cv

La question des pratiques culturelles chez les jeunes de 15 à 24 ans

Share


 

Aujourd’hui, la commande de biens culturels se joue surtout sur le web. Dans le cas des jeunes de 15 à 24 ans, on assiste à une consommation plus décomplexée que leurs aînés, où tous les moyens sont utilisés pour y accéder.

Avec le décret daté du 24 juillet 1959, le Ministère de la Culture voit le jour, il a pour mission de « rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français ».

La démocratisation culturelle porte ses fruits aujourd’hui. La révolution d’Internet en 2001 a apporté à tous un moyen d’accéder à une source illimitée de connaissance,  accompagnée notamment par l’omniprésence des médias dans notre société. Un accès aux pratiques culturelles facilitée par les plateformes de streaming vidéo et audio, la littérature au format numérique, la presse en ligne, etc.

L’essor de la technologie a aussi amené cette prolifération. Leur consommation culturelle se produisant surtout sur le web par conséquent. Smartphone, tablettes, outils connectés, ordinateurs, les générations Y et Z constituent la majorité de leurs utilisateurs, leur consommation culturelle se produisant surtout sur le web en résultat.

Pour le forum « Entreprendre dans la culture », Céline Léger-Danion du ministère de la culture et du Pass Culture, le sociologue Tomas Legon, Antonio Grigolini de France Télévisions, Romain Cousi du groupe Webedia et le modérateur, Aurélien Branger d’HADOPI, nous présentent les pratiques culturelles en ligne des 15-24 ans.

 

La culture chez les jeunes à travers les biens dématérialisés

Les jeunes de 15-24 ans sont une génération ultra-connectée. D’après l’étude menée par HADOPI, ils sont 85% à se connecter au quotidien, contre 62% chez les plus de 25 ans. C’est aussi 97% des 15-24 ans qui consomment aujourd’hui des biens culturels dématérialisés, plus de 24 points par rapport au plus de 25 ans.

Les jeunes sont donc à même d’alimenter leur culture. Cela s’explique d’une part car cette génération est habituée aux nouvelles technologies, ils montrent plus d’aisance dans leur utilisation. En 2018, 88% d’entre-eux possèdent un smartphone. Cet appareil  est leur outil de prédilection. « Il s’agit d’un vecteur de connexion, de socialisation et d’information extrêmement important » explique Céline Léger-Danion.

La technologie fait avancer la créativité.

Aujourd’hui certains produits culturels en ligne ne sont que des « adaptations » d’un produit tangible mais sont conçus pour être consommés en ligne et seulement en ligne, comme les BD numériques par exemple.

Selon HADOPI, 97 % des 15-24 ans consomment de la culture dématérialisée et 73 % des plus de 25 ans.

87 % des 15-24 ans consomment de la musique tous les jours et 83 % de la vidéo. Ce sont les deux types de produits culturels qu’ils consomment le plus.

Thomas Legon ajoute « les 15-24 ans sont une génération qui privilégie la musique, la vidéo mais aussi les films et séries ». C’est donc surtout sur le smartphone que leur consommation de produits culturels aura lieu. Une consommation qui sera satisfaite par n’importe quels moyens.

 

Source : HADOPI

 

Un rapport plus décomplexé avec la consommation et la licéité

Les biens culturels tels que les films et les séries font souvent l’objet d’une diffusion illicite chez les jeunes de 15 à 24 ans, plus particulièrement entre 15 et 18 ans.

Bien qu'ayant un accès plus facile aux abonnements (tarifs préférentiels), ils ne se gênent pas pour consommer illégalement des contenus culturels. C'est une génération très gênée par la pub, qui veut « tout, tout de suite ». Si la manière légale ne remplit pas ces critères, elle fraude. Cela correspondrait à une attitude de rébellion et de confrontation de l’autorité, parentale ou licite, conforme à l’âge, selon HADOPI.

On peut toute fois questionner cette interprétation. On remarque que 71 % des 15-24 ans consomment illégalement des produits culturels contre 26 % pour les 25 ans et plus. Comme évoqué précédemment, cette génération est très exigeante quant aux biens qu’elle consomme mais si le service en accès légal est de qualité, elle entre dans le rang. Au final 61 % des 15-24 ans accèdent au moins à un abonnement contre 42 % des 25 ans et plus.

Selon Antonio Grigolini, « les adolescents peuvent dépenser de grandes sommes pour leur bien-être culturel même sans pouvoir d’achat ».

 

Source : HADOPI

 

L’intervention d’acteurs extérieurs dans le bien-être culturel des 15 - 24 ans

« Si 97% des jeunes de 15 à 24 ans ont des pratiques culturelles en ligne cela ne signifie pas que les 3% restants n’ont pas de pratiques culturelles, celles-ci étant physiques » stipule Céline Léger-Danion.

La mission du Pass Culture est de changer cette tendance. En phase de test depuis le 1er février 2019, l’initiative vise à renforcer et diversifier les pratiques culturelles des jeunes français, et à apporter à l’ensemble des acteurs culturels un nouveau canal de communication. Les jeunes résidents français ayant 18 ans peuvent demander une enveloppe de 500€ pour accéder à différentes activités culturelles. Par le biais d'une application, ils ont accès à cette somme qui ne peut être utilisée que pour des biens culturels.

Le Pass Culture s'inscrit dans la démocratisation de la culture et l’explosion des média et l’abondance de « créateurs de culture » de nos jours.

D’après Céline Léger-Danion, « à 18 ans, les jeunes sont sortis de leur parcours artistique et culturel, sont moins emmenés par les professeurs, changent de vie et s’autonomisent. Ils ont moins de prescriptions et perdent le contact avec les acteurs culturels ».

Le monde social d’une personne façonne aussi les préférences culturelles.

Selon une enquête du Ministère de la Culture et de la Communication, en 2013, seulement 6% des spectateurs de théâtre sont des individus accompagnés d’amis âgés entre 15 et 19 ans

Le Pass Culture propose donc une solution à ce déficit de visites au théâtre et à l’Opéra chez les jeunes en rendant plus abordable les représentations grâce aux 500€ fournis par le passe. Le déséquilibre entre pratiques culturelles physiques et dématérialisés pourrait être comblé.

 

Source : DEPS

 

Avec la création du Ministère de la Culture et de la Communication et l’essor du web, les jeunes de 15-24 ans développent leur culture majoritairement à travers des biens culturels en ligne.

Comme avec l’arrivée de la télé il y a 50 ans, le numérique révolutionne les usages et la consommation de biens culturels.