l'école. La première fois de ma vie, je voulais "courir" à l'école ! Ma mère s'était bien rendue compte de cette effervescence qui m'habitait subitement, mais elle ne sut l'interpréter.

A notre époque, nos parents n'échangeaient pas avec nous les enfants. Il y avait deux camps à la maison, celui des adultes et celui des enfants. Moi, j'étais un gosse à part, différent de mes sœurs et cela mes parents ne l'avaient pas accepté. Lorsque j'étais chez moi, par rapport à mes trois sœurs, j'étais une boule d'énergie. Mon père n'arrivait pas à me dresser et il en parlait souvent aux autres adultes qui venaient nous rendre visite. Lorsqu'il me présentait, mon père disait :

"On en fera rien de celui-là…"

Si un jour quelque part là-haut, vous croisez mon père, dites-lui que son fils n'est pas devenu un voyou. Ma mère m'a toujours surprotégé et ce changement de comportement l'a dépassé un peu, je pense. Ma nouvelle passion pour l'école, je la vivais seul et j'étais très très excité chez moi. Un jour, ma mère me lança cette phrase qui résonne encore aujourd'hui en moi :

"Toi, à l'école tu ne bouges pas une oreille et ici tu es intenable !"

A cet instant-là, j'ai décidé de sortir de ma cage et de communiquer mon énergie aux autres. A l'école, j'ai même sur-communiqué, j'avais décidé de changer de braquet et de devenir un élève dissipé. Ce challenge que m'avait donné, sans l'intention délibérée, ma mère, fut une libération. Alain venait de naître une seconde fois, j'avais endossé l'habit du pitre, du clown de service. À l'école, ce changement de comportement n'a pas été accueilli à bras ouverts, vous vous en doutez bien. Mon instituteur était gentil avec moi et il me laissait faire et surtout je pouvais consulter ce livre de sport à volonté. Je consommais sans modération ce bouquin qui me parlait tout bas. Il a été mes premiers pas vers l'information sportive.

 Je pense posséder aujourd'hui une réelle culture sportive grâce à cet ouvrage qui a résonné en moi. Puis, malheureusement notre instituteur canadien est reparti dans son "country" comme il le disait lorsqu'il nous parlait de son beau pays. Comme récompense, il nous laissa ces beaux livres en souvenir et en cadeau. Notre maîtresse toute guillerette de retour du grand nord nous raconta son histoire vécue durant ce trimestre. Moi, je m'en fichais car je préférerais l'instituteur à cette maîtresse acariâtre. Aussi, elle nous informa que notre maître par intérim lui avait confié ses beaux livres et il lui avait demandé de les offrir au plus méritant. Je tiens à vous jurer que les lignes qui suivent ne sortent pas de mon imagination.

Vous êtes prêts chers lecteurs ?

L'institutrice avait saisi le merveilleux, le sublime ouvrage sur les Jeux Olympiques. Elle s'était dirigée vers moi et me le tendit de telle sorte que je puisse le saisir à mon tour. Elle prononça une phrase qui ne me quitta jamais :

"Alain, ce livre était pour toi mais puisque tu as été dissipé lors de ce troisième trimestre, je l'offre à ton camarade !"

Je gardais les bras tendus en l'air mais ils restèrent vides, indéniablement vides. Saleté de maîtresse, tu n'avais pas le droit de faire cela à un enfant chamboulé de surcroît. Pour votre gouverne, j'ai menacé mon camarade en lui signifiant que c'était un voleur. Mes parents furent convoqués pour leur expliquer mon comportement ignoble à l'encontre d'un camarade. Mes parents s'étaient rangés, normal en ce temps-là, aux dires de cette vilaine maîtresse. Moi, j'étais malheureux comme une pierre. Je me souviens être parti dans les champs pour crier ma haine et surtout beaucoup pleurer. A cette époque-là, un garçon ne devait pas montrer ses sentiments.

Je peux vous le révéler maintenant que cette anecdote a bouleversé ma vie .J'ai acquis un tempérament pugnace et je ne lâcherai plus jamais "l'affaire" ...

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