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La passion de l'album !

La passion de l'album !

Publié le 1 févr. 2021 Mis à jour le 1 févr. 2021
time 5 min

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La passion de l'album !

Tous les ans, à la rentrée de septembre si je m'en souviens bien, était le moment privilégié pour acheter un nouvel album. Non pas le 33 tours d'un chanteur à la mode, non pas celui qui allait vous permettre d'y classer les photos de vacances… 

Mais alors quel est cet album mystérieux ? Allez-vous me demander chers lecteurs ?

Eh bien, il s’agit du plus important album pour un être de sexe masculin, de 7 à 77 ans !!! D’ailleurs au fil des années cette passion a même fini par gagner le cœur des filles ! Mais oui…Parfaitement.

Vous ne voyez toujours pas ?!

Bon, je ne vais pas vous faire languir davantage. Il s’agit de l'album Panini ! Non ! Ce n’est ni un recueil de recettes italiennes ni le sandwich bien connu. ☺

Késako ?

Vous ne connaissez pas, chers lecteurs, ce rendez-vous annuel pour tous les aficionados du ballon rond ? 

C'était le « Who's Who » officiel des joueurs de football professionnel des championnats français et européens. Le principe était simple : vous achetiez des photos autocollantes à apposer à l'emplacement réservé à chaque joueur dans votre album. Afin de pouvoir réaliser ce rêve de gosse, quand j’avais à peu près une dizaine d’années, il fallait d’abord acheter l'album vierge chez le marchand de journaux, ainsi que les petits paquets de toutes les couleurs avec les précieuses étiquettes à coller.

On s’y rendait une fois par semaine !

De mémoire, il y avait cinq figurines mises au hasard dans chaque paquet. Quand on découpait soigneusement le haut du paquet pour ne surtout pas abimer notre trésor, on avait le cœur qui battait si fort que l’excitation était si grande !

Vous avez dû connaître vous aussi cet effet boule au ventre...

Vais-je avoir les bonnes images ??

Il fallait acheter beaucoup de paquets avant de pouvoir remplir son album de toutes les vignettes correspondantes. C'est pourquoi, les copains et moi, passions des heures à échanger ces fameux stickers.

Puis, une vingtaine d'années plus tard, l’improbable arriva !!!

Mon entreprise fut mandatée par le groupe Panini pour être leur transporteur officiel. Vous pouvez imaginer aisément quelle ne fût pas ma fierté quand nous avons eu l'honneur et le privilège de recevoir le Directeur Régional de Panini en personne à notre agence. Mes collègues et moi-même étions, très contents de cette mission « non impossible » que nous avions acceptée sans hésiter.

Aussi, lorsque le Directeur Régional m'avait contacté, un matin, pour me demander un service particulier, j'étais alors, presque en apnée.

Il avait un besoin urgent pour une livraison à effectuer le lendemain matin avant 10 heures chez son client le plus important de la région. Je lui avais demandé un maximum d'informations afin de lui démontrer notre sérieux. J'avais pris contact avec mon collègue alsacien car la palette de notre client devait être livrée sur la localité de Geispolsheim en banlieue de Strasbourg.

J'avais soigneusement informé toutes les personnes de mon équipe afin d'apporter une réelle attention à cette expédition.

Le lendemain matin, à la première heure, j'appelais mon collègue Philippe afin de me rassurer sur le fait que la palette avait bien été chargée comme convenu.

- La livraison sera effectuée avant 9 heures selon ses dires.

Je raccrochais le combiné avec la satisfaction du devoir accompli. J'avais même remercié chaudement mon collègue alsacien qui m'avait répondu :

- Alain, je sais que cette marchandise est attendue « comme le Messi » par le client mais aussi et surtout, par tous les gamins qui souhaitent compléter leur album !!!

Cependant, j'avais un pressentiment que je n'étais pas en mesure de l'entendre. Ma crainte se confirmait lorsque le Directeur Régional de Panini me passa une "soufflante" digne des réprimandes mémorables.

- Pourtant, je vous faisais confiance ! Il est 10h10 et votre conducteur n'est toujours pas arrivé. Vous êtes nul ! Donnez-moi vite des explications sur l'heure précise de ma livraison.

J'avais tenté en vain de lui préciser que mon collègue Philippe s'en était bien occupé. Pour le client, la palette qui nous avait été confiée la veille n'était toujours pas livrée. Je lui indiquai que j'allais de suite appeler mon collègue qui, à première vue, m'avait menti.

Philippe fut très surpris de ce second appel et me confirma, tout d'abord, que son chef de quai avait bien chargé cette palette lui-même à l'arrière du véhicule de leur conducteur. Philippe appela en même temps le deuxième client de la tournée qui attesta qu’un emplacement vide était visible à l'arrière du camion lors de la livraison de ce matin. Cette constatation confirmait bien que le conducteur avait bien livré la marchandise, mais où était-elle ???

J'étais perplexe, je ne savais pas comment je pourrais me sortir de "ce guêpier". Je devais rappeler mon client mais pour lui dire, quoi ?

Je réfléchissais quelques instants et je me décidais à contacter le Directeur Régional de Panini. Je devais insister afin de vérifier si le service réception de son important client ne l'avait pas reçue avant son arrivée chez eux. Je pris mon courage à deux mains, je composais sans trop de conviction le numéro qu'il m'avait précédemment communiqué. Le client Panini ne semblait pas plus ouvert à la discussion qu'au premier appel :

- Alors, il est passé où votre conducteur ! 

À ses mots, je compris que son agacement ne l'avait pas quitté. Je tentai ma chance par une question logique :

- Pourriez-vous svp demander au responsable de réception si un conducteur n'avait pas livré une palette avant 9 heures ? 

Je compris par son silence, sa surprise face à ma question. La suite fut une belle histoire sans image mais juste la parole. J'entendis mon client poser la question à la volée et je perçus une réponse tant attendue :

- Monsieur Menu, la palette que vous cherchez de partout, vous avez actuellement votre pied dessus ! 

Deuxième effet Kiss-Cool ! A plus de 150 kms, je pouvais sentir le regard du Directeur Régional, qui avait baissé les yeux sans un mot et qu'il constata que la palette était bien sous son pied. Un autre long silence s'en suivit et une réplique de soulagement pour moi :

- Merde ! Elle est là ! Balbutia-t-il.

Le client s’était confondu dans de longues phrases d'excuses.

Pour ma part, nous avions respecté notre engagement. Mais ce qui comptait aussi énormément pour mon équipe et moi-même, était de permettre à tous les jeunes qui avaient, non pas la maladie d’amour mais bien celle du ballon rond de pouvoir vivre leur passion.

Après cet épisode qui nous avait tenu en haleine plus de 90 minutes, j'avais pris la peine de rassurer et remercier vivement mon collègue Philippe qui était inquiet, de cette promesse non tenue.

C'est beau la conscience professionnelle, n'est-ce pas ?

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